International

Afrique du Nord: Des idées pour soutenir la croissance

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5313 Le 12/07/2018 | Partager
La valeur ajoutée, un défi pour l’industrie
S’orienter vers des secteurs créateurs d’emplois
Et qu’ils soient qualifiés pour les jeunes
croissance_afrique_nord.jpg
Source: CUA/OCDE 2018
Le marché du travail crée peu d’emplois hautement qualifiés, capables d’insuffler un dynamisme économique. Le chômage atteint 28,8% chez les jeunes (15-24 ans), soit le double de la moyenne mondiale. Seulement 16,6% des jeunes femmes sont actives, contre 46,8% des jeunes hommes. Le quart environ de ces jeunes actifs vit dans la pauvreté

Avec un investissement intérieur volatil et des gains de productivité insuffisants, la croissance s’avère globalement instable en Afrique du Nord. L’emploi et les inégalités restent des défis majeurs, malgré le dynamisme des marchés du travail dans certains pays et le recul des inégalités. Il est nécessaire aussi de garantir un climat de stabilité politique et un cadre réglementaire pour assurer une croissance forte. «Dynamiques du développement en Afrique 2018, croissance, emploi et inégalités», la première édition du rapport économique annuel de la Commission de l’Union Africaine, produite en collaboration avec le Centre de développement de l’OCDE détaille dans un chapitre tous ces facteurs. 
Voici quelques recommandations: 

- Des secteurs créateurs de valeur ajoutée: Le véritable défi est de s’orienter vers ces secteurs permettant d’employer la main-d’œuvre jeune et qualifiée. Cela peut se faire en consolidant le développement du secteur manufacturier et en accroissant l’offre exportable vers les marchés émergents, particulièrement en Afrique. Une telle option peut non seulement ouvrir de nouvelles opportunités de croissance accessibles aux entreprises de taille moyenne, mais aussi réduire la dépendance vis-à-vis des cours des matières premières et du tourisme. Tout en suppléant à l’atonie de la demande chez les partenaires traditionnels. 
Le cas du secteur automobile, avec les plateformes de montage de voitures au Maroc et en Algérie, représente un exemple à suivre dans d’autres secteurs, tels que le matériel électroménager, électronique, le textile et autres. 

- Développer les PPP: L’objectif à moyen terme consiste à mettre en place un secteur industriel réel, non réalisable sans capitaux étrangers. Certes, les Codes des investissements sont déjà favorables aux IDE et la contribution des Etats a été déterminante dans le secteur automobile. Ce dynamisme et cette détermination politique devront favoriser le développement des accords de partenariat public privé (PPP) pour faciliter la création de nouvelles industries ou la délocalisation d’industries étrangères. 
Au Maroc, le Plan d’accélération industrielle 2014-2020 (PAI) a pour objectif de porter à 23% la contribution de l’industrie au PIB du pays d’ici 2020 et de créer 500.000 emplois. L’adoption des stratégies sectorielles aux spécificités des territoires peut créer plus d’emplois de qualité en lien avec les besoins du marché du travail local et national. La réforme de régionalisation au Maroc est un progrès à consolider. 

- Mieux cibler l’emploi des femmes: Des politiques courageuses qui favorisent la flexibilité du marché du travail seront importantes pour l’insertion professionnelle des femmes. Par exemple, il faudrait faciliter l’accès des familles à des services de garde d’enfant à moindre frais en soutenant l’offre de crèches publiques pour permettre aux femmes d’envisager le travail à plein temps comme une activité rentable.
De même, des congés maternité plus longs ont aussi des effets bénéfiques. Actuellement, leur durée dans la plupart des pays d’Afrique du Nord est de 90 jours. La transition démographique étant achevée, un allongement du congé maternité à six mois peut se faire à souhait, assorti d’une réduction du salaire de 20 à 30% sur les trois derniers mois. Il est question aussi d’encourager l’entrepreneuriat des femmes. 

- Accompagner les jeunes: Cela peut se faire à travers la mise en place de pépinières d’entreprises pour des jeunes diplômés de 20 à 30 ans. En effet, les jeunes issus de formations professionnelles et qui le désirent doivent bénéficier d’un accompagnement pour créer une entreprise dans leur domaine de formation. Le rapport préconise aussi la reconversion professionnelle pour les jeunes chômeurs de longue durée. Des formations complémentaires pourront les rendre à nouveau compétitifs sur le marché du travail. Cela suppose un développement initial des filières de formation technique et professionnelle.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc