×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Culture

    «Prête-moi ton rêve»: Quand l’art africain rentre à la maison

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5499 Le 19/04/2019 | Partager
    30 artistes, 15 nationalités, 100 œuvres exposées, 6 pays visités
    Donner à voir aux Africains de l’art africain
    prete-moi_ton_reve_099.jpg

     

    Il y a eu «Les magiciens de la terre», au Centre Pompidou à Paris en 1989. Presque deux décennies plus tard, en 2005, l’exposition «Africa remix», présentée en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France et au Japon. «Beauté Congo» en 2015 par la Fondation Cartier. Seydou Keita au Grand-Palais en 2016. «100% Afrique» au Parc de La Villette à Paris.

    «Art/ Afrique, le nouvel atelier» à la Fondation Vuitton en 2017… Des expositions internationales qui ont mis en lumière l’art contemporain africain, trop longtemps sous-estimé, voire ignoré ou, au meilleur des cas, regardé sous le prisme de l’exotisme.

    Des évènements qui ont eu le mérite de démontrer au regard européen, centré sur lui-même, qu’il existe une importante scène des arts contemporains non occidentale. Aujourd’hui,  les artistes africains font désormais l’objet de foires spécialisées (1:54 à Londres, New York et désormais Marrakech, AKAA à Paris, etc.).

    Or ces évènements, s’ils ont eu le mérite de mettre sur le devant de la scène des artistes, dont certains aujourd’hui sont de renommée mondiale, ont été organisés par et pour des publics occidentaux. «Des expositions qui n’ont jamais été montrées en Afrique. Il faut aider cette mémoire africaine, flottante, fantôme, à rentrer à la maison!», s’insurge Yacouba Konaté, entre autres membre du Conseil scientifique de l’Académie des Sciences, de la Culture et des Arts d’Afrique et des Diasporas.

    Il est aussi commissaire général de l’exposition évènement «Prête-moi ton rêve». Une exposition, dont l’objectif est justement de donner à voir aux Africains de l’art africain. L’exposition itinérante est conçue pour être présentée dans plusieurs métropoles africaines.

    Elle démarrera à Casablanca en juin 2019 avec une trentaine d’artistes les plus illustres, issus du continent ou de la diaspora, qui ont tous séjourné en résidence dans la métropole pour créer des œuvres inédites, inspirées du thème. Elle poursuivra son périple en invitant à chacune de ses haltes (Dakar, Abidjan, Lagos, Cape Town, Adis Abeba), une grande figure et des artistes locaux à rejoindre cette caravane artistique.

    À son terme, l’exposition «Prête-moi Ton Rêve» reviendra à Marrakech, au Maroc, enrichie par les œuvres des artistes qui auront rallié cette odyssée africaine, pour y être exposée en apothéose. L’évènement est organisé par la Fondation pour le Développement de la Culture Contemporaine Africaine (FDCCA), dont c’est la première action annoncée.

    Elle aura pour commissaire artistique Brahim Alaoui, historien d’art et commissaire d’exposition, largement reconnu. «L’exposition Prête-moi Ton Rêve amorce une dynamique artistique interafricaine qui explore les expressions d’un continent produisant une culture moderne nourrie de son histoire et de son imaginaire, et qui se veut ouverte sur le monde.

    road-to-exile-099.jpg

    Road to exile, 2008, de Barthélémy Toguo. Barque en bois, ballots de tissus, bouteilles. L’artiste camerounais, présent dans «Prête-moi ton rêve» est parmi les artistes africains les plus prolifiques de sa génération (Ph. DR)

    Cette exposition témoigne de l’engagement de son écosystème, incluant des institutions, des galeries et des médiateurs culturels dans la promotion de l’art contemporain africain et dans la visibilité de ses artistes localement», précisent les commissaires.

    A chaque escale, «Prête-moi Ton Rêve» intègrera quatre évènements: l’exposition principale, un hommage à un artiste dont la stature en fait un esprit du lieu et une exposition «Carte Blanche» consacrée à quelques artistes du pays et portée par un jeune commissaire résident et finalement des tables rondes sur des thèmes spécifiques en rapport avec le calendrier de l’évènement.

    La conception de cette dernière a été confiée à Syhem Weigant, qui a imaginé une exposition autour du thème des «Vertiges de l’amour», en s’inspirant des grands mouvements romantiques de l’art. Elle propose comme l’écrit Musset que si «la vie est un sommeil, l’amour en est le rêve».

    Alors au milieu des rêves que l’Afrique peut nourrir et loin des passages obligés, nous parlerons ici d’amour. L’escale casablancaise mettra sous les feux des projecteurs les travaux d’artistes contemporains marocains, Yassine Belbzioui, Hicham Berrada, M’Barek Bouchichi et Mohamed El Baz. Depuis quelques années, l’art contemporain africain se redécouvre peu à peu sur le continent.

    Consacré par  la création, en 2005,  de la Fondation Zinsou à Cotonou au Bénin, l’ouverture, en 2017, du plus grand musée d’art contemporain africain à Cap Town en Afrique du Sud le Zeits-MoCAA, suivi par le Macaal à Marrakech. La même année, la manifestation «L’Afrique en Capitale», à Rabat mettait en lumière l’art et les expressions contemporaines de l’Afrique.

    Promouvoir l’art africain

    Créée sous l’impulsion et sous la présidence effective de Son Altesse le Prince Moulay Ismaïl, la Fondation pour le développement de la culture contemporaine africaine (FDCCA) réunit des passionnés d’art contemporain africain. Elle compte parmi ces membres Mohamed Bouzoubaa, président du groupe TGCC comme vice-président, Fihr Kettani, directeur général du Studio des arts vivants et Mohamed Chaoui, initiateur du projet et directeur de la galerie 38, comme conseiller artistique de la fondation. En tout 8 personnes bénévoles qui se sont données pour principale mission de participer à la promotion de l’art contemporain en Afrique et dans le monde. La FDCCA souhaite participer à mobiliser les différentes composantes de l’écosystème culturel du continent afin de soutenir la dynamique artistique et encourager ainsi la collaboration culturelle panafricaine. La Fondation ambitionne, également, de participer à l’émergence d’une nouvelle génération de curateurs africains et au développement des métiers autour de l’art. En impliquant des artistes reconnus à l’international et considérés comme des ambassadeurs de la culture africaine, la Fondation se fixe également pour objectif de révéler de nouveaux artistes sur le marché et favoriser le dialogue intergénérationnel entre les artistes confirmés et les artistes émergents. A travers une programmation riche et pertinente, la FDCCA permettra également d’attirer les collectionneurs et les amateurs d’art du monde entier. 

    Amine BOUSHABA

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc