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    Société

    Des solutions pour venir en aide aux souffrants psychiques

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5627 Le 01/11/2019 | Partager
    L’association Moussanada a réuni des experts du domaine
    L’inefficacité de la prise en charge et l’accès limité aux soins psychiatriques pointés du doigt!
    Harmonisation des lois avec la constitution, soutien global et inclusif de l’Etat… Les moyens de changer la donne!

    Défendre davantage les droits des personnes atteintes de troubles mentaux et psychiques et déstigmatiser cette partie de la population trop souvent mise sur la sellette. C’est dans cette optique que l’association marocaine des familles et amis des personnes en souffrance psychique Moussanada a récemment organisé une conférence sur le sujet à Casablanca. L’occasion pour les experts présents de délivrer au public et à l’Etat des solutions concrètes à mettre en œuvre pour prendre en considération les besoins  de cette catégorie marginalisée.

    La rencontre, à laquelle ont pris part des médecins de différentes spécialités, des professeurs universitaires et plusieurs acteurs du domaine juridique, a permis de mettre en évidence dans un premier temps l’inefficacité du système actuel de la prise en charge des personnes en souffrance mentale proposé dans le secteur public.

    «Dans le public, la prise en charge est pour le moins basique, axée principalement sur le diagnostic et la prescription médicamenteuse. Sans compter que le délai d’attente peut atteindre facilement les six mois», explique la psychiatre et psychothérapeute Amel Semchaoui. Autre point faible dont le constat a fait l’unanimité, l’accès particulièrement limité aux soins psychiatriques – incluant thérapie et soutien psychosocial - pour cause de pénurie de personnel qualifié.

    «Afin de pouvoir accéder à ces services essentiels, il faut obligatoirement recourir aux médecins du secteur privé», renchérit la praticienne. Juridiquement aussi, d’autres freins sont soulevés: les lois ne sont plus conformes au contexte social d’aujourd’hui. «Ce qui peut influer sur la protection civile et publique de ces personnes», précise la présidente de Moussanada Saadia Benlafquih.

    Pour changer la donne, les experts estiment qu’il faut d’abord harmoniser les textes législatifs avec la constitution mais également avec les engagements internationaux du pays en matière de santé mentale.

    «Des documents comme les articles 31 et 34 de la Constitution - engageant l’Etat à prendre en considération le bien-être des malades mentaux - ou encore la convention internationale ratifiée en 2009 par le Maroc – poussant le pays  à adopter une vision intégrant les droits de l’homme dans ses politiques publiques – creusent un véritable fossé avec la réalité», explique la responsable de l’association.

    Autre changement juridique à opérer au plus vite, l’application de la loi 71-13 en prenant en considération entre autres les exigences des familles des patients, parmi lesquelles une procédure d’hospitalisation simplifiée. Côté infrastructure, les spécialistes présents ont suggéré la création d’établissements dédiés aux personnes atteintes n’ayant pas de tuteurs, dont notamment des centres d’hébergement et de soins.

    L’Etat a également un rôle capital à jouer pour protéger socialement ces personnes souffrant de maladies mentales. «Nous prônons une prise en charge médicale publique qui soit à la fois globale et inclusive», explique la présidente. «Un moyen de garantir comme il se doit un avenir à ces personnes et les protéger d’une désocialisation certaine pouvant les conduire à tout moment à errer dans la rue», ajoute cette dernière.

    Dans ce contexte sensible, les familles des malades doivent se serrer les coudes pour soutenir moralement leurs proches. «Présence, écoute, empathie et affection sont des qualités essentielles à cultiver par les proches des patients pour qu’ils se sentent intégrés et acceptés par la société», explique Benlafquih. Leur rôle revient aussi à reconnaître le trouble psychiatrique quand il est encore temps et à encourager son diagnostic.

    Plaidoyer, assistance, écoute…

    Créée en mai 2017, l’association Moussanada défend et protège les personnes atteintes de troubles mentaux et psychiques. Elle développe régulièrement des actions de plaidoyer pour améliorer la réglementation juridique, puis mène quotidiennement des actions d’assistance pour leur porter secours. L’association met également à leur service des cellules d’écoute pour informer, sensibiliser et rassurer les malades. Des opérations ciblées au sein desquelles le vécu et l’expérience jouent un rôle essentiel.

    Karim AGOUMI

     

     

     

     

     

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