×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Société

    Le CNDH veut en finir avec le mariage des mineures

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5480 Le 25/03/2019 | Partager
    Le Conseil et la Justice pour un débat national
    Des propositions bientôt soumises au gouvernement
    Face aux limites du code de la famille, l’article 32 de la Constitution en garde-fou
    cndh-mariage-mineures-080.jpg

    Le CNDH et les ONG semblent sur la même longueur d’ondes concernant la lutte contre le mariage des mineures. Ce dernier contribue à l’accroissement de la vulnérabilité et de la pauvreté de cette catégorie, notamment en favorisant l’abandon scolaire (Ph. L’Economiste)

    La mobilisation des ONG s’avère payante. Après la campagne de sensibilisation, lancée il y a près d’un mois, le CNDH a tenu une rencontre nationale autour du problème de mariage des mineures, vendredi dernier à Rabat.

    Les associations s’étaient élevées contre la persistance de ce phénomène, surtout dans certaines régions. Aujourd’hui, le CNDH et la société civile veulent en finir avec les exceptions prévues par la loi, favorisant cette pratique. Les articles 16 et 20 du code de la famille, permettant aux juges d’accorder une dérogation pour contracter un mariage sans atteindre l’âge légal, ou de reconnaître un mariage coutumier, sont particulièrement visés.

    Un mémorandum sera élaboré par le Conseil présidé par Amina Bouayach, mettant l’accent sur les différents facteurs favorisant ces violations des droits des jeunes filles. Intervenant lors de cette rencontre, Mohamed Aujjar, ministre de la Justice, a estimé qu’il s’agit d’une «réalité sociale qui interpelle tout le monde». Surtout que ce type de mariage reste élevé dans certaines régions, selon les statistiques disponibles, a-t-il indiqué.

    En 2018, les mineures étaient concernées par 25.514 actes, soit un peu plus de 9% de l’ensemble des mariages de cette année. Ce chiffre est néanmoins en baisse par rapport à 2011, qui avait enregistré 39.031 actes impliquant des mineures, soit 12% du total des mariages durant cette année. Les différents intervenants lors de cette rencontre ont insisté sur l’importance de prendre en compte «les aspects économique et social favorisant cette pratique».

    Ils ont également mis l’accent sur le rôle décisif de l’enseignement dans la limitation de ce phénomène. Le CNDH ainsi que le département de la Justice plaident pour un débat national autour de cette question. Cela devra s’accompagner d’une analyse des facteurs contribuant à la recrudescence du mariage des mineures et déterminant l’impact sur les droits fondamentaux des femmes et des enfants ainsi que sur leur intégrité physique et psychique.

    Le mémorandum qui sera élaboré par le Conseil devra également prévoir des propositions concernant les mécanismes permettant de lutter contre le mariage précoce des filles, en privilégiant les outils de prévention et de promotion des droits de cette catégorie vulnérable.

    L’article 32 de la Constitution stipule clairement que l’Etat doit assurer une protection juridique et une égale considération sociale et morale à tous les enfants, abstraction faite de leur situation familiale.

    M.A.M.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc