Economie

Résultats du bac: Du jamais vu!

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5317 Le 18/07/2018 | Partager
Un taux de réussite de 71,91%, dont 40% avec mention
Les candidats du parcours international du bac marocain brillent toujours
Une marche contre les conditions d’accès aux écoles nationales le 6 août prochain
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Ils ne sont pas moins de 238.550 lycée à avoir été admis à l’examen du bac. Une belle prouesse, car ils sont près 72% à réussir cette année, contre 53,14% il y a cinq ans. Ce taux a grimpé de plus de 27 points en 10 ans! 

C’est un record! Jamais le Maroc n’a connu un taux aussi élevé de réussite au bac.  Cette année plus de 7 lycéens sur 10 ont décroché le précieux sésame (71,91%), soit 238.550 bacheliers, dont 51.357 l’ayant obtenu en session de rattrapage (45,35%). 
Selon les résultats publiés hier, mardi 17 juillet, ce taux a progressé de 6,71 points par rapport à l’année précédente (65,20%). En termes de genre, le niveau de réussite des filles reste, comme chaque année, le plus dominant (53,73%). Par ailleurs, ils sont 95.124 bacheliers à avoir obtenu les mentions «Assez-bien, Bien et Très bien», cette année, soit 40% des candidats. Une véritable prouesse!
A l’issue de cette session de rattrapage, ce sont les bacheliers du parcours international du bac marocain qui raflent la mise. Plus de 9 candidats sur 10 ont réussi leur examen (97,82%). Cette filière introduite en 2013-2014, à titre expérimental dans six lycées au Maroc, a depuis sa création drainé les plus hauts scores de réussite. Aujourd’hui, quelque 300 lycées publics dans toutes les régions du Royaume proposent ce parcours, et 290 dans le secteur privé. 
La branche scientifique, sportif et technique affiche, elle aussi, une belle performance, avec 152.944 réussites, soit 72,69%. Elle est suivie de la filière littéraire et originelle qui a atteint 70,89% d’admis. Pour ce qui est du bac professionnel, plus de la moitié des candidats ont été reçus (2.128). Les candidats libres, quant à eux, n’ont pas particulièrement brillé cette année. Seuls 37,49% d’entre eux ont obtenu leur diplôme, soit 21.242 bacheliers. Avec une star tout de même: Lahcen Chakiri. Nouvelle coqueluche des réseaux sociaux, il est désormais le doyen de cette promotion. Il a obtenu son bac option lettres à l’âge de 69 ans, avec une note de 11,26 en session de rattrapage.
Les élèves en situation de handicap font mieux. Sur les 172 candidats, 86,62% ont réussi. Ces jeunes à besoins spécifiques ont bénéficié de l’adaptation des tests, de l’assistance d’un accompagnateur, et d’une prolongation du temps des épreuves, du tiers de la durée qui leur est réservée. 
2018 est finalement une année d’exception. Mais la question récurrente est: où va-t-on insérer tous ces jeunes bacheliers? Les conditions d’accès aux grandes écoles nationales sont de plus en plus difficiles. Même avec des moyennes 16 et 17, les jeunes n’arrivent plus à décrocher la timbale. «A quoi nous servent donc nos mentions Bien et Très-bien», s’insurgent des jeunes bacheliers. Ils ont travaillé dur pour atteindre ces établissements, et se retrouvent, au final, face à des seuils d’accès de plus en plus élevés ne leur permettant même pas de passer le concours d’admission. Ces jeunes finissent par se rabattre sur les facultés publiques déjà bondées et souffrant d’un manque patent d’encadrement. Seule une minorité de privilégiés pourront poursuivre leurs études à l’étranger ou dans des écoles privées au Maroc, qui restent extrêmement onéreuses pour la classe moyenne. Aussi, des jeunes bacheliers ont prévu de sortir manifester le 6 août prochain contre l’inflation des moyennes exigées ces dernières années.


Les cas de triche en baisse

Encore une bonne nouvelle cette année. Les cas de triche épinglés ont diminué de 10,69%. Ce sont quelque 2.740 bacheliers qui ont été pris en flagrant délit lors de la session normale et de rattrapage, contre 3.068 en 2017. Après que le ministère de l’Education nationale ait  instauré des mesures draconiennes en septembre 2016, les candidats sont de moins en moins tentés par la fraude. Il faut dire qu’ils risquent gros. Selon la loi 02.13, les sanctions vont de zéro dans la matière où ils trichent, ou sur l’ensemble des disciplines, jusqu’à une exclusion de deux ans. 
Les sanctions sont beaucoup plus sévères à l’encontre des usurpateurs d’identité, ou en cas d’utilisation de faux documents ou encore de fuite des sujets d’examen. Ceux-là s’exposent à 6 mois jusqu’à 5 ans de prison, et une amende de 5.000 jusqu’à 100.000 DH. Ces mesures ont vite fait de dissuader les fraudeurs. Entre 2016 et 2017, les cas de triche ont baissé de moitié (51%), passant de 6.274 cas en 2016 à 3.068 en 2017.

 

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