×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Earth Beats

    Anciens téléphones, ordinateurs usagés... Une nouvelle vie grâce au recyclage

    Par L'Economiste | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
    nouvelle-vie-grace-au-recyclage.jpg

    Un employé d’Ecoserv démantelant un objet électronique. Un processus particulièrement sensible et complexe car l’on sait rarement ce qu’ils contiennent vraiment (Ph. Ecosev)

    Dans le sous-sol d’un bâtiment à Jounieh, au nord de Beyrouth, des appareils électroniques en fin de vie s’entassent au sol. D’autres sont impeccablement emballés et placés sur des étagères.
    Au siège de l’ONG Ecoserv, on prend très au sérieux le traitement des déchets électroniques, un processus long et complexe qui passe par le démantèlement, l’emballage puis l’envoi vers des usines de recyclage. En atteste l’activité de deux techniciens spécialisés qui s’affairent, équipés de masques et de gants, à séparer les multiples composants de ces objets (ordinateurs, radios…). Une étape essentielle en vue du recyclage des déchets électroniques.
    Gaby Kassab, fondateur et président de cette association créée en mars 2018, a passé toute sa carrière dans de grandes entreprises d’électronique, plusieurs années à l’étranger. «J’ai vécu de près le défi de la gestion des déchets électroniques», confie-t-il. Et quel défi!

    Le poids équivalent de près de 4.500 Tours Eiffel

    Selon un rapport de 2017 l’Université des Nations unies, le monde a généré 44,7 millions de tonnes déchets d’équipements électriques et électroniques en 2016, soit le poids équivalent de près de 4 500 tours Eiffel. Cela représente 6,1 kilogrammes par habitant, par an. Ce volume devrait passer à 52,2 millions de tonnes d’ici 2021 (6,8 kilogrammes par habitant). Seuls 20% de ces déchets seraient collectés et recyclés selon le rapport.
    «Quand je suis rentré au Liban, j’ai voulu contribuer à trouver une solution à ces déchets que l’on comprend encore mal, puisque l’on ne sait que rarement ce qu’ils contiennent vraiment», explique le Libanais.
    Comme pour tous les autres types de déchets, la gestion des appareils électroniques usagés est plus que sommaire dans ce pays: ils échouent dans la nature, des décharges ou entre les mains de personnes non qualifiées. Ces dernières, pour récupérer métal et plastique, brûlent les appareils usagés ou les démantèlent n’importe comment. Au risque d’engendrer une pollution toxique, notamment par des métaux lourds et des plastiques traités particulièrement dangereux quand ils contaminent les sols, l’eau ou l’air.

    nouvelle_vie_grace_au_recyclage_2.jpg

    S’il existe, au Liban, des ONG consacrant une partie de leur activité au démantèlement encadré des déchets électroniques, rares sont celles qui s’intéressent à leur destination finale, souligne Gaby Kassab. «Or c’est précisément sur ce point que nous concentrons notre action, affirme-t-il. Nous sommes aujourd’hui les seuls à pouvoir délivrer un certificat de destruction des déchets en question. Nous avons passé un accord avec un recycleur britannique, EnviroServ, qui a une branche à Dubai, pour les matériaux qui ne peuvent être traités localement[à l’instar des cartes électroniques qui comportent de nombreux matériaux qui ne peuvent être traités que par des recycleurs certifiés]. En ce qui concerne le plastique et les métaux, nous les transférons vers des usines libanaises de recyclage».
    Ecoserv se targue en outre de traiter les déchets électroniques dans toute leur diversité de manière sûre et professionnelle. «Nos techniciens sont formés par le recycleur avec lequel nous avons signé un contrat. Une mise à jour des formations a lieu tous les trois mois afin que nous appliquions les méthodes les plus sûres de démantèlement», explique M. Kassab. «Nous avons déjà collecté quelque quinze tonnes de déchets depuis la fondation de notre ONG».
    Pour assurer sa mission, Ecoserv fait face à de nombreux défis. «Notre objectif est de couvrir tout le territoire, souligne M. Kassab. Une des difficultés est de concevoir un itinéraire pour la collecte. Afin de faciliter les choses, nous avons placé des bennes dans près de 40 points de collecte (magasins, universités, municipalités…)».
    Etendre le réseau de collecte a néanmoins un coût, surtout dans un pays où personne ne veut payer pour ce service. Si les usines de recyclage, au Liban et à l’étranger, paient pour la matière première envoyée par Ecoserv, ces revenus ne couvrent pas les frais de transport. C’est donc grâce à un partenaire silencieux que l’ONGemploie six salariés et tourne depuis sa création.
    Si les difficultés sont réelles, Ecoserv envisage quand même le long terme.
    «Notre objectif est qu’il existe, un jour au Liban, une véritable usine de traitement des déchets électroniques, couvrant toutes les opérations, du démantèlement au recyclage». Pour que des investisseurs soient intéressés dans un tel projet, il faudrait au préalable que la collecte se fasse à une autre échelle, et donc que les mentalités changent. «Il faudrait une législation adaptée qui responsabiliserait les citoyens sur les conséquences du fait de jeter de tels déchets à la poubelle», estime M. Kassab, qui ajoute: «On peut même imaginer qu’une telle usine reçoive et traite les déchets électroniques de la région, ce qui serait un atout pour le Liban».

    Par Suzanne Baaklini

    logo_orient_jour.jpg
     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc