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    Dette des entreprises: Ce grand méchant loup…

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5617 Le 18/10/2019 | Partager
    Elle pourrait atteindre 19.000 milliards de dollars
    Mise en garde contre l’accumulation des vulnérabilités financières
    Le FMI recommande de strictes mesures
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    Le FMI tire à son tour le signal d’alarme. En cas de ralentissement majeur de la croissance mondiale, la dette des entreprises à risque de défaut de paiement augmenterait à 19.000 milliards de dollars, soit environ 40% de la dette totale de huit grandes économies (Ph. AFP)

    Nombreuses sont les turbulences qui ont ébranlé les marchés financiers. Dans leurs différents rapports, les institutions internationales (FMI, BM, OCDE, Cnuced…) continuent de pointer du doigt deux grands facteurs: tensions commerciales et une croissance fébrile. Celle-ci devrait être révisée à la baisse pour 2019 à 3% et devrait atteindre 3,4% en 2020, selon les dernières prévisions du FMI.

    Dans ce scénario, les économistes ne cachent pas leur crainte quant à la dette à risque des entreprises (à savoir la dette due par celles qui ne sont pas en mesure de couvrir leurs charges d’intérêts par leurs bénéfices). «Dans certains pays, profitant de la faiblesse des taux, les firmes s’endettent pour financer des fusions et acquisitions au lieu d’investir», avait indiqué Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI.

    En cas de ralentissement majeur, la dette des entreprises à risque de défaut de paiement augmenterait à 19.000 milliards de dollars, soit environ 40% de la dette totale de huit grandes économies (Allemagne, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni). Cela dépasse les niveaux d’avant la crise financière.

    Aussi, le montant des obligations à rendement négatif a augmenté jusqu’à atteindre 15.000 milliards de dollars. Les investisseurs s’attendent à ce que les taux d’intérêt restent très bas pendant une période plus longue que celle qui avait été prévue en début d’année. Les flux de capitaux vers les pays émergents ont été stimulés par la faiblesse des taux d’intérêt dans les pays avancés. Ils ont permis de recourir davantage à l’emprunt.

    La dette extérieure médiane est passée de 100% des exportations en 2008 à 160% dans les pays émergents. Dans certains pays, ce ratio dépasse 300%. Parmi les banques non américaines, la fragilité du financement en dollars reste un facteur de vulnérabilité dans de nombreux pays. Cette fragilité pourrait amplifier l’effet d’un durcissement des conditions de financement. Et du coup créer un effet de contagion dans des pays qui empruntent en dollars auprès de banques non américaines.

    Une politique monétaire accommodante soutient l’économie à court terme. Mais les conditions financières favorables encouragent la prise de risques financiers et accentuent la vulnérabilité dans certains secteurs et pays. Dans son rapport sur la stabilité financière (édition d’octobre 2019), le FMI recommande de strictes mesures:

    ■ L’endettement croissant des entreprises: Il convient de maintenir un contrôle rigoureux de l’évaluation du risque de crédit bancaire et des pratiques en matière de prêts. Comme il faudrait s’efforcer d’accroître la divulgation d’informations et la transparence sur les marchés financiers non bancaires afin d’évaluer les risques de manière plus approfondie. Dans les pays où la dette globale des entreprises est jugée élevée sur le plan systémique, les dirigeants pourraient envisager de mettre au point des outils prudentiels à l’intention des entreprises très endettées, en plus d’autres établis spécifiquement pour le secteur bancaire. La réduction de la tendance, dans les systèmes fiscaux, à favoriser le financement par l’emprunt au détriment du financement par émission d’actions contribuerait aussi à réduire les incitations à emprunter de manière excessive.

    ■ Hausse des portefeuilles d’actifs plus risqués et moins liquides: Il faudrait renforcer la surveillance des entités financières non bancaires. Il est possible de s’attaquer à la vulnérabilité des investisseurs institutionnels en mettant en place des incitations appropriées (par exemple, réduire l’offre de produits à rendement garanti). Une meilleure approche consiste à adopter des normes minimales de solvabilité et de liquidité et en améliorant la communication d’informations.

    ■ Recours accru à l’emprunt extérieur: Les pays émergents et les pays préémergents devraient atténuer les risques liés à la viabilité de la dette. Et cela en mettant en place des pratiques prudentes et des cadres solides de gestion de la dette.

    ■ Réforme de la réglementation: Il est nécessaire d’en finir avec les tensions commerciales qui augmentent la vulnérabilité financière. Les dirigeants devraient en outre achever et mettre pleinement en œuvre le programme mondial de réforme de la réglementation. Il est également essentiel de maintenir la coordination et la collaboration au niveau international. Le but est d’assurer d’ici la fin de 2021 une transition en douceur du Libor vers de nouveaux taux de référence pour toute une série de contrats financiers partout dans le monde.

    F. Z. T.

     

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