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    Virée dans l’espace avec Daniel Tani

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5462 Le 27/02/2019 | Partager
    L’ancien astronaute de la Nasa raconte ses missions
    Entraînements, formations, effets secondaires des vols ... retour d’expérience
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    «J’ai décidé de quitter la Nasa quand mes enfants étaient très jeunes. Les entraînements pour une mission spatiale prennent énormément de temps, entre 3 et 4 ans. Mais je ne vous cache pas que ça me manque. Si je suis rappelé pour une mission, je n’hésiterai pas une seconde», confie Daniel Tani, ancien astronaute et actuel directeur de la Foundation Grants for the United States-Japan (Ph. F. Al Nasser)

    Devenir astronaute et explorer l’espace font rêver beaucoup de jeunes. Toutefois, le vol spatial est le graal pour un astronaute. Pas tous ont cette chance. Pour réaliser ce rêve, il faut avoir un mental d’acier, une santé de fer et suivre un entraînement draconien... Daniel Tani, ancien astronaute de la Nasa, a passé plus de 130 jours dans l’espace. Il a à son actif deux missions, une de 12 jours, et une seconde de 120 jours.

    Lors de son passage au Maroc pour le lancement du programme «MoonshotMorocco», lancé par l’ambassade des Etats-Unis au Maroc, Daniel Tani nous explique en quoi consiste le métier gratifiant d’astronaute et ce qu’il a vécu au bord de la station spatiale internationale...

    - L’Economiste: Concrètement, à quoi ressemble votre quotidien au travail?
    - Daniel Tani:
    Aujourd’hui, je ne suis plus astronaute. Je l’ai été pendant 12 ans, et  je n’ai passé que 4 mois dans l’espace. Durant ces années, une grande partie de mon temps était consacrée aux entraînements pour les missions spatiales. Je travaillais aussi au centre de contrôle où j’assistais mes collègues en mission.
    Notre job consiste aussi à concevoir des outils pour nos collègues en mission, de les tester. En somme, la plupart du temps, notre travail ressemble à celui d’un manager ou d’un ingénieur, et lorsque nous recevons un appel pour aller dans l’espace, nous nous entraînons à temps plein avant le départ.

    - Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de vos missions à bord de la station spatiale internationale (SSI)?
    - Incontestablement la beauté de la planète Terre. Nous nous trouvions à seulement  400 km au-dessus de la terre, et à cette hauteur, nous pouvions admirer toute sa splendeur. L’un des avantages de cette vue, c’est que nous ne distinguions ni frontières, ni pays. Nous ne pouvons observer que des montagnes, des océans, des fleuves ... Les couleurs, les différentes textures et formes de la terre sont vraiment éblouissantes. C’est toujours merveilleux d’aller à la fenêtre et de voir notre superbe planète.

    - Aller dans l’espace c’est magnifique... mais quel est le revers de la médaille?
    - En effet, nous subissons quelques effets secondaires sur notre corps, mais rien d’alarmant. Nous perdons le calcium de nos os pendant un certain moment, et même si nous essayons de faire beaucoup d’exercices, certains muscles que nous utilisons sur terre comme ceux du cou ou des pieds, sont difficiles à retravailler. Ce processus s'appelle l'atrophie musculaire. Certains souffrent de grandes douleurs à ce niveau puisque à leur retour sur terre, ces muscles-là ne sont plus aussi forts qu’ils l’étaient auparavant. Nous avons tous besoin de thérapie. Mais après quelques mois, notre équilibre et notre fréquence cardiaque, redeviennent normaux. Pour ce qui est du mental, je ne pense pas qu’il y a une différence ou un effet négatif. Tous mes collègues et moi-même sommes toujours revenus très heureux. Je n’ai personnellement jamais vu quelqu’un affecté par ces missions.  

    - Quelles études faut-il faire pour devenir astronaute?
    - Pour intégrer la Nasa, il faut avoir un diplôme d’études supérieures dans le domaine scientifique, des mathématiques ou d’ingénierie. Il est aussi recommandé d’avoir une certaine expérience professionnelle. Généralement, les astronautes sélectionnés ont entre 30 et 40 ans. Ce sont donc des profils expérimentés ou ayant suivi des études plus poussées.

    - Selon quels critères sont sélectionnés les astronautes qui effectuent les missions spatiales?
    - Pour faire partie d’une mission à bord de la station spatiale internationale, de nombreux tests sont mis en place. Lors des entraînements, nous sommes constamment évalués au niveau des compétences physiques et techniques. Nous devons démontrer que nous sommes capables de flotter dans l’espace et que nous sommes aussi de bons techniciens. Il est aussi primordial pour les candidats d’avoir une bonne résistance au stress, de savoir communiquer, de s’adapter aux autres cultures, et surtout savoir travailler en équipe.

    -  Quels sont les derniers progrès en matière des vols spatiaux?
    - En ce moment, aux Etats-Unis, deux différentes entreprises privées sont en train de concevoir des fusées et des vaisseaux spatiaux pour que des passagers puissent effectuer des vols vers la station spatiale internationale. Cela fait huit ans que nous n’avons pas effectué un vol habité en Amérique. Aujourd’hui, les compagnies du secteur prévoient de lancer des vols «touristiques».  

    - Comment expliquez-vous le fait que l’Homme n’ait pas encore réussi à explorer la planète Mars? Pour la Lune, cela n’a nécessité qu’une dizaine d’années…
    - Mars se trouve très loin. Pour y arriver, cela pourrait prendre environ 6 ou 7 mois, et pour pouvoir revenir sur terre, il faut attendre deux années pour que les deux planètes soient bien positionnées pour le décollage. Et encore près de 7 mois de trajet pour atterrir. En somme, une mission de plus de 3 ans. Ce qui est énorme! Il y a également toutes sortes de problèmes et challenges techniques qu’il faut prendre en compte pour ce type de mission longue durée. Par ailleurs, partir sur Mars nécessite un grand investissement.
    Les Etats-Unis à eux seuls ne peuvent pas financer un tel projet. Il faudrait à mon avis qu’il y ait une collaboration avec plusieurs autres nations.

    Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

                                                                            

    MoonshotMorocco: Une campagne pour réaliser vos rêves

    CELA fait cinquante ans que la mission Apollo 11 a été effectuée, et 50 ans que le premier homme a marché sur la Lune. A cette occasion, l’ambassade des Etats-Unis au Maroc a fait revivre cette prouesse technique du XXe siècle, à travers une campagne baptisée «MoonshotMorocco».

    Son lancement officiel a eu lieu mardi 19 février dernier, à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM), à Rabat. Tout au long de l’année, ce programme réunira les passionnés autour d’une série de conférences animées par des experts américains. Des ateliers de formation autour de thématiques scientifiques, technologiques et entrepreneuriales, au profit des jeunes Marocains seront aussi organisés.

    «Cette campagne est destinée aux jeunes qui ne savent pas quoi faire de leur vie. Ils devront s’exprimer sur leurs propres challenges, qu’il s’agisse de compléter leurs études, de renforcer leur communauté, de créer leur propre entreprise, de réaliser leurs rêves personnels, et de réaliser ensuite ce qui leur semble impossible», explique Stephanie Miley, la chargée d'affaires de l'ambassade des Etats-Unis.

    T.E.G.

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