Economie

Colloque des finances publiques: «Le ciblage n’est pas suffisant»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5356 Le 24/09/2018 | Partager
Il doit être accompagné d’indicateurs pour mesurer l’impact sur les citoyens
Le modèle économique actuel, dépassé, génère plus d’inégalités
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Pour Taoufik Mouline, directeur général de l’Ires, ici en compagnie de Noureddine Bensouda et de Michel Bouvier, le chantier de la justice sociale doit donner la priorité à l’enseignement, afin de favoriser la valorisation du capital humain et sa préparation aux nouveaux défis liés aux transformations en cours (Ph. Bziouat)

Dans un contexte où l’injustice sociale continue de s’amplifier, l’intervention de l’Etat doit se baser sur une approche multidimensionnelle. C’est l’une des principales conclusions du panel dédié à l’avenir de la justice sociale, dans le cadre du colloque des finances publiques, organisé par la TGR vendredi et samedi derniers.

A commencer par la refonte du modèle économique. Actuellement, «la stimulation de la croissance par la demande déséquilibre davantage la balance commerciale. Socialement, elle génère également plus d’inégalités», selon Taoufik Mouline, directeur général de l’Institut royal des études stratégiques (Ires). Il a présenté une série de propositions élaborées par l’Institut qu’il dirige, pour inverser la tendance. Au même moment où le gouvernement se penche sur l’élaboration du registre social unifié, Mouline a considéré que «le ciblage n’est pas suffisant. Il faut qu’il soit accompagné d’une série d’indicateurs».

L’objectif est de mesurer l’impact sur la population, en termes de résorption de la pauvreté, du nombre d’enfants scolarisés… Pour le directeur de l’Ires, l’éducation doit être la priorité pour favoriser l’atténuation des inégalités. L’idée est de privilégier la valorisation du capital humain. Ceci est d’autant plus important que le Maroc est appelé à faire face à une série d’enjeux. Il s’agit notamment de «la redéfinition du concept de travail, de la fuite des cerveaux…».

Dans son combat contre les inégalités sociales, le Maroc mise sur l’appui international, notamment de l’UE ou des agences de l’ONU. L’appui européen en cours aux programmes liés à la justice sociale s’élève actuellement à 1,1 milliard d’euros, comme l’a souligné Francis Lemoine, chargé de programmes à la délégation de l’UE à Rabat. Il s’agit essentiellement de projets portant sur la protection sociale, la couverture médicale de base ou encore le développement territorial.

Pour Noureddine Bensouda, trésorier général du Royaume, le Maroc a besoin d’un appui budgétaire supplémentaire de l’UE et d’un accompagnement dans l’implémentation de la réforme des finances publiques parallèlement à celle des finances locales.

 

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