International

Etat de l'Union/Parlement européen: Un discours plein de leçons

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5349 Le 13/09/2018 | Partager
La politique étrangère à la majorité qualifiée
Une nouvelle alliance entre l'UE et le continent africain

Lors de son dernier discours sur l'état de l'Union devant les eurodéputés à Strasbourg (le 12 septembre 2018), le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a plaidé pour que l'UE renforce sa politique sur la scène internationale. Car, il estime que «le contexte est devenu plus imprévisible avec un président américain Donald Trump qui prêche le protectionnisme et n'hésite pas à se retirer d'accords internationaux».

«Une Europe est plus forte quand elle est unie»: le message est adressé aussi aux eurosceptiques et nationalistes, plusieurs fois visés par Juncker dans son discours. Ce dernier a proposé que certaines décisions de politique étrangère puissent se prendre à la majorité qualifiée et non plus à l'unanimité, pour éviter qu'un seul pays puisse faire blocage.

La fiscalité est un domaine prioritaire. Il souhaite aussi renforcer le rôle international de l'euro: «C’est aberrant de payer des avions européens en dollars, ou de payer dans la monnaie américaine plus de 80% de ses importations d'énergie alors que seulement 2% viennent des Etats-Unis ...».

Au moment où les mouvements populistes s'emparent de la question de la migration dans leurs campagnes électorales, le Luxembourgeois a redit son opposition au rétablissement des contrôles aux frontières intérieures. Mais bien conscient des limites de la réglementation européenne actuelle, il a dévoilé de nouvelles propositions. Parmi elles, le déploiement de 10.000 garde-frontières d'ici 2020 pour faire de l'Agence européenne qui les chapeaute une véritable «police des frontières extérieures».

A la recherche de solutions innovantes sur un dossier qui divise l'UE depuis la crise migratoire de 2015, la Commission propose de bâtir «une nouvelle alliance» entre l'UE et le continent africain. Un partenariat au-delà des aides au développement pour accélérer les investissements et la création d'emplois en Afrique (10 millions d'emplois dans les cinq prochaines années). L’autre idée est de faire évoluer les nombreux accords commerciaux entre les pays africains et l'UE vers un accord de libre échange de continent à continent.

Les nouveaux défis sécuritaires identifiés par la Commission la poussent aussi à agir en matière de lutte contre le terrorisme ou encore de protection des données privées.

A huit mois des élections, Bruxelles lance également des initiatives pour se prémunir des menaces de désinformation ou de manipulations, qui ont pesé sur d'autres scrutins majeurs dans le monde.

D’autres préoccupations

Avant le scrutin prévu du 23 au 26 mai, Jean-Claude Juncker a enjoint les eurodéputés à concrétiser les propositions de la Commission sur des thèmes proches de leurs préoccupations. Et la liste est bien longue: «le Brexit, la taxation des géants de l'internet dans le pays où ils réalisent des bénéfices, l'interdiction des plastiques à usage unique, ou encore la fin du changement d'heure… ».
Le président de la Commission européenne a aussi appelé les deux législateurs, le Parlement et le Conseil, à trouver un accord de principe sur le budget de l'UE après 2020. Et ce, avant la pause de plusieurs mois qui entourent les élections européennes, de la campagne à la composition d'une nouvelle Commission.

 

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