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    Culture

    Laurence des Cars: «Je crois à la circulation des œuvres et au dialogue»

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5492 Le 10/04/2019 | Partager
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    «Aujourd’hui, nous sommes pour la première fois, en Afrique, dans un musée marocain. J’espère d’autres collaborations dans le futur car je suis convaincue que nous avons beaucoup de choses à partager», souligne Laurence des Cars, présidente du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie (Ph. LDC)

    Véritable architecte de cette exposition-évènement, aux côtés de Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, Laurence des Cars est la présidente du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie. Elle défend fermement la circulation des œuvres d’art à travers le monde et promet d’autres collaborations avec le Maroc.  

    - L’Economiste: Vous êtes dépositaire de l’une des collections d’impressionnistes les plus importantes du monde. Qu’elles en sont les œuvres majeures?
    - Laurence des Cars:
    Vous l’avez dit, c’est l’un des plus beaux ensembles au monde. Si on élargit un peu la notion d’impressionnisme, je citerais bien évidemment Manet avec «Le déjeuner sur l’herbe» qui est une toile absolument capitale. Il y a également la réplique de Monet du même «déjeuner sur l’herbe». Nous avons aussi «Les femmes au jardin» qui constitue le  grand démarrage de l’histoire de l’impressionnisme (Claude Monet, ndlr). Je citerais également le magnifique ensemble sur les paysages avec cette notion nouvelle de lumière et du mouvement qui est au cœur de l’impressionnisme notamment chez Monet, qui va entamer une grande course contre le temps. A l’époque où la photographie va devenir une pratique habituelle et qui connaîtra également la naissance du cinéma en 1895, Monet va inventer le principe de la série. Le même motif vu aux différents moments de la journée et différentes saisons. Nous avons dans l’exposition ici une très belle version de la cathédrale de Rouen de Monet (le musée d’Orsay en possède 5), tout comme la série consacrée aux «Bassins des Nymphéas» qui offre une plongée littérale dans le motif  vu constamment selon différentes incidences lumineuses.

    - Ce magnifique patrimoine universel a-t-il un prix?
    - Tout a un prix et n’a pas de prix en même temps. Il n’y a pas d’estimation globale de la collection d’Orsay, je vous rassure, puisque l’Etat est son propre assureur! C’est un patrimoine national commun à tous les Français, mais c’est surtout un patrimoine universel aujourd’hui. Les gens viennent du monde entier à Paris pour voir ces toiles, comme nous partageons, et c’est notre mission d’établissement national, ce patrimoine d’abord avec les régions et à travers le monde. Nous avons des expositions et des œuvres qui circulent dans plusieurs pays en permanence. C’est une chose à laquelle je suis très attachée. Dans une autre vie professionnelle je me suis occupée de la création du  Louvre Abou Dhabi, et je crois beaucoup à la circulation des œuvres et au dialogue.

    - Peut-on faire facilement voyager des œuvres de cette valeur?
    - Oui, avec toutes les précautions qui sont celles d’aujourd’hui et comme on sait le faire. Celles qui sont trop fragiles ne bougent plus, c’est très clair, mais les autres le peuvent dans de bonnes conditions. Aujourd’hui nous maîtrisons le transport des œuvres à travers le monde et c’est pour cette raison que nous sommes très enclins à partager notre collection. Vous savez, rien ne remplace le contact direct avec l’œuvre. On peut imaginer des reproductions avec les plus hautes définitions possibles actuellement, on ne reproduira jamais la texture, la matière et l’émotion qui se dégagent d’une œuvre originale.

    - Existe-t-il beaucoup d’espaces et de musées capables de recevoir ces trésors?
    - Il y a beaucoup de musées à travers le monde. Mais il y a surtout de nouveaux acteurs et la famille des musées dans le monde s’agrandie. Je me réjouie de voir au Proche et au Moyen-Orient de nouvelles structures qui permettent de belles collaborations. Ce n’est plus uniquement un dialogue entre l’Europe et les Etats-Unis, comme c’était le cas pendant très longtemps. Actuellement toute l’Asie se passionne pour ces questions de patrimoine. Et aujourd’hui nous sommes pour la première fois en Afrique, dans un musée marocain. J’espère d’autres collaborations dans le futur car je suis convaincue que nous avons beaucoup de choses à partager.

    Propos recueillis par Amine BOUSHABA

                                                                         

    Du Louvre Abou Dhabi au musée d’Orsay

    Laurence Élisabeth de Pérusse des Cars est la fille du journaliste et écrivain Jean des Cars et la petite-fille du romancier Guy des Cars.  Spécialiste de l'art du XIXe siècle et du début du XXe. Enseignante à l'École du Louvre, elle est commissaire de nombreuses expositions: «L'Origine du monde, autour d'un chef-d'œuvre de Courbet» (musée d'Orsay, 1996),  Edward Burne-Jones (New York, The Metropolitan Museum of Art, musée de Birmingham, musée d'Orsay, 1998-1999), «Courbet et la Commune» (2000, musée d'Orsay), «Thomas Eakins, un réaliste américain» (Philadelphia Museum of Art, Paris, musée d'Orsay, New York, The Metropolitan Museum of Art, 2001-2002),  «Louvre Abou Dhabi, Naissance d'un musée», (Abou Dhabi, Manarat al Saadiyat; Paris, musée du Louvre, 2013-2014); «Attaquer le soleil. Hommage au marquis de Sade» (Paris, musée d'Orsay, 2014-2015)… Elle est également l'auteur de nombreux essais illustrés, notamment «Le Préraphaélisme, un modernisme à l'anglaise» (Gallimard, 1999), «L'Art français, le XIXe siècle» (Flammarion, 2008), sous la direction d'Henri Loyrette, et en collaboration avec Sébastien Allard, «Jean-Léon Gérôme, de la peinture à l'image» (Gallimard, 2010)… Laurence des Cars est nommée directrice scientifique de l'agence France-Muséums en juillet 2007, opérateur français chargé du développement du Louvre Abou Dhabi. Promue dans le corps des conservateurs généraux du patrimoine en 2011, elle est nommée directrice du musée de l'Orangerie en janvier 2014, puis présidente du musée d'Orsay et du musée de l'Orangerie à compter du 15 mars 2017.

     

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