Analyse

Les premières ondes de choc à Rabat-Salé-Kénitra

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5363 Le 03/10/2018 | Partager
Trois présidents appartenant au PJD sont visés
Ils dirigent les communes de Sidi Slimane, Sidi Yahya et celle de Benmansour

L’article 70 de la loi organique 113-14 peut faire détrôner certains présidents de communes de la région Rabat-Salé-Kénitra. Mais le lancement de la procédure a déjà suscité des conflits ainsi que la résistance de la part de certains présidents.

La tension a atteint un niveau élevé dans la commune de Sidi Slimane dirigée par Mohamed Hafiani du PJD. Sa démission est réclamée par un groupe de conseillers conduit par l’adjoint du maire, Hicham Hamdani du Mouvement populaire. Un avant-goût de l’atmosphère qui va marquer la session d’octobre a été déjà donné lors de la session extraordinaire du conseil tenue le 14 septembre dernier.

Les travaux de cette réunion ont été fortement perturbés suite à une bagarre à coups de poing entre le président et son adjoint. En se considérant victime, chacun d’eux à déposé une plainte auprès des autorités. Cette commune connaît des problèmes depuis l’élection du président qui ne dispose pas d’une majorité stable avec seulement 7 élus du PJD sur un total de 35 membres du conseil, indique une source proche du dossier.

Bien que le groupe conduit par Hamdani ait pu mobiliser les 2/3 des élus pour inscrire la démission du maire à l’ordre du jour de la session prévue le 7 octobre prochain, le président reste confiant quant à sa «pérennité». Car s’il refuse de présenter sa démission, il serait difficile pour ses opposants de mobiliser les 3/4 des membres du conseil pour approuver une délibération portant sur la démission du président.

Une requête dans ce sens sera envoyée au gouverneur pour saisir le tribunal administratif compétent pour statuer sur la révocation du président. A Sidi Slimane, une tentative de déstabilisation du président de la commune de Sidi Yahya du PJD n’a, de son côté, pas abouti. Si le président de Sidi Slimane a accepté de jouer le jeu en inscrivant sa démission à l’ordre du jour de la session d’octobre, d’autres affichent une résistance.

C’est le cas du président de la commune rurale Benmansour dans la région du Gharb. Une opération de déstabilisation est conduite par Mohamed El Gharass, secrétaire d’Etat, chargé de la Formation professionnelle qui est également élu de cette commune rurale. Selon ce dernier, le président de la commune a refusé d’inscrire à l’ordre du jour une requête signée par la quasi-majorité des élus (27 sur 29) lui demandant de présenter sa démission.

«Au niveau de la forme, la procédure de la requête pose problème. De plus, il n’y a pas de reproches avancés pour justifier ma démission», argumente le président de la commune. «Un courrier vient de lui être adressé par le gouverneur en lui demandant d’inscrire notre requête à l’ordre du jour de la session d’octobre», indique El Gharass.

Pour ce dernier, le président actuel ne dispose pas d’une vision pour mieux valoriser les richesses de la commune au profit de son développement et ses habitants. 

Signalons par ailleurs qu’il y a des cas, mais rares, où le président se plie à la décision de la majorité des élus du conseil en présentant sa démission même avant la tenue de la session d’octobre. C’est le cas du président de la commune rurale Marchouch, région de Rommani.

Aubaine

Les élections des membres de bureau du conseil des collectivités territoriales et leur président représentent souvent une aubaine pour les élus. Ces derniers profitent de ces moments pour réclamer des privilèges en contrepartie de leur soutien à l’un des concurrents pour le poste de président. Alors que le sort des habitants et le développement de la commune sont compétemment ignorés dans ces moments.

 

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