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    International

    L’Italie réclame plus de flexibilité budgétaire

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5394 Le 16/11/2018 | Partager
    Et ce en raison de circonstances exceptionnelles
    Rome maintient inchangée sa prévision d’un déficit à 2,4% du PIB
    Le pays prend le risque de sanctions financières
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    Rome ne cède pas face à ses partenaires européens. «L’accent des autorités sur la croissance et l’inclusion sociale est bienvenu», ont estimé les experts du FMI, mais les prévisions actuelles devraient maintenir la dette publique autour de 130% du PIB pour les trois prochaines années

    Le gouvernement populiste italien a évoqué des circonstances exceptionnelles pour réclamer plus de flexibilité budgétaire. Un argument peu susceptible de convaincre Bruxelles ou les marchés financiers, très critiques vis-à-vis de la politique anti-austérité engagée par Rome. Pour Bruxelles, l’Italie a déjà bénéficié de 30 milliards d’euros de marge budgétaire de flexibilité entre 2015 et 2018 et ne pouvait se plaindre.

    Alors que Bruxelles avait rejeté son projet de budget le 23 octobre 2018 et lui avait donné jusqu’à mardi 13 novembre pour revoir sa copie, Rome a décidé de maintenir inchangée sa prévision d’un déficit à 2,4% du PIB (Produit intérieur brut) l’an prochain.

    Dans une lettre envoyée à la Commission européenne, le ministre de l’Economie, Giovanni Tria, souligne que sur les budgets des trois prochaines années pèsent des «dépenses de nature exceptionnelle égales à environ 0,2% du PIB en raison des intempéries ces dernières semaines et de l’effondrement du pont de Gênes cet été».

    Ces arguments n’ont pas convaincu plusieurs membres de la zone euro. Le ministre hollandais des Finances, Wopke Hoekstra, a ainsi jugé «peu surprenant, mais très décevant, que l’Italie ne revoie pas son budget, alors que ses finances publiques sont en mauvaise santé».

    Dans sa lettre, Giovanni Tria mentionne que les 2,4% de déficit représentent une limite infranchissable. Le gouvernement a aussi décidé d’augmenter à 1% du PIB en 2019 l’objectif de privatisation du patrimoine public, afin d’accélérer la baisse de la dette. Celle-ci va passer, selon les calculs de Rome, de 131,2% du PIB en 2017 à 126% en 2021.

    Mais selon la Commission, les mesures prévues risquent d’aggraver le déficit à 2,9% l’an prochain et à 3,1% en 2020. Dans un récent rapport, le Fonds monétaire international (FMI) a même réaffirmé une prévision de 1% de croissance en Italie en 2020 et s’est montré sceptique sur les réformes annoncées par le gouvernement.

    En refusant de modifier son budget, Rome prend le risque de l’ouverture d’une procédure pour déficit excessif, susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2% du PIB (soit quelque 3,4 milliards d’euros). Mais plusieurs économistes doutent que des sanctions conduisent le gouvernement à changer ses plans! D’autant plus que la procédure s’annonce longue.

    F. Z. T.

     

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