Politique

La croissance inclusive, le pari de l'Istiqlal

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5309 Le 06/07/2018 | Partager
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Pour Abdellatif Maâzouz, président de l’AEI, «le Parti de l’Istiqlal s’est engagé à trouver le moyen de stimuler une croissance économique qui soit réellement bénéfique aux populations» (Ph. L'Economiste)

 Abdellatif Maâzouz, président de l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI), vient de présenter «le modèle égalitaire pour un développement humain durable du Maroc» aux MRE.

Un projet qui a nécessité 8 mois de réflexion et qui intègre l’éducation, la santé et l’investissement, et vise le développement humain, la dignité du citoyen, la sécurité, l’accélération du développement économique et la préservation des secteurs productifs traditionnels ainsi que le développement des capacités nationales d’investissement. Décryptage
 
- L’Economiste: Vous défendez un modèle égalitaire pour un développement humain durable du Maroc. Que contient réellement ce projet?
- Abdellatif Maâzouz: La question posée aujourd’hui dépasse la dimension strictement économique du modèle de développement, bien qu’elle reste de première importance. Les différentes dimensions du développement sont à prendre en considération par un modèle qui se veut global, comme celui auquel aspire le Royaume pour les prochaines décennies. Un développement à la fois humain, économique et politique, incluant les différentes régions et catégories sociales et dans le respect de l’environnement au profit des générations futures. Son but est d’améliorer la qualité de vie, c’est-à-dire la situation économique de la population, son accès à l’emploi, à l’éducation et à la santé.
 
- Le modèle proposé par l’Istiqlal intègre-t-il ces notions?
- Notre modèle met le développement humain et l’emploi à la tête des priorités des politiques publiques et décisions économiques. Il prend en compte les facteurs sociaux, culturels, éducatifs et de santé. A ceux-ci s’ajoute la nécessité de préserver les ressources naturelles et de protéger l’environnement. Notre projet préconise également la démarche du développement inclusif, au sens large. Celle-ci repose sur le principe du respect des droits humains et met l'accent sur l'égalité des chances et la participation non discriminatoire des personnes, des communautés et des territoires.
 
- Pourquoi se pose-t-on cette question aujourd’hui?
- La crise mondiale de la fin de la dernière décennie a provoqué une profonde réflexion sur la pertinence des modèles adoptés un peu partout dans le monde, y compris dans les pays les moins impactés par cette crise. Elle a remis les projecteurs sur les questions de durabilité du développement, d’inclusivité de la croissance et de la juste répartition de ses fruits. La réalité économique de notre pays et, surtout, les douloureux prolongements sociaux qu’elle peut avoir posent la problématique du développement avec acuité. Il s’agit de trouver comment stimuler une croissance économique qui soit réellement bénéfique aux populations, qui réduise sensiblement les disparités sociales et territoriales, et qui combatte la pauvreté et l’exclusion. Notre parti a chargé une commission d’experts militants qui a préparé un projet qu’elle soumet à débat avant de présenter sa contribution finale à l’élaboration d’un modèle national.
 
- Quelles sont la vision et les finalités du modèle de développement recherché?
- Le modèle de développement proposé repose sur le développement humain, la dignité et la sécurité des Marocains. Ainsi, il s’agit d’accélérer la croissance pour atteindre les 5% puis viser une croissance progressive, durable et résiliente, préserver et moderniser les secteurs d’activité traditionnels, intensifier la diversification de la production et développer les capacités nationales d’investissement. La finalité étant d’attirer davantage d’investissements directs étrangers, intensifier le développement de nos relations avec les pays d’Afrique et promouvoir et valoriser des partenariats stratégiques bien ciblés à travers le Monde. Le rétablissement de la confiance des citoyens envers les institutions publiques, ainsi que le respect des seuils habituellement admis en termes d’équilibre des comptes extérieurs, d’endettement, d’inflation et de déficit budgétaire, ne sont pas en reste. Enfin, notre modèle de développement doit nécessairement reposer sur une gouvernance efficiente, basée sur la capacité de notre pays à définir et à mettre en œuvre ses priorités et ses choix, aussi bien au niveau national que régional.

 

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