Culture

Roman de l’été/Rhapsodies de Tanit la captive: Le temps de l’inquisition!

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5316 Le 17/07/2018 | Partager
Le 1er épisode à partir de ce mercredi 18 juillet
Le combat d’une femme libre dans une société misogyne
Premier roman du président de l’IRCAM
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Comme à l’accoutumée, L’Economiste vous propose de suivre sur ses colonnes un roman durant l’été, découpé sur plusieurs épisodes. Nos lecteurs pourront plonger dans le combat quotidien de Tanit,  jeune femme moderne, dont les aspirations déplaisent aux bigots, aux ultra-conservateurs et autres gardiens de la foi. 
Femme libérée, instruite et engagée, Tanit, dont le nom  amazigh évoque une certaine déesse-mère, aspire tout simplement à être heureuse avec son compagnon, à assouvir sa passion pour la musique et surtout à aider les autres femmes qui subissent la domination masculine. Tanit veut tout simplement vivre en harmonie avec son temps et ses valeurs. Haram! Haram! s’écrient les zélotes à l’unisson. Mue par l’énergie du désespoir, elle participe, auprès d’autres victimes de la violence de genre, à des actions de protestation pour que la loi soit au diapason avec le droit du temps présent, pour que changent la culture et les mentalités, et que le glaive de la justice soit sans merci… Les hordes d’inquisiteurs qui tentent d’inverser le cours de l’Histoire harcèlent Tanit, la poursuivent au pays et à l’étranger, la surveillent à l’université, la menacent dans sa vie privée, l’intimident dans sa vie citoyenne, la déclarent captive à disposition et finissent par organiser le viol de l’impie… Professeur universitaire et actrice de la société civile Tanit, continuera son combat et se démènera dans les contrées les plus reculées pour initier les femmes à un minimum de dignité. 
Le roman est un fragment de la vie de Tanit. Il se  déroule en périodes tantôt embaumées de l’arôme enivrant du basilic et tantôt imprégnées de la saveur amère du laurier, en suivant le douloureux cheminement de l’héroïne vers la délivrance de l’emprise des zélotes qui harcèlent, intimident, menacent et agressent les êtres épris de liberté… Saura-t-elle trouver la paix auprès des autres? Ceux qui se prétendent modernes et progressistes? Pas si sûr,  à la plage où elle ira se rafraîchir  en compagnie de Maria son amie d’enfance, elle est accostée, par deux coureurs harcelants. 
Un autre problème relevé, ici. Le harcèlement, un phénomène qui en dit long, selon Tanit, sur la misogynie régnant dans une société rétrograde qui se donne des allures de modernité. Repoussés mille fois mais infatigables à l’excès, les deux mâles les traquent jusqu’à la baignade. Ironie du sort, Tanit et Maria sont sauvées par des barbus. «Rhapsodies de Tanit la captive» d’Ahmed Boukous est un roman qui accuse trait par trait une société obtuse et disparate où la tension entre deux camps, moderniste et conservateur, est des plus aiguës. Amplifiée par la volonté affichée  de ces derniers à imposer un ordre moral puritain au Maroc. 
Ahmed Boukous est un sociolinguiste marocain. Il est l’actuel président de l’Institut Royal de la Culture Amazighe. Tout au long de sa longue carrière universitaire, il a dirigé de nombreux mémoires de recherche et de thèses sur la langue amazighe et  publié plusieurs ouvrages, devenus des références dans le domaine de la linguistique au Maroc. «Rhapsodies de Tanit la captive» est son premier roman.

 

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