Culture

Maison de la photographie: Le retour d’ascenseur de Touhami Ennadre

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5336 Le 17/08/2018 | Partager
Le centre verra le jour dans la médina de Casablanca
Un projet soutenu par le Souverain
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L’artiste photographe Touhami Ennadre et son compère l’architecte japonais Tadao Ando, qui a conçu les plans de la Maison de la Photographie (Ph. TE)

C’est tout un centre d’exposition, de formation et de découverte de la photographie que se propose de mettre en place l’artiste photographe Touhami Ennadre. Pour ce casablancais, qui a arpenté le monde pendant plusieurs décennies, ce projet est  une occasion de rendre hommage à sa ville natale et à la médina qui l’a façonné. 

«La médina m’a façonné et préparé à devenir photographe. Elle m’a appris à voir et à illuminer ce que j’avais sous les yeux. Ici, se situe l’origine plastique de ma démarche. Ça a été ma première chambre noire. Il fallait toujours anticiper et s’approcher au plus près des choses, faire corps avec l’événement du moment. J’ai toujours  ressenti que la rue de Tnaker avait des droits sur moi.  A la ville qui m’a vu naître, je souhaite donner mon matériel et mes quarante années d’archives photographiques», annonce l’artiste qui a acquis une renommée internationale. 

La maison de la photographie s’adresse particulièrement aux jeunes démunis. Des jeunes, livrés à eux-mêmes, comme Ennadre a pu l’être durant son enfance dans la vieille ville. L’artiste autodidacte, veut faire de son centre une école inédite, non diplomante, mais formant les jeunes à «un métier, la passion d’apprendre et l’amour de l’art en plus».

Le photographe rappelle par la même occasion que parmi nombre de pionniers comme Eugène Atget, père de la photographie moderne, ou Alfred Stieglitz qui éleva au rang d’art la photographie, aux stars du papier glacé, Irving Penn, Richard Avedon, David Bailey  ou encore les incontournables, Henri Cartier-Bresson, André Kertész, … qui marquèrent tous la photographie contemporaine, aucun n’a de diplôme.

Le projet de Maison de la Photographie est inscrit au Plan de réhabilitation et de mise à niveau de l’ancienne médina. Le 1er Avril 2014, sa signature en présence du Roi  Mohammed VI donnait à Touhami Ennadre l’occasion de présenter en personne le projet au souverain qui l’accueillait alors avec un intérêt tout particulier et l’encourageait vivement à poursuivre son projet.

Autre rencontre décisive pour le futur centre, celle avec l’architecte japonais Tadao Ando à Osaka.  Après de nombreux échanges, l’architecte parmi les plus grands au monde, enthousiasmé par le projet, en fera la conception.  Le  rez-de-chaussée sera  dédié aux activités culturelles et artistiques ouvertes au public, à l’accueil et au merchandising: salles d’exposition de 600m2 dont 200m2d’expositions temporaires en accès libre.

Auditorium, aire d’accueil, coin café et boutique de souvenirs–librairie compléteront cet espace. Les expositions temporaires seront programmées en lien avec les cycles de formation et les artistes d’envergure en résidence qui y interviennent ou inspirées par les thèmes abordés dans les séminaires.

Dans les salles d’exposition permanente, les œuvres de Touhami Ennadre sont plongées dans le noir. Seuls les éclairent des rais de lumière venus du sol et du plafond. Le premier étage est  réservé à la formation: trois salles polyvalentes de 40m2, deux salles d’enseignement technologique de 30m2, un studio de prises de vue modulable de 100m2, une salle de traitement digital de 70m2.

L’étage est complété par un laboratoire argentique divisé en deux parties, une partie au noir, une partie au jour pour l’examen des tirages argentiques noir et blanc, de 70m2. Un second étage est également prévu dans le plan. Il sera consacré aux salles de documentation ouvertes à tous, étudiants et public,  aux ateliers privés, réservés aux artistes en résidence, ainsi qu’à un restaurant ouvert sur la terrasse.

 

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