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    Tribune

    Le monde n’est-il pas fou?

    Par Gabriel BANON | Edition N°:5341 Le 31/08/2018 | Partager

    Gabriel BANON, ingénieur civil, économiste et expert en géopolitique, a développé une double carrière, en politique et en tant que patron d’entreprises industrielles. Conseiller économique de différents chefs d’Etat, il fut appelé dès le début du processus de paix au Moyen-Orient auprès du président Yasser Arafat (1994-2004). Chroniqueur  sur Atlantic Radio, conférencier, consultant international, il a été élu, «Géopoliticien de l’année 2003», par un panel de journalistes spécialisés à Genève. Gabriel Banon a publié 6 livres. Le 7e un manuel de géopolitique vient juste de sortir  (Ph. L’Economiste)

    Apparemment, le monde est fou et l’économie américaine en profite outrageusement. C’est la conclusion qu’on peut tirer d’une analyse un peu fine de certains rouages de l’économie mondiale.

    Les Japonais sont connus pour être les champions de l’épargne. Ils dépensent peu et ont un excédent annuel de leur balance commerciale de plus de 100 milliards de dollars, soit, pour se faire une idée,  mille milliards de DH, ce qui donne à peu près autant d’épargne au Japon qu’il y a de PIB au Maroc…

    Déficit… positif!

    Et pourtant l’économie japonaise est considérée fragile et en danger.  Les Américains dépensent et épargnent peu. Leur balance commerciale est déficitaire  face à leurs principaux partenaires économiques. Et pourtant leur économie est jugée positivement par tous les organismes spécialisés et prévue d’être encore plus forte. Mais où  les Etats-Unis trouvent-ils cet argent qu’ils dépensent presque sans compter?

    Ils empruntent du Japon, de Chine et même de l’Inde. Ces pays ont des balances commerciales largement positives. Avec leurs excédents, achètent des bonds du Trésor américain. L’argent non dépensé se retrouve aux Etats-Unis, finançant une économie basée sur le crédit et la consommation.  C’est ainsi que Washington a pompé plus de 5 trillions de dollars à l’épargne mondiale.

    usa_economie_041.jpg

    L’économie mondiale est prisonnière du jeu. Elle doit soutenir la consommation des ménages américains,  car les consommateurs américains, même surendettés, achètentet font ainsi «tourner la machine». C’est le cercle infernal, non vertueux, plein de paradoxes, mais qui permet d’assurer le fonctionnement du système.

    Mise en orbite hégémonique

    Mais pourquoi toutes les économies du monde tournent en orbite autour de l’Amérique? Le secret semble être dans la capacité des Etats-Unis à dépenser. Ils utilisent leurs cartes de crédit pour dépenser leurs futurs revenus. Le monde dépend de la consommation américaine pour tirer son développement.

    Il faut croire que le développement d’une nation est la consommation et non l’épargne. L’Amérique nous le démontre chaque jour, mais l’exemple américain est-il exportable? Oui, si on est une des grandes puissances militaires du monde. Mais c’est un rêve totalement hors deportée de pays comme le Maroc, qui peuvent s’écarter de l’orthodoxie financière sous peine d’être rayés de la carte.

    deficit_usa_041.jpg

    Il faut être hégémonique et craint, pour pouvoir battre les records des plus grands déficits.On peut alors être endetté jusqu’à la troisième génération: tout le monde continuera à prêter. Si le cercle se rompt, c’est l’explosion du système et le naufrage du système bancaire mondial.

    La dernière crise financière paraîtra comme un incident de parcours, sans plus. Si les pays comme la Chine et le Japon s’arrêtaient d’acheter les bons du Trésor américain, c’est plus de 43 milliards de dollars de biens et de services qui se retrouveront sans débouchés.

    L’économie mondiale à l’orthodoxie absente est pleine de paradoxes.

    Non-sens world!

    Aujourd’hui, pour maintenir l’activité américaine en l’état, le reste monde lui fournit 2 milliards de dollars par jour. Contre les idées reçues, la réalité: la Chine investit aux Etats-Unis 50% de plus que les Etats-Unis n’investissent en Chine. En Inde, c’est le même scénario: les investissements indous en Amérique dépassent de 20 milliards ceux des Américains en Inde.

    Les USA ont depuis des décennies, importé des biens et des services fabriqués à l’étranger qu’ils payent avec de la dette libellée en dollar. Pour que les usines du monde continuent à tourner, il faut que les étrangers acceptent de stocker des bons du Trésor US à raison d’un minimum de 500 milliards par an.

     

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