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    Analyse

    Les perspectives s’assombrissent pour les banques africaines

    Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5655 Le 16/12/2019 | Partager
    Les marocaines parmi les plus résilientes
    Mais attention à l’expansion sur le continent
    La croissance en Afrique est risquée mais profitable
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    La moyenne du capital en Afrique qui se situe autour de 10,6%, selon Moody’s est supérieure à la moyenne mondiale (7,8%). Etant donné que le ratio moyen d'adéquation des fonds propres avec des actifs pondérés en fonction des risques est de 16,3%, les banques ont la capacité d'absorber d’éventuelles pertes imprévues

    Moody’s a dégradé en début de semaine les perspectives des banques africaines. Celles-ci sont passées de stables à négatives. La branche investors service de l’agence d’évaluation américaine dresse, en effet, des perspectives négatives étayées par l’affaiblissement des conditions d’exploitation et les pressions croissantes sur la qualité des actifs.

    Moody’s investors service estime l’économie mondiale «toujours morose marquée par un climat des affaires négatif et une incertitude dans le commerce». Ce qui assombrit les perspectives de croissance. Il va s’en dire que cela impactera l’Afrique dont les projections globales de croissance sont en deçà des attentes.

    «La croissance du PIB (ndlr: 4,1% prévus en 2020 pour les pays que note Moody’s) restera inférieure au potentiel et insuffisante pour augmenter les niveaux de revenu per capita et améliorer la résilience économique», souligne les analystes de Moody’s dans un rapport sur les prospectives des banques africaines pour 2020. Ils prévoient ainsi une croissance vigoureuse en Afrique de l'Est, dans les économies de l’UEMOA et en Égypte aux alentours de 6%. Elle devrait à l’inverse rester faible dans les pays exportateurs de pétrole comme le Maroc. 

    Toujours sur le volet macro économique, Moody’s relève le haut niveau de l’endettement des pays africains dans l’ensemble. L’agence le place autour de 52% du PIB du continent. Cela se traduit par l’aggravation des arriérés de paiement accentuant la pression sur les entreprises et ayant créé les créances en souffrance.

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    D’après Moody’s, la croissance économique sera modérée avec des niveaux d'endettement élevés dans les principales économies d’Afrique

    De plus, l'affaiblissement des conditions d'exploitation et les pressions sur la qualité du crédit public affectent les finances des groupes bancaires africains ainsi que la stabilité financière globale. Justement, l’agence table sur une croissance modérée du crédit entre 8 et 10% pour 2020 en ligne avec l’inflation dans le continent. Ceci dit, le potentiel de progression du crédit reste énorme pour les banques compte tenu du faible niveau de bancarisation en Afrique.

    Toujours est-il, Moody’s tempère, toutefois, assurant que «la plupart des banques conserveront un financement et des liquidités solides et leurs niveaux de fonds propres suffiront à absorber les pertes imprévues». C’est notamment le cas des banques marocaines qui devraient «être plus résilientes».

    Pour Moody’s, «l'économie reste volatile en raison de la dominance du secteur agricole, mais les risques sont modérés avec la diversification progressive avec les exportations à haute valeur ajoutée du secteur automobile». L’agence estime, cependant que les banques feront face à des risques de crédit élevés en raison de la concentration des prêts ainsi que de la croissance des opérations en Afrique subsaharienne.

    «L'expansion panafricaine pose un risque d'actif important et complique la supervision de filiales étrangères», fait-elle savoir tout en relativisant «les risques sont en partie atténués par le potentiel de profit supérieur».

    Moulay Ahmed BELGHITI

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