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    International

    Nucléaire iranien: La tension est à son comble

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5553 Le 10/07/2019 | Partager
    Téhéran accroît l’enrichissement d’uranium
    Les Européens tempèrent
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    Bientôt le point de non-retour? Réunis à Bruxelles le mardi 9 juillet, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, trois pays européens signataires de l’accord nucléaire conclu avec l’Iran en 2015, ont incité Téhéran à renoncer à ses activités d’enrichissement de l’uranium non conformes à ses engagements.
    Le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, n’a quant à lui pas hésité à hausser le ton et à lancer des avertissements. Visant à obtenir un uranium enrichi à 5%, Ali Akbar Velavati, conseiller du guide suprême de l’Iran, parle de cette mesure comme d’un besoin pour des «activités nucléaires pacifiques». Il écarte ainsi, pour l’instant, le projet tant redouté d’obtenir l’arme nucléaire. 
    Cette annonce sonne cependant comme une riposte face aux Etats-Unis, dans un contexte d’escalade des tensions avec le président Donald Trump. Ce dernier avait mis à mal l’accord de Vienne sur le nucléaire en mai 2018 en annonçant le retrait de son pays et en remettant en place des sanctions américaines visant Téhéran. 
    La tension était à son paroxysme le 20 juin dernier suite à la chute d’un drone américain abattu par l’Iran. Cet évènement aurait pu provoquer une guerre qui allait embraser toute la région si Trump ne s’était pas ravisé au dernier moment. Une offensive militaire n’était pas dans l’intérêt des Etats-Unis…
    Mais aller en guerre ne serait pas un choix judicieux pour l’Iran non plus. En effet, dans ce contexte de pressions intenses et de dialogue rompu avec les Etats-Unis, l’Iran chercherait en réalité à sauver l’accord au plus vite. Le but est d’éviter de nouvelles sanctions internationales en forçant les signataires européens à intervenir. 
    Le soin de ne pas rompre complètement l’accord en est la preuve. «Il s’agit là de gestes politiques avant tout, qui restent dans le cadre d’un dialogue et laissent l’espace à des initiatives politiques…», selon Benjamin Hautecouverture, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique cité par le journal français Le Monde daté du 7 juillet 2019. François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran cité par la même publication, voit cette annonce comme «un appel au secours à ses partenaires, notamment européens…».  
    Paris, Londres et Berlin ont ainsi à présent 60 jours pour éviter que «toutes les options ne soient sur la table» si l’on se réfère à la dernière allocution de Moussavi. En réponse à cette menace, Emmanuel Macron tente une nouvelle fois d’endosser le rôle de médiateur dans la crise iranienne. Le président français s’est entretenu lundi 8 juillet avec Trump, et a dépêché un conseilleur diplomatique à Téhéran, qui devra faire face aux positions intransigeantes des deux parties. En effet, l’Iran, à l’instar des Etats-Unis, a tout aussi intérêt à faire monter la pression. La médiation européenne prend peu à peu l’aspect  d’un dangereux jeu d’équilibriste…

    Ali BENRAMDANE

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