×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Tribune

    Au nom de la justice, la chasse aux riches (et aux voix) est ouverte

    Par Gabriel BANON | Edition N°:5517 Le 16/05/2019 | Partager

    Gabriel BANON, ingénieur civil, économiste et expert en géopolitique, a développé une double carrière, en politique et en tant que patron d’entreprises industrielles. Conseiller économique de différents chefs d’Etat, il fut appelé dès le début du processus de paix au Moyen-Orient auprès du président Yasser Arafat (1994-2004). Chroniqueur  sur Atlantic Radio, conférencier, consultant international, il a été élu, «Géopoliticien de l’année 2003», par un panel de journalistes spécialisés à Genève. Gabriel Banon a publié 6 livres. Le 7e un manuel de géopolitique vient juste de sortir  (Ph. L’Economiste)

    En notant la bonne tenue des Assises fiscales marocaines, il faut s’interroger encore  sur notre voisin, partenaire et ami, la France de Macron et des «gilets jaunes». Marche-t-elle sur la tête? La lutte des classes et la chasse aux riches semblaient appartenir à  un temps révolu. Les voilà revenues.
    Au milieu du XXe siècle, par la faute du misérabilisme d’une certaine classe sociale française, tous les malheurs venaient de ces horribles  suceurs du sang des prolétaires», les possédants et les chefs d’entreprise.
    Mais à force d’expliquer que le développement et l’emploi requièrent des investisseurs et des entreprises profitables, on pouvait penser que l’opinion française avait tourné la page. Depuis, se sont déroulées les Trente glorieuses (30 ans de croissance ininterrompue), où la productivité faisait des bonds entraînant le développement rapide bien connu.
    Cette période fut celle de la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie, les plus fortes qu’ait jamais eues la France. Oui, certains se sont enrichis de même que la classe moyenne s’est développée, en s’établissant dans un confort inusité.
    Au nom de la «justice sociale», que d’aberrantes décisions sont prises, que d’aberrantes revendications sont mises sur la table.  
    On serait forcément riche au détriment de quelqu’un. Mais à force de caricatures, le scandale en France ne serait plus la pauvreté, mais… la richesse!
     Il ne faut affoler ni l’un ni l’autre.
    L’arme de la fiscalité qu’un gouvernement a pour veiller à une justice sociale, est aussi délicate que la gestion de l’économie.

    gilets-jaunes-017.jpg

    L’avenue parisienne des Champs-Elysées, après un saccage des gilets jaunes. Une des premières plaintes de ce mouvement est l’excès de pression fiscale. Abraham Lincoln disait: «…Vous ne pouvez pas encourager la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes…» (Ph. AFP)

    Prudence sur l’arme fiscale

     La pression fiscale, qui est en train de devenir un véritable martyre pour les Français, semble aujourd’hui sur le point de franchir une nouvelle étape.
    La liste des alourdissements fiscaux envisagés est aussi longue qu’inquiétante. Les grandes fortunes qui sont encore en France risquent de fuir. Plus graves sont les départs des cadres à l’étranger et la fuite des cerveaux vers des régimes plus tolérables. Les jeunes diplômés regardent moins Londres ou les Etats-Unis. C’est Hong Kong et Pékin qui les attirent. Après le rêve américain, c’est maintenant au rêve chinois qu’ils aspirent.
    Après les «vrais riches» et les «moyens riches», c’est le Futur qui «fout-le-camp» si on ne se reprend pas et qu’on ne gère pas, avec mesure, la «crise» des gilets jaunes.
    Le quinquennat Macron risque fort d’être le quinquennat du départ des forces vives de la Nation, de ceux justement qui font vivre le reste de la France, l’Etat, les fonctionnaires, le monde du travail et les gilets jaunes.
    L’agressivité et la culpabilisation injustes  à l’encontre de ces «riches» sont inadmissibles. Car, ces «riches» ne sont, pour la plupart, que des personnes aisées grâce, uniquement, à leur travail, leurs compétences et leur talent.
    C’est peut-être la déclaration au Congrès du président des Etats-Unis, Abraham Lincoln, qui résume le mieux ces vérités économiques: «Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur. Vous ne pouvez pas encourager la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche».  
      La lutte des classes et la chasse aux riches ne sont plus de notre siècle, telle est la vérité, froide, commune et plate, comme dirait Diderot.

                                                                                         

    Calculs politiques, à court ou à long terme?

    hollande_et_melenchon_017.jpg

    L’ancien président socialiste de la République française, François Hollande (cravate bleue) affirme «ne pas aimer les riches», tandis que le leader de l’extrême gauche et natif de Tanger, Jean-Luc Mélenchon (sans cravate) promet de «faire les poches… de ces parasites» (Ph. AFP)

    Par un misérable calcul d’arithmétique électorale, pour les politiques, les riches sont devenus des boucs émissaires commodes.
    Il n’y a pas longtemps, François Hollande, alors président de la République française, déclarait «ne pas aimer les riches» et un certain meneur politique, Jean-Luc Mélenchon, traitait allégrement les riches de «parasites» et invitait sans scrupules ses militants à leur «faire les poches».
    La machine économique, quel que soit le régime politique, est une machine délicate qui ne souffre ni «à-peu-près» ni gestion idéologique. Elle nécessite investissements, donc des riches qui  veulent bien prendre le risque d’entreprendre, des compétences dans la marche de tous les jours, donc des élites, n’en déplaise aux «gilets jaunes», capables de gérer l’ensemble.
    Ceci étant dit, il faut de la mesure et de la décence en tout.
    Depuis quelques années, la machine n’est plus sous contrôle, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Pourtant, ils se tiennent par la barbichette et chacun a besoin de l’autre, à ceci près que l’autre peut partir sous d’autres cieux plus cléments.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc