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    Economie

    TIR: L’export informel menace l’opération Marhaba

    Par Nadia DREF | Edition N°:5534 Le 13/06/2019 | Partager
    L’Espagne muscle les contrôles des cars, des files d’attente s’allongent
    Tout colis non accompagné est saisi et le car refoulé
    A Rabat, les autorités redoutent le scénario catastrophe
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    Les files d’attente sont plus longues à l’embarquement au port d’Algésiras. Les contrôles déployés par les Espagnols visent à endiguer les trafics de tous genres qui peuvent financer des réseaux criminels. Cela pourrait porter un coup sévère à une économie informelle portée par des petits commerces tenus par les MRE (Ph. A.A.)

    Est-ce la fin de l’anarchie dans le transport international des voyageurs? Pas sûr, mais les autorités espagnoles ont décidé d’appliquer la tolérance zéro aux autocars en partance et en provenance du Maroc en application de l’accord signé en 2015.

    Pour des raisons de sécurité, mais aussi pour en finir avec une activité informelle florissante à l’export dont on ne connaît pas la traçabilité de destinataires, les contrôles sont plus stricts. Des petites épiceries et magasins tenus par des MRE en Europe (Espagne, Belgique, France, Pays-Bas) sont discrètement approvisionnés en produits marocains à travers ce trafic. Actuellement 190 lignes relient le Maroc à l’Europe. Jusqu’à 809 fréquences sont effectuées par semaine. Le tarif fret est de 2,5 euros/kg.

    Désormais, seuls les bagages accompagnés sont admis en soute des cars de transport international de voyageurs. Tout sac, valise ou colis non accompagné est saisi et le véhicule refoulé. Par ailleurs, chaque passager doit présenter en personne ses bagages au scanner. A cela il faut ajouter une contravention entre 2.000 et 3.000 euros par autocar.

    Le durcissement espagnol a pour effet de rallonger les files d’attente à Algésiras en plus de multiples désagréments qu’elle entraîne aux voyageurs. Côté marocain, les autorités redoutent le scénario catastrophe (les Espagnols ne font qu’appliquer la réglementation) à quelques jours de la haute saison des vagues d’arrivées des Marocains de l’étranger. Les équipes de l’opération «Marhaba» s’arrachent les cheveux.  Le sujet a été abordé mardi 11 juin à Rabat dans la commission mixte.

    Un responsable au ministère du Transport confie «ne pas comprendre le choix du timing de ce durcissement. Les autorités espagnoles ont été saisies par leurs pairs marocains, mais «nous attendons leur réponse depuis deux semaines», assure une source au département du Transport. Mais les Espagnols ne devraient pas changer de ligne d’autant plus qu’à chaque rencontre, ils attirent l’attention des autorités marocaines sur ce trafic informel des marchandises vers l’Europe.

    Des mouvements de protestation ont été orchestrés ces derniers jours par les opérateurs impliqués dans le transport de colis non accompagnés en Europe. Interrogé au Parlement, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita a répondu que «les autorités espagnoles ne font qu’appliquer la réglementation».

    Depuis 2006, entrée en vigueur de l’open-sky avec l’Union européenne, le transport de voyageurs par autocar a perdu du terrain avec l’arrivée des compagnies aériennes à bas coût. Le changement de comportement a été net. Les MRE préfèrent l’avion bon marché et pour l’envoi des colis, ils optent pour les autocars.

    L’acheminement de colis et de marchandises est devenu la principale activité de la majorité des entreprises opérant dans le transport international routier de voyageurs. Ce trafic informel représente au moins 70% de leur chiffre d’affaires, estime un opérateur.

    «C’est un business informel très lucratif qui se fait au détriment du TIR et qui lui fait perdre des parts de marché. C’est une problématique qui est relevée de manière récurrente dans toutes les commissions tenues avec la Belgique, la France et l’Espagne», tient à préciser Idriss Bernoussi, président de l’Association marocaine du transport routier international (AMTRI).

    Pour leur part, les transporteurs «en règle» décrient depuis des années cette concurrence déloyale. Leur chiffre d’affaires ne cesse de reculer d’année en année.

    Un secteur atomisé

    Le transport de voyageurs est un secteur atomisé. En revanche, il compte des leaders structurés (CTM, Supratours, Trans Ghazala…). Ces derniers adoptent des modèles économiques viables qui pourront servir de schéma pour la restructuration du secteur. Ils se distinguent par leurs chiffres d’affaires, le nombre de lignes exploitées, la taille de leur flotte, le nombre d’emplois créés, la structuration des sociétés, leur qualité de service, etc. En 2017, le nombre d’autorisations octroyées pour le transport international de voyageurs s’élève à 195 contre 166 un an auparavant.

    Nadia DREF

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