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    Export: Voici les meilleures destinations en 2019

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5407 Le 07/12/2018 | Partager
    Zone euro, Etats-Unis, Chine en haut du podium[scald=27373:sdl_editor_representation]
    Le secteur phare sera les services
    Les pronostics d’Euler Hermes
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    Malgré les tensions commerciales, la zone euro, les Etats-Unis et la Chine seront encore les meilleures destinations pour les exportateurs l’année prochaine

    A l’approche de la fin d’année, les experts d’Eulers Hermes livrent leurs pronostics des meilleures destinations pour les exportateurs en 2019. Ce sont la zone euro, les Etats-Unis et la Chine (des partenaires stratégiques pour le Maroc) qui sont placés en haut du podium.

    «Malgré les tensions commerciales croissantes, ces marchés resteront dynamiques. Nous prévoyons une croissance des importations de +193 milliards de dollars pour les Etats-Unis, +161 milliards de dollars pour la Chine et +260 milliards de dollars pour la zone euro», explique Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes.

    Plusieurs facteurs distingueront ces pays. Aux Etats-Unis, le stimulus budgétaire de l’administration Trump et la hausse des salaires associée à un dollar relativement fort assureront la croissance de la demande domestique et des importations. En Chine, la forte croissance de la consommation privée et l’ouverture des marchés domestiques devraient soutenir la hausse des importations.

    En zone euro, ce sera l’amélioration du marché du travail et la résilience tant de l’investissement que de la consommation. Une croissance continue du secteur des services dans les marchés émergents a été observée. Le secteur industriel devient plus orienté services avec de plus grandes dépenses en R&D, marketing et ventes, service clientèle et services financiers. De plus, la montée des classes moyennes fait naître de nouveaux besoins des consommateurs.

    Portée par une digitalisation croissante de l’économie, cette tendance crée de nouvelles opportunités pour les entreprises. Lesquelles n’hésitent pas à lancer de nouvelles plateformes commerciales et à améliorer leur offre de services en ligne. Les exportations de services devraient croître de +365 milliards de dollars en 2019 (rythme similaire à celui de 2018).

    De l’autre côté, les secteurs des métaux ferreux et non ferreux, de même que l’automobile, font face à de sérieuses menaces protectionnistes. Le premier est déjà lourdement ciblé par les politiques protectionnistes et sa performance commerciale devrait en être amoindrie cette année. Le second est sous pression et pourrait être durement affecté dans les prochains mois, surtout si les Etats-Unis mettent en place une taxe à l’importation de 25% sur 200 milliards de dollars d’importations automobiles.

    Les poids lourds de l’export devraient obtenir les plus hautes croissances d’exportations en 2019. En Chine, la dépréciation de la monnaie et l’accélération des exportations vers les Etats-Unis, en prévision d’une éventuelle escalade entre les deux pays, ont soutenu la croissance des exportations en 2018. Il est important de noter que les exportations chinoises vers les marchés Belt and Road (pays d’Asie du Sud-Est et du sud notamment) représentent 1/3 du total des exportations chinoises de biens, tandis que celles vers les Etats-Unis en représentent 19%. Euler Hermes estime que les initiatives commerciales chinoises, dont Belt and Road et d’autres, aideront à diversifier les exportations chinoises à moyen terme.

    Aux Etats-Unis, l’accélération des exportations en 2018 est basée sur une meilleure capacité à exporter de l’énergie, dans un contexte de hausse du prix du pétrole. En 2019, la croissance des exportations devrait décélérer sous le coup de la baisse attendue des prix de l’énergie et du ralentissement de la demande mondiale.

    En zone euro, où environ 60% du commerce est intra-régional, la performance sera principalement soutenue par la demande en provenance d’Union européenne. De plus, la faiblesse de l’euro encourage les entreprises européennes à rechercher des fournisseurs locaux. L’Allemagne, la France et l’Italie en particulier devraient voir leurs exportations croître en 2019 (respectivement de +65 milliards de dollars, +28 milliards de dollars et +16 milliards de dollars).

    Les nouveaux arrivants

    Les nouveaux arrivants sur la scène du commerce mondial pourraient également tirer leur épingle du jeu. Euler Hermes prévoit notamment une forte performance commerciale pour les pays manufacturiers d’Asie, d’Europe de l’Est et d’Afrique. Ces marchés sont susceptibles de profiter de la hausse du protectionnisme américain, de l’évolution du projet Belt and Road et du développement de la chaîne de valeur chinoise.

                                                                          

    Ce que les entreprises doivent surveiller

    ■ Premièrement, le coût du commerce va mécaniquement augmenter en 2019, suite au resserrement des conditions monétaires et financières en dollars. En d’autres termes, pour une augmentation de 100 points de base sur les taux à 10 ans aux Etats-Unis, le coût du commerce augmentera de 80 points de base. En parallèle, les risques de change, d’impayés et politiques s’accroissent.

    ■ Deuxièmement, la réorientation des échanges a commencé et pourrait disrupter les chaînes de production. En effet, face à des menaces commerciales croissantes et à un contexte politique tendu, illustré entre autres par le Brexit et les tensions bilatérales entre les pays du Golfe notamment, les entreprises passent de plus en plus par des plateformes commerciales compétitives et neutres. Ces pays ne sont pas soumis aux mesures protectionnistes des grandes économies. «Les plateformes asiatiques comme le Bangladesh, le Vietnam, le Cambodge ou le Laos devrait bénéficier le plus de cette refonte du commerce international. Même s’il est peu probable que la Chine perde à court terme son rôle de fournisseur clé, on voit de nouveaux acteurs émerger à long terme, principalement au sein de l’Asean: la Malaisie, la Thaïlande et l’Indonésie», estime Mahamoud Islam, économiste senior en charge de l’Asie chez Euler Hermes.

    ■ Troisièmement, les barrières tarifaires ne sont que la partie visible de l’iceberg. D’autres formes de protectionnisme, dont le Fait du Prince par exemple, pourrait se renforcer en 2019. Des Etats-Unis à l’Allemagne, en passant par la France et la Chine, les interventions des gouvernements contre les entreprises étrangères se sont multipliées. De plus, les risques de transaction, de confiscation et d’expropriation pourraient caractériser la seconde phase de résurgence du protectionnisme.

    Fatim-Zahra TOHRY

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