Culture

Bib a le geste brutal mais libre

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5468 Le 07/03/2019 | Partager
Ses «Hope Models» visibles à la galerie Dar El Bacha
Un artiste instinctif dont raffole le mécène Khalid El Gharib
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L’acrylique sur toile de jute baptisée «Love» fait partie de la trentaine de toiles exposées, dont quelques grands formats (Source: K. El Gharib)

Peace, love, better work, better life, health, wealth, glory, youth, beauty… les toiles de Bib parlent de désirs et d’aspirations. Encore quelques jours seulement pour les admirer à la galerie Dar El Bacha à Marrakech, dirigée par Khalid El Gharib, qui a, rappelons-le, légué une partie de sa collection personnelle d’objets judaïques au Musée des confluences voisin.

A la fois antiquaire, collectionneur avisé, éditeur et mécène, il se considère avant tout comme un défenseur du patrimoine culturel du Maroc et confie mettre toute son énergie «qu’il s’agisse d’objets anciens à préserver, de coutumes et de rites anciens à transmettre, ou d’artistes marocains à promouvoir».

Cette exposition baptisée «Hope Models», qui réunit une trentaine de toiles, dont quelques grands formats, a été lancée à l’occasion de la Foire 1-54 d’art contemporain africain, qui s’est tenue à Marrakech la semaine dernière. S’agissant de ce rendez-vous, «une vitrine inespérée pour les artistes et les galeristes marocains», selon El Gharib, «elle draine des acheteurs et des collectionneurs qui n’auraient pas eu l’idée de venir au Maroc pour acquérir de l’art»,  ajoute-t-il.

En effet, plusieurs œuvres ont trouvé preneur le jour même du vernissage et rejoindront dès la fin de l’exposition les collections privées de grands collectionneurs marocains, mais aussi internationaux. Power, une œuvre monumentale de 3 mètres sur 2, a notamment été acquise par un grand collectionneur sénégalais. Il faut dire que l’artiste a des atouts.

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Le mécène et l’artiste. Khalid El Gharib et Bib présentent «Hope Models» à la galerie Dar El Bacha à Marrakech (Source: K. El Gharib)

«Je connais Bib depuis longtemps pour l’avoir exposé auparavant sous son patronyme Habib Kibari. Le choix s’est imposé naturellement car il est pour moi le plus Africain des peintres marocains», continue El Gharib. C’est d’ailleurs son premier événement sous sa nouvelle identité.

Pour le mécène, «on retrouve dans son travail tout ce qui fait la particularité de ce continent et de ses artistes: matériaux bruts, récupérations, liberté du geste, force des compositions, personnages endiablés, célébration de la vie…». En effet, à travers le portrait pour cette série, il offre au regard comme le résultat d’une transe. «Je peins avec tout ce qui me tombe sous la main, avec le doigt parfois pour finir un trait, et toujours avec des gestes rapides, comme dans l’urgence», explique Bib.

Un instinctif. Du coup, le visiteur peut tout imaginer. Aujourd’hui, le peintre travaille dans cette même veine, mais avec les aliens pour héros. Ici encore, les regards se font perçants, parfois glaçants, comme deux visages, deux personnages qui se superposent et donnent à la toile une surprenante profondeur. Une chose est sûre, Bib possède cette maîtrise toute particulière de capter l’âme profonde du modèle. Et peut-être aussi de celui ou celle qui regarde.

J.A.

 

 

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