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    Analyse

    Marrakech/Tourisme: La zone de l’Agdal «lâchée» par la région

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5564 Le 25/07/2019 | Partager
    13 ans plus tard, hôtels ina­chevés, magasins fermés et dépotoirs à ciel ouvert
    Les enseignes déjà installées et les touristes, les grands pénalisés
    Le parc d’exposition déployé dans une autre localité... l’autre coup de massue
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    Il était prévu 20 hôtels dans la zone. 9 établissements n’ont pas honoré leurs engagements alors qu’ils ont bénéficié à l’achat d’un soutien du Fonds Hassan II qui a pris en charge 20% du coût du terrain (Ph. Mokhtari)

    Goût d’inachevé pour les nom­breux opérateurs qui ont fait le choix de s’installer dans la zone touristique de l’Agdal à Marrakech. Cette zone -qui a le mérite d’être sortie de terre- souffre 13 ans après sa création d’une mauvaise gestion. Et aujourd’hui, les rares projets d’animation qui y étaient planifiés par la SMIT sont en train d’être détournés. Pour comprendre les déboires de la zone, il faut remonter à 2002.

    Alors que Mar­rakech commençait son ascension touris­tique, les promoteurs faisaient face à un déficit de foncier. Trois zones avaient été alors identifiées et lancées l’une après l’autre (cf. leconomiste n° 2424 du 18 décembre 2006). Agdal, puis Chrifia éta­lée sur 268 ha et enfin Zahrat Annakhil qui comptait 182 ha à Bab Atlas.

    Seule la première zone a attiré les promoteurs de par son emplacement, à quelques encablures du centre-ville. D’une super­ficie totale de 96 hectares, l’Agdal a été confiée à Maroc Hôtels et Villages (au­jourd’hui MedZ) pour son aménagement et sa commercialisation. Il était ainsi prévu d’offrir 7.000 lits et d’y investir quelque 2,7 milliards de DH.

    À l’origine, une cité-jardin intégrée prévue par MedZ

    Dans le détail, la zone devait être aménagée en une cinquantaine de lots dont une vingtaine d’hôtels, 15 maisons d’hôtes, 4 résidences (villas et riads), des lots pour commerces et autres équi­pements fonctionnels. Plusieurs jardins et espaces verts, un parc de loisir ou d’exposition faisaient également partie de la distribution originelle. Un concept-aménagement, considéré avant-gardiste à l’époque, mettant en avant une cité-jar­din intégrée, l’aménagement de places, de ruelles, de promenades et de circuits piétons.

    Le programme devait être totalement achevé en 2006, mais 13 ans plus tard,  force est de constater qu’à peine 60% des promesses ont été tenues, alors qu’une condition avait été imposée: mener les travaux à la même cadence afin de ne pénaliser personne. Condition qui n’a pas été respectée et qui met en danger au­jourd’hui les hôteliers qui ont tenu leurs engagements.

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    Une chambre sur 4 à Marrakech dans la catégorie 4 et 5 étoiles se trouve dans la zone de l’Agdal. Une proportion qui aurait été beaucoup plus importante si l’ensemble des projets prévus avait été respecté

    A aujourd’hui, plusieurs acquéreurs n’ont pas viabilisé leurs projets et la moitié des lots sont en éternel chan­tier depuis 2006: magasins et boutiques fermées, hôtels inachevés. Et enfin des lots sont tout simplement clôturés, faisant le lit des vagabonds. Et les espaces verts prévus servent tout «naturellement» de dépotoirs à proximité des hôtels…

    Que s’est-il donc passé pour cette zone? A-t-elle été boudée ou a-t-on vu trop gros? En réalité, la zone est vic­time d’abord d’une indifférence totale de la part de ses responsables et aussi du manque de rigueur de son cahier des charges. Rien n’y a été prévu pour dé­choir rapidement les retardataires. Ni les autorités locales (commune et wilaya), ni l’aménageur MedZ n’ont pu faire grand- chose (cf. leconomiste n°2729 du 6 mars 2008). Pour retirer les lots aux acqué­reurs, il faut passer par la justice et les procédures sont interminables.

    Aujourd’hui, cette carence pèse lourde­ment sur les projets déjà opérationnels. Les promoteurs se sentent asphyxiés. «Tant que cette zone n’est pas achevée, elle ne saura offrir un hébergement de qualité aux clients et reste peu attrayante. Ce qui risque de décourager même ceux qui ont ouvert leurs unités», déplore Lahcen Zel­mat, président de l’Agdal Club Marrakech.

    Les 11 unités hôtelières de la zone, qui ont certes cartonné pendant la COP22 grâce à leur proximité avec le centre de confé­rence provisoire de Bab Ighli, souffrent de plusieurs handicaps. Les touristes sont très peu friands de cette zone en l’absence d’un projet de transport valable, et des zones d’animations dignes de ce nom. Et puis, les problèmes d’insécurité découragent les locaux non motorisés.

    Last but not least, un nouveau coup de massue déstabilise les opérateurs ins­tallés dans la zone. Le parc d’exposition prévu par la SMIT dans son plan de déve­loppement régional devait être construit à l’Agdal. Mais le Conseil régional en a décidé autrement, optant pour une autre localité (cf. leconomiste n° 5540 du 21 juin 2019). Pourtant, la commune Me­chouar kasbah dont dépend la zone est prête à mettre à disposition un terrain de 8 hectares, extensible à 11 ha pour ce parc, indique son président Fouad El Houri.

    Exonération de la TNB?

    Il y a plus de 30 hectares nus, non viabilisés, dans la zone de l’Agdal, correspondant à des projets hôteliers et maisons d’hôtes. Les promoteurs avaient bénéficié d’un prix fort intéressant fixé entre 400 et 600 DH le m2 et d’une subvention de l’Etat à travers le Fonds Hassan II qui a pris en charge 20% du prix, et ce pour encourager le secteur touristique. Pour des raisons multiples, les propriétaires n’ont pas honoré leur engagement. Bénéficient-ils aussi d’une exonération de la TNB?

    B.B.

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