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    International

    L’OCDE calcule l’impact des restrictions commerciales

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5397 Le 23/11/2018 | Partager
    Leur intensification pourrait avoir un coût non négligeable
    Sur la croissance, l’investissement, l’emploi et les niveaux de vie
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    Note : Les droits de douane actuels comprennent la totalité des droits de douane imposés sur les échanges bilatéraux entre les États-Unis et la Chine en 2018 jusqu'à la fin de septembre. En orange: scénario montrant l'impact supplémentaire qui se produirait si les États-Unis faisaient passer de 10% à 25% les droits de douane sur 200 milliards de dollars d'importations en provenance de Chine à compter de janvier 2019 (avec une mesure réciproque de la Chine portant sur 60 milliards de dollars d'importations en provenance des États-Unis). En gris foncé: scénario montrant l'impact supplémentaire qu'aurait l'imposition de droits de douane de 25% sur la totalité des autres échanges bilatéraux hors produits de base entre la Chine et les États-Unis à compter de juillet 2019. En gris: scénario montrant l'impact supplémentaire des incertitudes ainsi engendrées qui provoqueraient une hausse de 50 points de base des primes de risque d'investissement dans tous les pays en 2019-2021 (Source: Calculs de l’OCDEImpact)

    Face au risque d’une guerre commerciale, plusieurs pays ont plaidé pour une réforme de l’OMC. Le sujet est évoqué à quelques jours du sommet du G20 de Buenos Aires (prévu les 30 novembre et 1er décembre) et dans la perspective de la présidence française du G7 l’an prochain, dont le «multilatéralisme» sera l’un des thèmes phares.

    «La recrudescence des tensions et des incertitudes entourant les politiques commerciales est une source majeure de risque de révision à la baisse des prévisions pour l’investissement, l’emploi et les niveaux de vie au niveau mondial», alertent les experts de l’OCDE en publiant les récentes perspectives économiques (novembre 2018).

    Ces tensions ont déjà amputé de 0,1 à 0,2% le PIB mondial cette année, et si les États-Unis portent à 25% leurs droits de douane sur tous les biens chinois, le taux de croissance économique mondiale pourrait tomber à un niveau proche de 3% en 2020. Ce taux subirait une baisse estimée à 0,8 point de pourcentage aux États-Unis et à 0,6 point en Chine, selon les estimations.

    L’imposition de nouvelles restrictions commerciales fait baisser le niveau de vie des consommateurs, en particulier des ménages modestes, et génère des coûts de production supplémentaires pour les entreprises. Le relèvement des droits de douane sur les biens (et les services) de consommation intermédiaire peut s’avérer spécialement coûteux dès lors que des produits franchissent des frontières à plusieurs reprises au fil de leur parcours dans les chaînes de valeur mondiales.

    De nouveaux droits de douane et mesures de représailles sont d’ores et déjà entrés en vigueur depuis le début de l’année et d’autres pourraient encore être appliqués dans les prochains mois. Bien que les conséquences directes des restrictions commerciales imposées cette année commencent seulement à se faire sentir à l’échelle macroéconomique, certains effets et distorsions sont d’ores et déjà visibles dans les secteurs où un relèvement des droits de douane a été opéré ou annoncé. La croissance en volume des importations aux États-Unis de marchandises en provenance de Chine a commencé à ralentir et les prix sur le marché intérieur de certains produits concernés ont d’ores et déjà fortement augmenté.

    Ces chocs ont des implications pour les politiques macroéconomiques, de l’avis de l’OCDE. L’importance de la réaction de la politique monétaire à un relèvement des droits de douane varie selon que celui-ci va entraîner une modification ponctuelle du niveau des prix ou qu’il aura ensuite des effets indirects plus larges sur les salaires, les prix et les anticipations d’inflation.

    De tels effets sont plus probables si l’alourdissement des droits de douane concerne un large éventail de biens de consommation et d’intrants intermédiaires. Dans toutes les simulations, il apparaît que la politique monétaire des États-Unis prendrait un tour plus restrictif que celui qu’elle aurait pris autrement, et que l’on observerait une légère appréciation du dollar. Dans le scénario envisageant deux nouveaux cycles de relèvement des droits de douane en 2019, les taux d’intérêt directeurs aux États-Unis seraient supérieurs d’environ ½ point de pourcentage par rapport à leur niveau de référence.

    Le taux de change effectif du dollar s’apprécierait, lui, de 2%, ce qui accentuerait les tensions financières dans les économies de marché émergentes. Dans d’autres pays, la dépréciation de plusieurs monnaies par rapport à la devise américaine pousserait à la hausse les prix des importations et entraînerait un léger resserrement de la politique monétaire.

    Les droits de douane pourraient également fournir des recettes publiques supplémentaires. Elles pourraient être de l’ordre de ¼ pour cent de PIB en 2019 sur les droits de douane imposés cette année (y compris ceux frappant les importations d’acier et d’aluminium), voire supérieures dans les scénarios prenant en compte l’adoption de mesures supplémentaires en 2019. Toutefois, ce surplus de recettes serait en partie contrebalancé par un recul de l’activité.

    Fatim-Zahra TOHRY

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