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Automobile: BYD revient dans la course

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5448 Le 07/02/2019 | Partager
Elalamy annonce le retour du constructeur chinois, sans fournir de détails
BYD permettrait au Maroc d’atteindre le million de véhicules en 2025
Pièces de rechange, ingénierie et extérieur véhicule... encore plus d'écosystèmes
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L’arrivée de BYD permettra de booster la capacité de production et de permettre au Maroc d’atteindre la barre du million de véhicules produits, selon Elalamy (Ph. Adam)

BYD revient sur les radars. Après une longue période de silence, le projet d’usine de fabrication de véhicules électriques du fabricant chinois a refait surface lors de la 6e édition des Automotive Meetings de Tangier-Med. Et c’est Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie en personne qui l’annonçait en avant-première. «BYD est en route», s’est contenté de dire le ministre en affirmant que les détails de son arrivée seront dévoilés en temps opportun.

Ce troisième constructeur permettra au Maroc de combler et d’étoffer le secteur automobile en complétant le duo composé par Renault et PSA qui cumulent à aux deux une capacité de production de 700.000 unités. BYD prévoit, selon le schéma initial, de construire une usine pour voitures électriques à laquelle se grefferait une 2e pour autobus électriques. La 3e serait spécialisée dans les batteries et dont l’entrée en service est prévue à l'horizon 2025. A cette date, le Maroc prévoit, selon les prévisions présentées par le ministre, de franchir le cap du million d’unités produites.

Déjà pour l’année prochaine, la production de Renault, via ses deux usines de Tanger et de la Somaca (qui prévoit une extension), devrait atteindre 500.000 véhicules. Avec l’entrée en service imminente de l’usine PSA à Kénitra, il faudra compter avec une capacité additionnelle de 200.000 unités.

L'autre bataille concerne le taux d’intégration. Actuellement, il atteint les 50,5%, au seul crédit de Renault. Ce dernier a réussi à atteindre ce niveau en intégrant de nouvelles filières sur place comme l’emboutissage et en travaillant pour le lancement d’autres comme celle des batteries. Avec PSA, un nouveau palier sera franchi avec la fabrication locale des moteurs, ce qui porterait le taux à 65%. «D’ailleurs, le premier véhicule à 60% d’intégration chez PSA est prévu pour très bientôt», indique le ministre.

Au niveau des exports, le Maroc réalise actuellement un bon score en affichant 66,5 milliards de DH sur la balance pour le secteur automobile. Selon Elalamy, une correction de 4 milliards de DH supplémentaires portera ce chiffre à 70 milliards de DH. Et pour cause, après plusieurs recherches, il s’est avéré que des éléments issus du secteur étaient répertoriés sous d’autres rubriques, une erreur qui sera rapidement corrigée.

Pour les emplois, le ministre est encore plus optimiste car les objectifs du Plan d’accélération industrielle 2020 pour l’automobile ont été atteints à 97% et ce, un an avant échéance, avec 163.000 postes de travail créés.

Aux écosystèmes du secteur déjà en place dont le câblage et qui ont fait le secret de la réussite de la jeune industrie automobile, d’autres devront être lancés incessamment. C’est le cas des pièces de rechange, de l’ingénierie et de l’extérieur véhicule. «Nous poursuivons, tout de même, très assidûment, nos efforts pour développer les écosystèmes déjà en place», nuance Mohammed Lachaam, président de l’Amica, l’un des organisateurs de l’événement avec le ministère de tutelle.

«C’est le cas de l’écosystème du câblage, l’un des plus anciens, sur lequel des efforts d’intégration plus en profondeur sont entamés», précise-t-il. Actuellement, cette filière travaille avec des câbles fabriqués en local, mais leurs composants (cuivre et gaine plastique) peuvent, eux aussi, être fabriqués au Maroc.

Pari sur les conventions

La 6e édition des AMT a été l’occasion pour la signature de 4 conventions de partenariat pour l’accompagnement en compétence des écosystèmes du secteur. Elles concernent les écosystèmes constructeurs de Renault et de PSA avec pour partenaires les ministères de l’Industrie, de l’Education nationale, l’OFPPT et l’Amica. Leur objectif sera d’accompagner la dynamique que connaît l’industrie automobile en mettant à la disposition des opérateurs une offre de main-d’œuvre qualifiée qui s’adapte à la demande générée par le secteur...

Ali ABJIOU

                                                                                   

1er exportateur

L’Automotive Meetings Tangier-Med constitue un évènement phare de l’industrie automobile marocaine et une tribune d’opportunités et d’échange pour la filière. La présente édition, qui a démarré le 6 février, s’inscrit dans un contexte où le secteur réalise de belles performances et concrétise de remarquables avancées. Premier poste d’exportation du Maroc avec 44,5% des exportations industrielles, 66,5 milliards de DH de chiffres d’affaires à l’export et la plus forte création d’emplois enregistrée (85.000 nouveaux emplois), l’industrie automobile progresse avec célérité et s’achemine vers l’objectif d’atteindre plus de 100 milliards de DH à l’export et la production d’un million de véhicules d’ici 2025.

 

 

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