Analyse

Domaine forestier: Reboisement, études, politiques publiques… le turbo est enclenché

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5334 Le 15/08/2018 | Partager
Gestion durable des forêts: passage obligé de la sécurité alimentaire
La qualité des sols: première source de vulnérabilité du milieu naturel
Le taux de reboisement de 8% en deçà du seuil nécessaire compris entre 15% et 20%
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Nécessaire à l’équilibre écologique et environnemental, le reboisement, dont le taux au Maroc est de 8%, est encore en deçà du seuil nécessaire compris entre 15% et 20%. Ces actions de reforestation visent essentiellement la restauration des écosystèmes forestiers naturels (Source: H. Ouajbir)

Le Maroc fait partie des 25 pays à avoir inversé la tendance de dégradation de leurs écosystèmes forestiers. Pourtant, encore beaucoup de travail reste à faire. Le couvert forestier national s’étend sur plus de 9 millions d’hectares, soit 12,7 % du territoire national.

Quant au taux de reboisement, il est de 8%, alors que le seuil nécessaire à l’équilibre écologique et environnemental est compris entre 15% et 20%. Ces actions de reforestation visent essentiellement la restauration des écosystèmes forestiers naturels.

C’est là l’un des champs d’actions majeurs du Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD). Le turbo a bel et bien été enclenché puisque la cadence de reboisement ne dépassait pas les 10.000 hectares par an dans les années 80.

A l’horizon 2024, année butoir de la stratégie nationale pour la préservation, le développement des écosystèmes forestiers et la lutte contre la désertification, il s’agira d’atteindre 60.000 hectares annuellement. Sachant que les espèces sont essentiellement autochtones, choisies pour leur qualité d’adaptation, telles que le cèdre, le chêne liège, l’arganier, le thuya, le cyprès de l’Atlas et le caroubier.

Les forêts jouent un rôle essentiel dans le cycle de l’eau, la conservation des sols, le piégeage du carbone et la protection des habitats, y compris ceux des pollinisateurs. Le Maroc fait partie de ces pays où la conservation des eaux et des sols est le principal objectif de la gestion des forêts.

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Selon le premier Inventaire Forestier National, réalisé entre 1990 et 2005, qui offre une base de données cartographiques et numériques fiables et importantes sur la répartition géographique, la consistance et l’état général des ressources forestières, le Maroc possède un domaine forestier de 9.037.714 ha, soit un taux de couvert de 12,7 % du territoire national. Les essences feuillues représentant 42% du domaine, suivies des nappes alfatières, une graminée textile vivace

Car la première source de vulnérabilité du milieu naturel est représentée par la qualité des sols du territoire national, caractérisés souvent par leur situation en zones de pentes, leur faible profondeur et leur faible teneur en matière organique, donc leur relative faiblesse à permettre de maintenir une biomasse et une biodiversité abondante, riche et bien portante.

La fragmentation, la dégradation et la perte des habitats, la pollution, la mauvaise gestion de l’eau, les espèces envahissantes et la surexploitation sont, avec le changement climatique, les principales causes de la perte de biodiversité. Et ça va encore chauffer! Entre 2°C à 4°C de réchauffement probable au Maghreb tout au long du 21e siècle.

Le Rapport du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, met en évidence le risque de sécheresses plus longues et plus sévères. En effet, la température moyenne devrait augmenter de 2,5°C à 5,5°C, avec un sérieux pic pendant les mois d’été. Plus de journées chaudes et moins de journées fraîches, pendant que les précipitations devraient diminuer d’environ 20%. Une épée de Damoclès sur les forêts.

Etat des forêts dans le monde

Le dernier rapport de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, parle d’une diminution de la superficie forestière mondiale de 129 millions d’hectares entre 1990 et 2015, soit 3,1%. Pourtant dans les années 90, la perte forestière nette était en moyenne de 7,3 millions d’hectares par an pour arriver à 3,3 millions d’hectares entre 2010 et 2015. Un ralentissement certes, mais une déforestation qui reste encore et toujours plus que préoccupante.
Entre 2000 et 2010, la plus grande perte nette de superficie forestière, tout comme le plus grand gain net de superficie agricole, ont été constatés dans les pays à faible revenu. La perte nette de forêt étant relative à l’accroissement des populations rurales.

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