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    En Inde, une plate-forme open source pour trier les déchets

    Par L'Economiste | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
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    Elcita a fait appel à Hasiru Dala Innovations (HDI), une entreprise sociale qui assure les moyens de subsistance des collecteurs de déchets au côté de I Got Garbage  (Ph. K Murali Kutar)

    Tous les matins, Rajendran et son équipe montent dans leur camionnette pour collecter les déchets des entreprises de l’Electronics City, la Silicon Valley de Bangalore, en Inde. A chacune de ses destinations, Rajendran scanne un code QR -précédemment donné à l’entreprise-à l’aide de son smartphone. L’équipe pèse ensuite chaque catégorie de déchets (humides, secs, débris) sur une balance numérique et saisit le poids sur une application mobile. «Même ceux qui ne savent pas lire peuvent l’utiliser, car les différents flux de déchets sont codés par couleur», explique-t-il.
    C’est le géant indien de l’informatique Mindtree qui a développé l’application, nommée I Got Garbage (IGG). Grâce à celle-ci, Rajendran et son équipe du centre de gestion des déchets solides de l’Electronics City sont désormais en mesure de produire des factures pour les 103 entreprises qu’ils servent, entre autres. En analysant le poids de chaque sous-catégorie de déchets grâce à l’application, les entreprises peuvent également élaborer des plans de réduction de flux particuliers de déchets, concentrant leurs actions sur les déchets humides, secs, plastiques ou encore de débris de construction.
    L’entreprise a lancé l’IGG à Bangalore en 2014 à travers une de ses initiatives de responsabilité sociale, Mindtree.org. Leur objectif? Autonomiser les collecteurs informels de déchets, accroître leur capacité de collecte et les aider à mieux organiser leur travail et leurs paiements afin de remonter la chaîne de valeur grâce à la technologie.
    L’organisme a commencé à approcher d’autres municipalités avec la plate-forme IGG en 2015, explique Prashant Mehra, vice-président de l’inclusion sociale de Mindtree. «Alors que beaucoup se montraient intéressés par le concept, personne ne voulait commencer à l’utiliser», note-t-il, «les conditions ne s’étaient pas encore réunies comme à Bangalore, dans le Karnataka, ou à Hazaribagh, dans le Jharkhand». En 2016, la notion de «responsabilité élargie des producteurs» a été rendue obligatoire et ce n’est qu’en 2018 que les gouvernements ont commencé à s’y intéresser sérieusement. Depuis, l’application mobile a été déployée dans sept villes en Inde.
    Aujourd’hui, pas moins de 16 partenaires-pour la plupart à but non lucratif- travaillent avec IGG dans ces villes. La plate-forme a contribué à transformer la vie de près de 10.000 ramasseurs de déchets qui travaillaient auparavant dans le secteur informel, et dont certains gèrent maintenant leur propre micro entreprise. Au fil des années, ces collecteurs ont pu contribuer au recyclage de 52 millions de kg de déchets solides et au compostage d’environ 127 millions de kg de déchets organiques grâce à l’application, empêchant 212 millions de kg de déchets d’atteindre les décharges selon Mindtree.org.
    De nos jours, l’entreprise travaille dans une nouvelle initiative qui vise à aider 50 villes indiennes à recycler ou à réduire leur utilisation de plastique grâce à IGG. Pour ce projet, baptisé Prithvi, Mindtree s’est associé au Programme des Nations Unies pour le développement, à Hindustan Coca-Cola Beverages et aux municipalités locales.
    C’est à travers Prithvi que l’entreprise espère autonomiser et mobiliser environ 40.000 ramasseurs de déchets supplémentaires. «La plate-forme est disponible gratuitement. Nous nous sommes rendus compte que si les ramasseurs de déchets pouvaient l’utiliser, d’autres personnes qui souhaitent monter dans la chaîne de valeur peuvent aussi l’utiliser et en bénéficier», indique Prashant Mehra.
    L’entreprise a également conçu un plan d’action détaillé pour créer une ville sans déchets. «Grâce à notre expérience, nous savons ce qu’il faut faire pour qu’une ville dispose d’un solide système de gestion des déchets solides», affirme le vice-président de l’inclusion sociale, «par exemple, comment promouvoir le tri à la source et le compostage à domicile, les centres de gestion des déchets solides qui doivent être mis en place, les dépenses d’investissement pour les municipalités, entre autres».
    L’approche hautement systémique du plan prend en compte des facteurs comme la technologie, l’infrastructure, les modèles de prestation, l’engagement communautaire et la gouvernance, qui jouent un rôle essentiel. Sa mise en œuvre comprend la planification de la gestion des déchets solides, la gestion du programme, les capacités de construction des municipalités, l’engagement communautaire et la création d’un modèle zéro déchets réplicable au niveau des quartiers. Fort de la maturité de ce modèle de gestion de déchets, Mindtree approche aujourd’hui les municipalités à travers le pays. Celles-ci pourraient adopter le modèle, mettre en place des systèmes conformément au plan et devenir, à terme, des villes zéro-déchets.

    Par Chitra Ramani

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