Tribune

Abus bancaires sur une morte

Par L'Economiste | Edition N°:5315 Le 16/07/2018 | Partager

Ma mère est morte accidentellement à l’étranger, il y a plus de deux ans. J’ai fourni, avant la fin du deuxième mois comme demandé par sa banque, une copie du PV de police, traduit et certifié conforme, l’acte de décès de ma mère dressé par le service diplomatique marocain, en arabe et en français (les deux certifiés conformes aux originaux), un acte adoulaire prouvant que je suis l’unique héritier de ma mère (je l’ai fait traduire en français aussi et certifié conforme pour les deux), un certificat de vie me concernant.  
Au bout d’un an environ, la banque a bien enregistré le tout, a clôturé le compte et m’a remis le reliquat  du montant détenu par feue ma mère, moins une cascade de taxes et frais, sur lesquels je n’ai demandé aucune explication.
Du bon travail, pas très rapide mais bien fait. C’est ce que je croyais.
En réalité, la banque n’avait pas fait son travail.
Il y a deux mois, je vais à l’appartement de ma mère où je n’avais pas eu le courage de retourner. Je trouve des dizaines de relevés bancaires, avec des prélèvements pour la tenue de compte, pour la cotisation de carte bancaire et même de frais de garde pour des valeurs mobilières qui m’avaient pourtant été remises un an et demi plus tôt! 
Je passe sur le choc que j’ai eu en lisant ce courrier adressé à ma chère défunte mère.
Puisqu’il n’y avait plus d’argent sur son compte, la banque l’a mis en débit, débit sur lequel elle a commencé à ajouter des frais et intérêts. La boule-de-neige, le débit grossit chaque mois, toujours au nom de feue ma mère. Donc son compte n’était pas fermé, au contraire.
Je suis allé voir cette banque, où j’ai été reçu par le directeur en personne.
Il m’explique que pour les frais de garde des actions, «il y a peut-être une erreur» (sic!). Il a promis qu’il «allait voir» (re-sic!)
Quant au reste du débit, qui représente une petite somme, il m’a soutenu que c’était une question d’assurance. Et que je devais lui apporter:
- L’original du PV de police de l’accident,  avec une traduction en français certifiée conforme, en deux exemplaires;
- L’acte de décès de ma mère dressé par le service  diplomatique marocain, en arabe et en français, les deux certifiés conformes à l’original, en deux exemplaires de chaque;
- L’acte adoulaire original prouvant que je suis l’unique héritier de ma mère, avec une traduction en français  certifiée conforme, en deux exemplaires chacun;
- Un certificat  prouvant que je suis vivant en deux exemplaires.
En me demandant cela, il feuilletait mon dossier qui contenait exactement les documents qu’il réclamait et que j’avais fourni il y a deux ans. 
Gad El Maleh ou Jamal Debbouze lui auraient demandé comment il faut faire pour avoir deux exemplaires originaux d’une pièce unique.  
Je vous prie de venir vérifier mon histoire et de la publier car c’est un scandale d’abuser d’une morte.

J.B
 

 

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