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    Culture

    Festival du livre de Marrakech: Les auteures marocaines en force

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5487 Le 03/04/2019 | Partager
    Elles écrivent ce qu’elles vivent et ce qu’elles espèrent
    Un événement éclectique qui vient de boucler sa 4e édition
    Débats et tables rondes, des temps forts au programme
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    Amina Hassim, Fatima Harrar, Najat Mhimra, Zakia Massat, Hanane El Gharras ou Fatima Quayssar, les femmes auteures marocaines étaient nombreuses au Festival du livre de Marrakech, organisé ce week-end à la Chambre de commerce et d’industrie de la ville (Ph. Mokhtari)

    Le Festival du livre de Marrakech a bouclé sa 4e édition ce week-end. Sous la pluie, les espaces et jardins de la Chambre de commerce et d’industrie de la ville ocre ont réuni des auteurs de tous horizons. De la poésie, des romans, des essais, de la bande dessinée, majoritairement en français mais aussi en arabe, le public avait le choix. L’événement voulant «mélanger des gens qui ne se connaissent pas forcément» explique le fondateur, Stéphane Guillot. 
    Aux commandes d’un même rendez-vous littéraire sur l’île de Ré depuis 13 ans, il poursuit une seule quête: «donner envie de lire et d’écrire?». Vulgariser le sujet en quelque sorte. Faire que tous les publics se sentent assez légitimes pour profiter de cette réunion d’artistes, d’écrivains et de penseurs. Aux côtés de têtes d’affiche comme l’ancien présentateur du JT de 2M, Ouadih Dada, ou de la journaliste française Valérie Trierweiler, une pléiade de femmes marocaines auteures. L’amour, les difficultés et les joies, le sentiment souvent d’être à la marge, elles écrivent ce qu’elles vivent. «Nos rêves aussi, nos tonnes de rêves» clame Hanane El Gharras, poétesse en langue arabe, qui sort prochainement son premier recueil en français. Elles sont passionnées mais regrettent le manque d’intérêt pour la lecture au Maroc. A savoir qui achète leurs ouvrages, Fatima Quayssar répond d’instinct «personne!». Comme un couperet, elle pose un problème, celui du «manque de reconnaissance». Amina Hassim, Fatima Harrar, Najat Mhimra ou Zakia Massat, professeure d’arabe, qui livre une étude sur l’apprentissage contrarié de la lecture au Maroc, toutes ont des choses à dire et à écrire. Fatiha Karkaba fait partie de celles là. Cette linguiste et anthropologue pose la question de la modernité dans ses «lettres ouvertes». Via une approche historique, elle lance un «appel pressant à la vigilance». Un essai qui ouvre une sorte de «débat national» autour des grandes questions de société car, comme elle l’écrit, «nous sommes persuadés qu’avec les moyens que nous avons, nous pourrions faire beaucoup mieux». Juste à côté, Oumelghait Belkziz Boubga présente «Les princesses de la médina» et «Les princesses de la montagne». Entre contes et roman, elle s’attache à l’image positive de tradition et de solidarité de ces femmes avec qui elle a partagé le quotidien pendant 2 ans. «Une mise en valeur de la femme paysanne» comme l’explique cette ancienne professeure de français. Beaucoup d’autres encore ont participé à faire de ce festival, ce que le fondateur espérait, un lieu éclectique à souhait.

    Débats d’idées

    Regard des jeunes chercheurs, aperçu sur le soufisme, introspection intérieure dans l’oeuvre des écrivains marocains, le festival a abrité de nombreuses conversations. Parmi elles, le débat sur l’identité amazighe cherchait la meilleure manière de rester soi-même tout en s’inscrivant dans le changement. «Il faut nous engager dans un autre projet de société qui permettra de relever les défis économiques, numériques, technologiques et de jouer un rôle géostratégique» soutient l’anthropologue et professeur, Ahmed Skounti. L’auteur et universitaire, Abderrahman Tenkoul, ajoute qu’il s’agit de «se construire dans et par la convergence. Nous n’avons plus de temps à perdre avec des querelles stériles». Débattre de l’identité en général, c’est évoquer la mondialisation. Plutôt que de la rejeter sous prétexte qu’elle est de naissance occidentale, elle est, avant tout autre chose, commerciale. En ce sens, le débat s’est conclu sur une évidence: le Maroc ne peut pas la refuser, et doit bien sûr y prendre part. 

     

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