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    Economie

    Premières pistes pour la refonte du modèle de développement

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
    Des politiques, universitaires et économistes s’accordent sur la démocratie
    La mise en œuvre de la régionalisation avancée vivement recommandée

    Démocratie, déconcentration, partage équitable des richesses…Tels sont les maîtres mots de la réflexion menée, vendredi dernier à Fès, sur le «nouveau modèle de développement pour le Maroc». Réunissant une pléiade d’hommes politiques, experts, et économistes, cette rencontre, initiée par le groupe de réflexion sur le développement durable (GRDD), était l’occasion d’esquisser les pistes pour la refonte du modèle de développement. L’Economiste revient sur les principaux points débattus lors de ce workshop.

    ■ Le modèle actuel entre  top et flop

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    Pour Najib Zerouali, ancien ambassadeur, et également président d’honneur du GRDD, «la réflexion sur le nouveau modèle de développement ne signifie nullement que rien n’a été fait». «Au contraire, le Maroc a connu depuis l’indépendance, des avancées considérables, d’abord sous le règne de Hassan II et ensuite depuis l’accession de SM Mohammed VI au trône», estime l’ancien ministre de la Santé (RNI). En effet, le workshop de Fès vise la promotion et l’accélération de ce processus. Car, il existe beaucoup de niches d’amélioration et beaucoup de points de croissance à prendre, d’insuffisances à atténuer et d’atouts à renforcer dans le modèle actuel de développement.
    «Nous allons puiser dans des travaux de très haut niveau, déjà réalisés ces dernières années, tels que le rapport du cinquantenaire, la charte de l’éducation-formation, les conclusions des assises des finances publiques au Maroc, etc., en plus de benchmarking de modèles qui ont réussi à travers le monde: Suisse, pays scandinaves, Canada, Malaisie, en adaptant ces modèles aux conditions de notre pays et de son environnement», indique Zerouali.
    A ce titre, le modèle à l’élaboration duquel élus, ONG et experts doivent contribuer, sera forcément perfectible, et devra donc être dans une dynamique d’amélioration continue. Notons que les propositions et recommandations de la rencontre de Fès seront soumises à l’appréciation du Souverain en janvier prochain. 

    ■ Donner du lest aux régions

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    De l’avis de Farid Zerrouq, initiateur de ce colloque, «les Gouvernements qui se sont succédé depuis l’indépendance ont fait de leur mieux, même si certains ont travaillé un peu mieux que les autres, avec tout de même une mention spéciale pour les équipes El Youssoufi et  Jettou, qui ont été très performantes».
    Toutefois, malgré le lancement de plusieurs stratégies de développement (Plan Maroc vert, plan d’accélération industrielle, plan azur pour le tourisme etc), la répercussion des efforts consentis sur la vie et le bien-être des marocains n’est pas au niveau escompté. Pour le président exécutif du GRDD, «la grande question à laquelle il faudra répondre aujourd’hui est comment passer des objectifs comptables vers un développement qui se focalise avant tout, sur l’homme et sur la qualité de vie des marocains».
    Aussi, par quels chemins, avec quels moyens, et comment mesurer l’impact des politiques publiques sur le citoyen lambda? Telles sont les questions qui devraient susciter toute l’attention des décideurs, universitaires, chefs d’entreprises, et militants associatifs, afin d’enclencher une réelle dynamique de développement. «Celle-ci ne pourrait être atteinte s’il n’y a pas une véritable régionalisation avancée», souligne Zerrouq. Pour lui, «il faut donner du lest aux régions, décentraliser les ressources et activer l’évaluation du processus à chaque étape». Sans oublier l’application du «principe de responsabilité et reddition des comptes».

    ■ Une cohérence politique  est nécessaire pour avancer

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    D’autres intervenants ont souligné l’importance des Droits de l’Homme dans tout processus de développement. C’est notamment l’idée défendue par Hammou Ouhelli, Secrétaire d’Etat au développement rural (MP), pour qui, «il faut reconnaître les différences identitaires, mobiliser les moyens, cibler les projets, les rationnaliser et les faire converger pour un meilleur rendement». «Il faut également décentraliser et déconcentrer les décisions, et régionaliser les budgets pour mieux répondre aux besoins», ajoute-t-il. En plus, il est demandé la justice dans la répartition des richesses nationales et le rétablissement de la confiance dans les partis politiques. Pour ce dernier volet, «les marocains ont besoin de transparence…car, la scission avec les partis et les ONG constitue un véritable danger pour la société et pour le pluralisme politique», explique Abdeslam Seddiki, ancien ministre de l’emploi (PPS). Et de poursuivre: «Ce n’est pas intéressant, ni cohérent pour le citoyen, que le PPS soit avec le PJD dans un même gouvernement». «Il faut revenir aux fondamentaux pour que le marocain sache pour qui voter afin d’élire un gouvernement homogène et surtout sortir de l’immobilisme et résoudre les vrais problèmes (l’analphabétisme entre autres)», renchérit l’ancien ministre. 

    ■ L’interventionnisme…menace la démocratie

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    Unanimes, les participants au workshop de Fès affirment que les anciens modèles de développement ont montré leurs limites. A telle enseigne que «les disparités sociales, économiques et spatiales sont de plus en plus flagrantes», alerte Allal Amraoui, député PI. Pour y remédier, il faut éviter l’interventionnisme dans les partis politiques et adopter un modèle égalitaire pour un développement humain durable du Maroc. «Autrement, et en l’absence de démocratie, le taux de participation aux prochaines élections serait très bas», déplore l’ancien vice-maire de Fès. D’autres participants appellent les partis politiques à revoir leurs matrices et donner la bonne parole aux décideurs. Car, toutes les formations politiques sont d’accord formellement. Et, si l’élite politique n’est pas rajeunie et ne révise pas ses fondamentaux, le résultat de tout modèle à l’essai serait nul, dans un monde en mutation continuelle. D’où l’appel à restaurer la confiance du citoyen dans l’action politique et à la réhabilitation des partis politiques et des ONG.  

    ■ Education, formation,  patrimoine immatériel… aussi

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    Pour Driss El Azami El Idrissi, «notre modèle de développement doit être basé sur l’éducation et la formation». Car, d’après le maire (PJD) de Fès, l’amélioration du système éducatif national permettrait un développement à tous les niveaux (recherche scientifique, emploi, création de richesse). «Cette amélioration devrait être accompagnée d’une réelle mise en valeur du patrimoine immatériel ainsi qu’une répartition équitable des moyens», insiste l’ancien ministre du Budget. Le rétablissement durable de l’équilibre de la balance commerciale, la lutte contre le gaspillage sous toutes ses formes, l’investissement dans la qualification des ressources humaines et l’éradication de l’analphabétisme, le renforcement de la productivité et de la compétitivité de l’entreprise marocaine, la promotion de la performance des outils de production, ne sont pas en reste. Il en est de même pour  une politique sociale qui doit tenir compte des moyens existants, beaucoup plus que des besoins et des attentes. Enfin, une politique culturelle et de communication qui aura pour objectif de former, de sensibiliser pour ensuite, mobiliser les citoyens autour de notre modèle de développement, est vivement recommandée.

    Youness SAAD ALAMI
     

     

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