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    Economie

    Migration: La nouvelle approche allemande

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5606 Le 03/10/2019 | Partager
    Elle est axée sur l’accueil des compétences
    Des circuits rapides pour les étudiants brillants et les personnes ayant des contacts avec leurs futurs employeurs
    40% des étudiants marocains ratent leurs parcours en Allemagne à cause des problèmes de langue
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     L’ambassadeur allemand Götz Schmidt-Bremme a insisté sur l’importance de la coopération entre le Maroc et l’Allemagne dans le domaine de la gestion de la migration irrégulière, ayant permis d’aboutir à la déclaration de Marrakech. L’année dernière, 800 migrants marocains en situation irrégulière ont été rapatriés (Ph. AFP)

    Les violences ayant marqué les célébrations du Saint-Sylvestre à Cologne en Allemagne en 2017 avaient suscité le débat autour des immigrés clandestins marocains dans ce pays européen. Une situation qui a permis de renforcer la coopération entre Rabat et Berlin sur ce sujet épineux.

    Aujourd’hui, «le partenariat entre le Maroc et l’Allemagne en matière de gestion des questions de migration est un modèle à suivre», selon Götz Schmidt-Bremme, ambassadeur d’Allemagne à Rabat, lors d’une rencontre organisée mardi dernier.

    Pour lui, les deux pays portent ce dossier au niveau international. Les efforts menés ont permis d’aboutir à la Déclaration de Marrakech sur la migration. Désormais, Berlin opte pour une position ferme sur ce dossier, déclinée en 3 axes. D’abord, un appui inconditionnel aux réfugiés. Plusieurs Marocains ont déjà déposé des demandes d’asile en Allemagne, mais seuls quelques-uns ont pu obtenir ce statut. Surtout que le Maroc est classé comme «pays sûr».

    Le 2e axe est lié à la lutte contre l’immigration clandestine. Schmidt-Bremme, connu pour son expertise dans le domaine de la migration, a insisté sur «le respect mutuel» qui caractérise la coopération entre les deux pays sur cette question. L’année dernière, 800 migrants irréguliers, d’origine marocaine, ont été rapatriés. Cette année, leur nombre a atteint 450 personnes.

    Pour ce diplomate, ces efforts sont «essentiels». Surtout qu’il faut «protéger la réputation des Marocains d’Allemagne», a-t-il dit. Il a mis l’accent sur la réussite de plusieurs profils, surtout de MRE de 2e génération, dont «les parents sont analphabètes, mais qui ont eu des parcours remarquables, dans des secteurs comme la médecine, l’ingénierie, le droit…».

    D’où l’importance du 3e axe de la politique allemande en matière de migration. Il porte sur «l’approfondissement de la coopération dans le domaine de l’immigration légale». Surtout avec l’entrée en vigueur, en janvier prochain, de la nouvelle loi sur la migration en Allemagne, axée sur l’accueil des compétences. Des rencontres sont prévues avec le ministre de l’Education nationale, Saaid Amzazi, pour évoquer la possibilité d’introduire l’enseignement de la langue allemande dans certains lycées.

    Ceci est d’autant plus important pour favoriser la réussite du nouveau modèle de migration. Actuellement, 40% des étudiants marocains ratent leurs études en Allemagne à cause des problèmes de langue, a-t-il fait savoir. Berlin veut également «coopérer plus étroitement avec le Maroc dans le domaine de la formation». La nouvelle loi a également prévu des facilités en matière d’obtention de visas.

    Par exemple, les élèves ayant obtenu leurs diplômes avec mention pourront bénéficier d’une voie express dans la procédure de visa. Idem pour les personnes ayant déjà des contacts avec leurs futurs employeurs en Allemagne. Parallèlement, la piste d’organiser des foires d’embauche au Maroc, avec la présence d’entreprises allemandes, est également à l’étude.

    Selon Schmidt-Bremme, cette approche s’inscrit dans une logique win-win, qui permet aux deux pays de bénéficier de ces échanges de capital humain. Par exemple, des jeunes Marocains ayant fait leurs études en Allemagne sont revenus au Maroc pour représenter des sociétés allemandes.

    L’ambassadeur a également minimisé les risques de fuite de cerveaux, estimant que ce problème se pose plus avec des pays comme la France ou l’Espagne qui constituent les principales destinations des compétences marocaines.

    Brexit

    La rencontre organisée par l’ambassadeur d’Allemagne coïncide avec la célébration du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Le thème choisi est de «surmonter la division et de consolider la coopération». Des célébrations qui interviennent à un moment où l’Europe se penche sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. «La majorité des Allemands considère que c’est une décision déplorable», a fait savoir l’ambassadeur d’Allemagne à Rabat. Pour lui, «si l’Europe veut faire entendre sa voix, dans un contexte marqué par de nouveaux défis mondiaux, il est nécessaire de rester unis». Le même constat est également valable pour la rive sud de la Méditerranée, dans la mesure où «l’avenir de la région est lié à l’unité maghrébine», a-t-il souligné. Le diplomate a mis l’accent sur l’importance du processus onusien pour aboutir à une solution concernant le dossier du Sahara afin de débloquer la situation.

    M.A.M.

     

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