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International

Cette montagne de dettes

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5659 Le 20/12/2019 | Partager
Un montant record de 55.000 milliards de dollars en 2018
Deux facettes publique et privée, nouveaux types de créanciers…
Une partie de la hausse est attribuable à la Chine

Les alertes sur la dette mondiale s’amplifient. Le niveau global dans les économies émergentes et en développement a atteint le montant record de 55.000 milliards de dollars en 2018. Et ce, après une hausse continue de huit ans qui a été la plus importante, la plus rapide et la plus généralisée en près d’un demi-siècle.

En publiant son étude «Global Waves of Debt», la Banque mondiale exhorte les dirigeants à agir rapidement pour renforcer leurs politiques économiques et les rendre moins vulnérables aux chocs financiers. L’étude couvre une centaine de pays et analyse les quatre principaux épisodes d’accumulation de dettes qui se sont produits depuis 1970. Elle constate que le poids de la dette par rapport au PIB dans les économies en développement a bondi de 54 points de pourcentage depuis le début de la hausse de l’endettement en 2010, pour atteindre 168%.

En moyenne, ce ratio a augmenté d’environ sept points par an, soit près de trois fois plus vite que pendant la crise de la dette en Amérique latine dans les années 1970. En outre, la progression a été généralisée. Elle concerne aussi bien la dette publique que privée et s’observe dans pratiquement toutes les régions du monde (voir illustration). 

«L’ampleur, la rapidité et l’étendue de la dernière vague d’endettement devraient tous nous préoccuper», avertit David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale. Ce phénomène souligne «pourquoi la gestion et la transparence de la dette doivent être des priorités absolues pour les décideurs. Ceci afin qu’ils puissent accélérer la croissance et l’investissement et faire en sorte que la dette qu’ils contractent contribue à l’obtention de meilleurs résultats de développement au profit de la population», dit-il.

Cette dernière vague d’endettement diffère des trois précédentes. Elle se traduit par une accumulation simultanée de la dette publique et privée, implique de nouveaux types de créanciers et n’est pas limitée à une ou deux régions. Une partie de la hausse de la dette est attribuable à la Chine, dont le ratio dette/PIB a augmenté de 72 points depuis 2010 et atteint aujourd’hui 255%. Toutefois, même en excluant ce pays de l’analyse, l’endettement est globalement élevé dans les économies émergentes et en développement, où son niveau a doublé depuis 2007.

«Ces caractéristiques entraînent des difficultés auxquelles les gouvernements ne se sont jamais heurtés auparavant», expliquent les auteurs du rapport. Par exemple, les investisseurs étrangers détiennent aujourd’hui 50% de la dette publique des économies émergentes et en développement, soit nettement plus qu’en 2010. Dans les pays à faible revenu, une grande partie de cette dette a été contractée à des conditions non concessionnelles et en dehors du cadre de réaménagement de la dette du Club de Paris.

Dans ce contexte, il est recommandé aux gouvernements de mettre au point des mécanismes pour faciliter la restructuration de la dette lorsque cela s’avèrera nécessaire. Tout en soulignant les avantages d’une plus grande transparence.

La persistance de taux d’intérêt historiquement bas à l’échelle mondiale limite pour le moment le risque de crise. Cependant, le bilan des 50 dernières années met en lumière les dangers potentiels. En effet, depuis 1970, environ la moitié des 521 épisodes nationaux de hausse rapide de la dette dans les pays en développement se sont accompagnés de crises financières qui ont considérablement réduit le revenu par habitant et les investissements.

«L’histoire montre que les phases de hausse importante de l’endettement coïncident souvent avec des crises financières dans les pays en développement. Ce qui coûte très cher aux populations», explique pour sa part Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour le pôle Croissance équitable, finance et institutions.

Il est temps de corriger les cours

Selon les estimations de l’Institute of International Finance (un organisme établi à Washington et qui représente les principales institutions financières du monde), la dette totale devrait dépasser 255.000 milliards en 2019. Il s’agit d’un record si en on additionne l’endettement des ménages, des entreprises et des gouvernements.  
Selon le classement, les pays les plus endettés sont respectivement le Japon (avec une dette équivalente à 237,1% de son PIB) et la Grèce (sa dette représente 181,6% de son PIB). De leur côté, l’Italie et le Portugal ont des taux d’endettement supérieurs à 130% de leur PIB. Certes, les Etats-Unis sont considérés parmi les pays les plus endettés, mais par rapport à la taille de leur économie, leur dette totale n’est pas considérée «comme préoccupante». Ce serait le cas pour d’autres pays comme le Portugal, l’Italie ou encore la Belgique.

Fatim-Zahra TOHRY

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