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    Culture

    Festival de Fès de la culture soufie: «Penser un humanisme pour notre temps»

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5609 Le 08/10/2019 | Partager
    La 12e édition se déroulera du 19 au 26 octobre
    Emancipation, ressourcement spirituel et chants… au menu
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    Pour Faouzi Skali, président du Festival de la culture soufie, «cette culture vivante et créative est à même de nous apporter l'humus et la substance nécessaires et en tout cas une intelligence collective pour tâcher de répondre concrètement à des questions cruciales de notre époque» (Ph. L'Economiste)

    Programme chargé pour le prochain festival de Fès de la culture soufie. Une palette d’artistes ont été annoncés pour cette 12e édition qui se déroulera sous la thématique «La culture soufie, un humanisme spirituel pour notre temps».

    Prévue du 19 au 26 octobre, la manifestation sera également présentée au Sénat français, à Paris, sur l'invitation de la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet. Pour Faouzi Skali, président du festival, «la présentation de cet évènement faite aux médias nationaux, français et internationaux va au-delà de la richesse artistique, culturelle et philosophique du patrimoine du soufisme, elle fait particulièrement la place belle au Maroc dans son ensemble».

    Il souligne au passage que «la culture du soufisme constitue la matrice de notre culture religieuse et civilisationnelle depuis des siècles». A ce titre, le ministère des Affaires islamiques a organisé plusieurs rencontres internationales à ce sujet. «Aujourd'hui les principaux enjeux dans le monde sont, en dépit des apparences, d'un ordre culturel», avance-t-il.

    Ils sont liés aux valeurs essentielles que nous partageons et à la façon dont nous faisons société ensemble. Il faut à la fois savoir se situer et se ressourcer dans la continuité d'une civilisation particulière, en l'occurrence notre civilisation marocaine, et trouver une congruence naturelle avec les autres civilisations par des références à des valeurs communes et, autant que possible, universelles.

    «C'est la raison pour laquelle le Souverain insiste plus que jamais sur le fait de valoriser les différentes religions du Maroc dans leurs aspects patrimoniaux», exprime Skali. Cette approche de la religion et du soufisme, en tant que patrimoine vivant universel, a été bien comprise. Et c'est pour cela qu'elle est présentée au Sénat en tant que telle. Elle peut contribuer à un véritable renouveau civilisationnel dans notre pays.

    «Je sais que cela peut surprendre certaines personnes qui connaissant certaines formes du soufisme de par le passé croient qu'il s'agit là de formes définitives et figées et imaginent que s'y référer s'apparente à une sorte de folklore», précise l’érudit de la Tariqa boutchichiya.

    Selon lui, «il y a eu certes une sorte de rupture «épistémologique» comme disent les philosophes ces dernières décennies, mais je pense qu'au contraire nous pouvons voir aujourd'hui que cette culture vivante et créative est à même de nous apporter l'humus et la substance nécessaires et en tout cas une intelligence collective pour tâcher de répondre concrètement à des questions cruciales de notre époque».

    Dans le domaine artistique par exemple, cette culture soufie est une ressource intarissable. Cela se traduit par des créations sur des thématiques qui ont des résonances historiques mais qui sont éminemment contemporaines.

    La première aura lieu en ouverture sous l'intitulé: «Al Shustari, prince des troubadours» et la seconde en clôture: «Le langage secret des fleurs et des parfums» sous la direction artistique de Lafifa Ameer. Signalons enfin que Marouane Hajji et Françoise Atlan seront aussi de la partie.

    Tables rondes aussi

    Des tables rondes auront lieu pour la plupart d'entre elles à la grande medersa du XIVe siècle de la Bouananiya. Des débats de haut vol dans un des joyaux de l'architecture marocaine qui fut l'une des branches majeures de la Qarawiyyine. La thématique de cette année est, dans ce cadre, celle de réfléchir sur la façon dont cette culture peut inspirer un humanisme spirituel pour notre temps. Enfin, en soirée, les festivaliers seront conviés dans l’univers des grandes confréries du Maroc et du monde, pour se ressourcer de leurs répertoires de chants soufis et du samaâ. «Je dois ici rendre un hommage tout particulier au ministre de la Culture, Mohamed Laaraj, qui a depuis le début compris que la culture soufie est un patrimoine culturel essentiel pour notre pays, qu'il nous faut aujourd'hui investir et développer», conclut Skali.

    Youness SAAD ALAMI

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