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Ouarzazate/Palmier dattier: Sept pistes pour rentabiliser la filière

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5393 Le 15/11/2018 | Partager
Valoriser les qualités diététiques de variétés autres que le Majhoul et Boufegouss
Des débouchés pour le compostage, l’agro-industrie ou encore la cosmétique
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La création d’une activité de compostage utilisant les palmes permettra l’obtention d’un produit à moindre coût, incitera au nettoyage des touffes et permettra la diminution de la charge du fusarium (Bayoud) dans les palmeraies lors du compostage. En outre, les restrictions sur l’utilisation des plantes de Doum et d’Alfa, ainsi que la raréfaction de la plante aquatique dite «Smer», trois principales plantes utilisées dans l’artisanat, les palmes du palmier dattier ont un bel avenir dans ce secteur (Ph. SB)

Principalement centré autour des dattes et le développement de certaines variétés les plus rentables et demandées sur le marché, le développement du palmier dattier passe à côté d’autres pistes de rentabilisation de la filière.

«La datte n’est pas le seul élément qui a de la valeur chez le palmier dattier. D’autres parties de l’arbre peuvent être mises en valeur et exploitées de manière à rentabiliser encore plus cette culture. Différentes études et recherches scientifiques autour des produits du palmier dattier l’ont démontré», assure Chakib Alem, professeur d’enseignement supérieur et responsable de l’équipe de recherches «Biochimie des substances naturelles» à l’Université Moulay Ismail.

Les résultats de ces recherches proposent plusieurs pistes qui tablent sur les autres caractéristiques aussi bien des dattes que l’arbre lui-même. Lors de la journée scientifique en marge de la 2e édition du Salon régional des produits de terroir organisée récemment à Ouarzazate, plusieurs pistes de développement du palmier dattier ont été présentées.

■ Produits diététique et nutritionnel
Un ensemble de variétés de dattes marocaines, autres que le Majhoul et le Boufegouss, sont très appréciées par les populations locales des oasis pour leurs vertus diététiques, voire thérapeutiques, mais restent méconnues du grand public. Des analyses biochimiques, nutritionnelles ainsi que la mise en évidence d’activités biologiques chez ces variétés sont susceptibles de rehausser leur attractivité. Des variétés de dattes prometteuses peuvent être incorporées dans des régimes comme complément alimentaire spécifique et ainsi améliorer leur compétitivité sur les marchés nationaux et internationaux.

■ Matière première pour l’agro-industrie
La datte peut devenir une matière première pour l’élaboration de divers produits pour les secteurs agroalimentaires. La réalisation actuelle de confitures, sirops et pâtes de dattes peut être améliorée à travers l’association avec des fruits qui apportent textures et aromes qui rendent ces produits familiers et mieux appréciés par le consommateur marocain. Les produits élaborés peuvent également cibler les industries de biscuiterie, pâtisserie et de confiserie comme matière première, sans oublier les «mahlabates» comme moyen de commercialisation du produit dans les grandes villes.

■ Cosmétique
Actuellement, le secteur cosmétique s’intéresse principalement aux extraits de plantes riches en polyphénols et antioxydants. A l’instar de l’argan, les dattes et les noyaux, par leurs compositions biochimiques et leurs activités biologiques, se présentent comme un matériel de choix pour le secteur de la cosmétique. On trouve énormément de formulation à base d’amande, de coco, d’avocat, et la datte a toute sa place dans ce secteur.

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■ Aliments pour le bétail
Les régions oasiennes sont des régions d’élevage par excellence (ovins, bovin, camelin et caprin) et dépendent énormément des importations d’aliments composés d’orge et de paille des autres régions du Maroc. La création d’une unité de fabrication d’aliment complet pour bétail pourrait mieux valoriser les déchets de dattes et les noyaux qui résultent de la transformation des dattes, en leur associant les éléments nutritifs qui manquent. Ainsi, les déchets sont optimisés sous forme d’aliments pour bétail avec un meilleur broyage et un meilleur équilibre nutritif.

■ Compost
Au niveau des palmeraies traditionnelles, beaucoup de palmiers dattiers ne sont plus entretenus et les palmes ne sont plus enlevées, ce qui constitue un foyer pour les maladies et parasites. De plus, au niveau des parcelles modernes, l’utilisation du compost est en train de remplacer le fumier traditionnel générant un coût élevé. La création d’une activité de compostage utilisant les palmes permettra l’obtention d’un produit à moindre coût, incitera au nettoyage des touffes et permettra la diminution de la charge du fusarium (Bayoud) lors du compostage.

■ Support pour les cultures hydroponiques sous serre
Le grand développement de l’agriculture sous serre et hors sol que connaît le Maroc a induit une importante importation de fibre de cocotier qui est utilisé comme support. Les fibres de palmier associées avec les palmes traitées peuvent servir de remplacement aux fibres de noix de coco importées. Disponible et moins cher, la palme locale peut fournir tout le Maroc.

■ Alternative au plastique
Avec la nouvelle approche de limitation des produits en plastique, la demande sur les produits artisanaux à base de fibre de cellulose devrait encourager le retour vers l’utilisation des palmes. D’autant plus que les restrictions sur l’utilisation des plantes de Doum et d’Alfa, ainsi que la raréfaction de la plante aquatique dite «Smer», trois principales plantes utilisées dans l’artisanat, les palmes ont un bel avenir dans ce secteur. En outre, la molécule de cellulose qui constitue la palme a des propriétés intéressantes pour l’industrie de BTP en tant que substitut au plastique et matière isolante.

De notre correspondante permanente, Sabrina BELHOUARI

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