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    Fès-Médina: L’Ader appelle à l’appropriation du patrimoine

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5456 Le 19/02/2019 | Partager
    Débat ouvert sur l’avenir d’une cité de 12 siècles
    L’implication des ONG vivement recommandée

    «Faisons de la révision du plan d’aménagement de la médina de Fès une véritable occasion pour panser la mémoire collective, réfléchir sur l’avenir du tissu ancien, et se réapproprier le patrimoine!». Les propos sont de Omar El Fassi El Fihri, 2eadjoint au maire, lors de la première sortie de la Fondation Maroc du Patrimoine (FMP).

    L’ONG qui se veut membre actif, participant et acteur majeur dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel et artistique, dans la préservation de ses fondements et dans la prise de conscience de son importance et sa valeur, a invité Fouad Serrhini, directeur de l’Agence de développement régional de réhabilitation (Ader-Fès). L’Economiste revient sur les principaux points débattus lors de cette rencontre.

    ■ Créer une synergie associative autour du patrimoine

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    Contribuer à la préservation du patrimoine, soutenir et encourager les métiers artisanaux menacés de disparition, et activer les programmes de développement humain, font partie des missions assignées à la FMP. Créée en mai dernier, celle-ci réunit, sous la présidence de Azzelarab Amrani, une quinzaine de membres issus tous du milieu associatif. Elle se veut un versant pour la préservation du patrimoine matériel et immatériel marocain. «Notre patrimoine est une composante fondamentale de notre richesse nationale. Sa sauvegarde est une nécessité économique qui contribue à la réalisation du développement durable, à l’accélération du développement humain, et à la préservation de la place du Maroc parmi les anciennes civilisations humaines», estime Fatima Bennani Hasnaoui, présidente déléguée de la FMP. Pour elle, «l’ambition étant de créer une synergie associative autour du patrimoine». Synergie qui puisse mettre en avant les projets de restauration des tissus anciens, propulser le patrimoine et en faire une véritable source de développement inclusif. 

                                                                     

    ■ Un laboratoire d’idées et de créativité… aussi

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    De l’avis de Omar El Fassi, «le nouveau plan d’aménagement de la médina vise à améliorer les conditions et les modes d’orientation et de maîtrise de l’urbanisation». «Nous avons 5 mois pour concevoir un cadrage réglementaire pour l’ancienne cité. C’est une invitation au tissu associatif de venir exposer ses idées et enrichir le débat sur l’avenir de notre patrimoine», explique l’élu. Même son de cloche auprès de Mohamed El Harti, 3evice-maire, qui insiste sur «l’apport des artisans dans l’émergence économique des villes européennes comme Florence et Paris (Gucci, Louis Vuitton…). «Dans les laboratoires de ces grandes marques, il y a de la R&D mais aussi beaucoup d’ingéniosité des artisans, du savoir-faire, et de la technicité… et les artisans de Fès n’ont rien à envier à ceux des plus grandes firmes du décor, textile et habillement», souligne El Harti.

                                                                     

    ■ Fès était une ville touristique et commerciale… depuis 12 siècles

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    De son côté, Fouad Serrhini a rappelé que «Fès était un carrefour des civilisations et une ville touristique et commerciale depuis bien longtemps». En témoignent, selon le DG de l’Ader, les quelque 117 foundouks, 12 quartiers commerciaux spécialisés (9.600 commerces), et 1.276 ateliers d’artisanat (30.000 artisans), que compte la médina. Ajoutons à ceux-ci quelque 11.000 maisons historiques (dont 9.500 habitées par près de 100.000 âmes), 24 km de murailles, 40 hammams, 70 km de réseaux sanitaires souterrains, et 3 grandes tanneries traditionnelles. Etalée sur une superficie de 300ha, la cité historique est vieille de 12 siècles. «Elle a toujours constitué un espace de liberté d’expression et d’innovation…car, créée dans la vision d’une grande métropole dotée de lieux emblématiques (jardin Jnane Sbill…)», rappelle Serrhini. En tout cas, grâce à l’appui royal, la médina renaît de ses cendres. En ce sens, l’Ader assure la mise en œuvre de deux programmes majeurs à savoir celui de l’amélioration des accès (400 millions de DH) et celui de la valorisation des monuments historiques (583 millions de DH), soit des chantiers d’une valeur globale de 983 millions de DH. «Ces projets s’inscrivent dans la continuité des programmes lancés en 2013 et bien avant», souligne Serrhini.

                                                                     

    ■ Propulser le tourisme et lutter contre la vulnérabilité

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    La finalité du grand projet de restauration de la médina n’est autre que d’assurer la pérennité de sa dynamique culturelle, économique et sociale. Pour y parvenir, le programme en cours accorde une grande importance à l’aménagement des accès de la cité Idrisside. Car, de l’avis de ses concepteurs, «il faut faciliter l’entrée des visiteurs grâce aux parkings». De plus, l’amélioration de l’accessibilité des sites historiques boostera le tourisme et encouragera le voyage dans l’histoire d’une ville millénaire. A ce titre, le programme d’aménagement et de réfection des voiries et du pavé concerne 23 km de ruelles. Ce qui embellira le paysage urbain du tissu ancien de la médina. S’agissant de l’installation de l’adressage des sites historiques, l’opération est en cours. «L’objectif étant de disposer sur ces plaques d’une véritable présentation des monuments», explique Serrhini. En outre, quelque 700 kits de communication polyglotte, ainsi qu’un système d’information touristique (3 écrans géants et plusieurs écrans tactiles au niveau des monuments) seront bientôt installés. «Le but est de passer de l’échelle d’un monument équipé en système d’information touristique à l’échelle d’une ville où le touriste y trouvera tout son plaisir de remonter l’histoire», estime le responsable de l’Ader. Et de conclure: «Ces opérations doivent s’accompagner d’un appui des ONG envers les populations vulnérables… sensibilisation, apprentissage, et appropriation sont de mise».

    «Musée vivant pour l’humanité»

    La médina de Fès célèbrera son 40eanniversaire d’inscription comme patrimoine de l’Unesco en 2021. Bien avant, plusieurs experts de la culture, historiens et universitaires sont sollicités afin d’aider à restaurer la mémoire collective des monuments de grande valeur historique. Comme cela a été le cas pour l’horloge hydraulique dont les travaux de réhabilitation seront exécutés avec le concours de l’Unesco. L’ambition étant d’assurer une sauvegarde réfléchie d’un patrimoine universel et d’en faire un «musée vivant pour l’humanité».  

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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