×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Désinformation en ligne: Bruxelles hausse le ton

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5444 Le 01/02/2019 | Partager
    Les géants de l’Internet doivent accélérer la cadence
    Et ce, en prélude des élections européennes
    Premier bilan du code de bonnes pratiques

    L’exécutif européen accentue la pression sur les géants d’Internet pour redoubler d’efforts dans leur lutte contre la désinformation en ligne. Google, Facebook, Twitter, Mozilla et les associations professionnelles représentant le secteur de la publicité ont présenté récemment leur premier rapport sur les mesures qu’ils prennent pour se conformer au code de bonnes pratiques contre la désinformation (signé en octobre 2018).

    «Des progrès ont certes été accomplis, notamment dans la suppression des faux comptes et la limitation de la visibilité des sites qui favorisent la désinformation. Mais des mesures supplémentaires sont nécessaires pour assurer la totale transparence des publicités à caractère politique d’ici le début de la campagne des élections européennes dans tous les États membres de l’UE», a fait savoir la Commission européenne.

    Plusieurs éléments ont été relevés dans les rapports analysant les mesures prises avant le 31 décembre 2018:

    ■ Facebook a pris ou prend actuellement des mesures pour concrétiser tous les engagements souscrits. Mais il doit à présent expliquer comment il déploiera les outils donnant davantage de moyens d’action aux consommateurs et comment il dynamisera la coopération avec les vérificateurs de faits et les chercheurs dans l’ensemble de l’UE.

    ■ Google a pris des initiatives pour honorer l’ensemble de ses engagements, en particulier pour améliorer le contrôle des placements de publicité, accroître la transparence de la publicité à caractère politique et fournir aux internautes des informations, des outils et une aide afin qu’ils utilisent l’Internet en connaissance de cause. Toutefois, certains outils ne sont disponibles que dans quelques États membres. La Commission européenne invite également le moteur de recherche en ligne à soutenir, à plus grande échelle, les actions de recherche.

    ■ Twitter a donné la priorité aux actions ciblant les acteurs malveillants, en fermant les faux comptes ou les comptes suspects et en luttant contre les systèmes automatisés/les robots «bots». Bruxelles souhaiterait néanmoins savoir en quoi ces mesures empêcheront les pourvoyeurs irréductibles de désinformation à promouvoir leurs tweets.

    ■ Mozilla est sur le point de lancer une version améliorée de son navigateur, afin de bloquer par défaut le pistage entre les sites (cross-site tracking). Cependant, il devrait décrire de façon plus concrète comment cet outil limitera les informations révélées au sujet des activités de navigation des utilisateurs, qui pourraient servir à des campagnes de désinformation.

    ■ Gare aux sanctions: Au plus tard fin 2019, la Commission européenne  procédera à une évaluation globale au terme de la période initiale de 12 mois du code de bonnes pratiques contre la désinformation. Si les résultats se révélaient insuffisants, elle pourrait proposer d’autres mesures, y compris de nature réglementaire.

                                                                   

    • La publicité à caractère politique

    desinformation_044.jpg

    Dans la perspective des élections européennes qui auront lieu cette année, il convient que la publicité à caractère politique diffusée en ligne sur les médias sociaux soit clairement signalée comme telle et se distingue des autres types de contenus sponsorisés sur les réseaux sociaux. L’entité qui a acheté la publicité sur les médias sociaux devrait elle aussi être identifiée. Il devrait également y avoir une diminution du nombre de sites internet frauduleux. Le code devrait également contribuer à réduire le nombre de faux comptes qui manipulent l’opinion. En outre, les consommateurs devraient pouvoir aisément identifier et signaler la désinformation et les plateformes prendront des mesures pour réduire la visibilité des contenus incriminés et en freiner la diffusion.

    • Le code sera-t-il suffisant?
    Il n’existe pas de solution unique à l’ensemble des problèmes posés par la désinformation. Le code n’est qu’un élément parmi d’autres de la boîte à outils proposée par la Commission le 26 avril 2018 dans sa communication intitulée «Lutter contre la désinformation en ligne» (voir le détail dans notre édition N° 5262 du 30/04/2018). D’autres actions pertinentes sont prévues telles que la création d’un réseau européen indépendant de vérificateurs de faits et de chercheurs universitaires, l’utilisation de nouveaux outils technologiques pour détecter, signaler et lutter contre les fausses informations et des mesures de soutien au journalisme de qualité. L’objectif est également de donner aux citoyens les moyens d’agir, notamment en encourageant les initiatives en matière d’éducation aux médias, telles que la Semaine de l’éducation aux médias (qui débutera le 18 mars) et en veillant à ce que les États membres promeuvent eux aussi des programmes similaires.

    • Système d’alerte rapide:
    Le budget de la communication stratégique du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) destiné à la lutte contre la désinformation et à la sensibilisation aux effets néfastes de celle-ci a plus que doublé: de 1,9 million d’euros en 2018, il est passé à 5 millions d’euros en 2019. Les États membres de l’UE devraient compléter ces mesures en renforçant leurs propres moyens et participer au système d’alerte rapide qui est en train d’être mis en place.

    F. Z. T.

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc