Economie

Accident de Bouknadel: Grande traque aux origines du drame

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5374 Le 18/10/2018 | Partager
En attendant les résultats de l’enquête, plusieurs hypothèses avancées
Une étude stratégique sur la maintenance a été réalisée en 2017
L’axe Casa-Kénitra fait l’objet d’un programme de modernisation des installations
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Parmi les principales hypothèses: un problème au niveau des rails à l’entrée de Bouknadel. Les conclusions de l’enquête du procureur du Roi et de la Gendarmerie royale devront donner les véritables causes (Ph. Bziouat)

Un bilan provisoire lourd! La tragédie de déraillement du train navette (TNR) reliant Casa-Port à Kénitra, au niveau de Bouknadel, a fait au moins 7 morts et 125 blessés dont 7 dans un état grave. Les blessés ont tous été transportés à l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat.

Pour l’heure, les raisons de ce drame sont encore inconnues. Le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour élucider les causes et circonstances du déraillement du TNR 9. Les services de la Gendarmerie royale ont également été mobilisés.

Les enquêteurs procèdent à l’audition des témoins et de toutes les personnes concernées par la supervision du voyage. «Toutes les investigations techniques appropriées seront menées en vue d’établir les responsabilités légales», selon le Procureur général. En attendant les résultats de l’enquête, plusieurs hypothèses sont évoquées pour expliquer les raisons de ce drame.

Parmi les principales: un problème au niveau des rails à l’entrée de Bouknadel. Plusieurs «navettistes» avaient témoigné, juste après l’incident, sur des secousses importantes ressenties lors du passage du train précédent sur cette zone.

Les responsables de la gare de Kénitra auraient été alertés par les passagers quelques heures avant le drame. Nous n’avons pas pu vérifier ces informations auprès de l’ONCF. Le dernier rapport d’activité du groupe, présenté lors du dernier conseil d’administration, a mis en avant plusieurs mesures prises dans ce sens dès 2012.

A cette date, un projet portant sur l’axe Casa-Kénitra a été lancé, portant notamment sur la construction d’une 3e voie, mais également sur la modernisation des installations existantes, à savoir les 2 voie et le tunnel de Rabat-ville. Le même document précise qu’au terme de l’année dernière, «les opérations d’entretien ont porté sur un linéaire représentant 2,5% de la longueur totale du réseau national».

Ces mesures ont concerné le renouvellement de 80 km de la voie, le dégarnissage mécanique de 120 km, le meulage mécanique de 80 km. Ces opérations se sont accompagnées par la maintenance et la réhabilitation des installations de signalisation et de télécommunications à travers le réseau. Sur ce dernier point, l’une des hypothèses avancées pour expliquer le déraillement du TNR, serait liée à une défaillance au niveau du système d’aiguillage.

Dans son dernier rapport d’activité, l’ONCF fait état du «déploiement d’un nouveau système de signalisation permettant de télécommander les installations techniques de l’ensemble des gares de Tanger à Casablanca, à partir du poste de commande centralisé à Rabat».

La défaillance du matériel roulant est également pointée du doigt. Là encore, la qualité et la rigueur de l’entretien des équipements opérationnels sont posées. L’ONCF a procédé en 2017 à la «rénovation de 18 voitures à voyageurs, soit un cumul de 194, dans le cadre d’une opération qui concerne 205 voitures».

Un contrat a été signé avec le constructeur français Alstom pour la production de 30 unités électriques. Celles-ci «seront conçues selon des caractéristiques et spécificités ultramodernes: électronique embarquée, assistance à la conduite, redondance du système de contrôle et de sécurité…».

Les derniers incidents ferroviaires

  • 16 octobre 2018: Déraillement du TNR reliant Casablanca à Kénitra au niveau de Bouknadel
  • 17 février 2018 : Collision entre un train de marchandises et un véhicule de transport de personnel
  • 13 janvier 2018: Un train percute un heurtoir de sécurité au niveau de la gare Casa-Port
  • 27 août 2014: Déraillement du train reliant Casablanca et Fès au niveau de Zenata
  • 28 septembre 1993: Collision entre un train de voyageurs et un autre de marchandises

Mobilisation citoyenne

Depuis l’annonce du drame de Bouknadel, les Marocains ont fait preuve d’un véritable sens de civisme et un élan de solidarité. Dès les premières minutes suivant le déraillement, plusieurs volontaires parmi les populations locales se sont mobilisés pour venir en aide aux blessés, selon des témoins sur place. Quelques heures plus tard, les centres de transfusion sanguine ont connu une affluence record de bénévoles venus faire don de sang au profit des blessés. Cette mobilisation est, néanmoins, aux antipodes de certaines pratiques malsaines, comme celle de certains chauffeurs de taxis, ayant profité de la suspension de la liaison ferroviaire entre Rabat et Kénitra pour doubler leurs tarifs. Plus scandaleux encore, ces témoignages de victimes dépouillées de leurs effets sur les lieux du drame.

Le trafic rétabli... partiellement

Après plusieurs heures de suspension, le trafic ferroviaire entre Rabat et Kenitra a été rétabli partiellement, hier à midi. «Les wagons du train qui a déraillé au niveau de Bouknadel ont tous été relevés et une première voie libérée, permettant de rétablir partiellement le trafic ferroviaire entre Salé et Kénitra»...

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