Société

Mondial: Les Lions font trembler la Roja

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5302 Le 27/06/2018 | Partager
Malgré l’élimination, les Lions de l’Atlas ont impressionné tous les observateurs
L’arbitrage clairement en défaveur de l’équipe nationale
La mobilisation inconditionnelle des supporters marocains
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M’barek Boussoufa (capitaine du jour de la sélection) contestant avec véhémence  l’une des nombreuses imprécisions de l’arbitre ouzbek Ravshan Irmatov. D’ailleurs, l’arbitrage et le VAR auront coûté la qualification du Maroc au second tour (Ph. Jarfi à Kaliningrad)  

Le Maroc a de quoi nourrir quelques regrets de cette 5e participation à une Coupe du monde de football. Mis à part la défaite contre l’Iran en match d’ouverture davantage due à un manque d’expérience et à quelques erreurs de coaching, l’équipe nationale s’est montrée plus qu’à son avantage face au Portugal en dominant le match de bout en bout étant même toute proche de réaliser l’exploit de 1986 sauf que l’arbitre américain Mark Geiger, faut-il le rappeler, en a décidé autrement (cf. L’Economiste du jeudi 21 juin).

Les Lions de l’Atlas ont ainsi montré aux yeux de tous les observateurs leurs valeurs et leurs qualités de jeu face aux plus grandes nations du football. Ils ont même failli pousser à l’élimination du champion du monde ibérique de 2010 en le dominant au score à deux reprises au cours d’une dernière rencontre, peut-on dire, sans enjeux pour eux.

On pouvait penser, après une élimination, le moins que l’on puisse dire cruelle (par manque de réussite), que les joueurs seraient démotivés, il n’en a rien été. Bien au contraire, ils ont été plus qu’héroïques. Ne pouvant que laisser la domination de jeu à la Roja qui a déployé son fameux jeu du «Tiki Taka» caractérisé par une maîtrise sans faille du ballon, les coéquipiers de M’barek Boussoufa (capitaine d’un soir en l’absence de Mehdi Benatia laissé sur le banc) ont su déjouer les attaques ibériques. Profitant d’un engagement des joueurs de l’équipe d’Espagne, Khalid Boutaïb ouvre le score pour l’équipe nationale après une mésentente au milieu de terrain entre deux joueurs espagnols.

Ce premier but des Lions de l’Atlas à ce Mondial les a carrément transcendés, les poussant même à envisager d’en inscrire d’autres. Ce qui a même failli être le cas à la 25e minute de jeu, toujours avec l’insaisissable Boutaïb qui manque son face à face avec le gardien espagnol.

Avant cela, les champions du monde du premier mondial qui s’est déroulé sur le sol africain étaient revenus au score par le biais d’une combinaison de génie entre Iniesta et Isco. Ce but n’a en rien ébranlé la défense (Saïss-Da Costa) du Maroc qui, en dépit d’un manque de temps de jeu, était bien organisée. Il faut dire que toute l’équipe était bien organisée défensivement suivant les consignes du coach qui à su remobiliser les troupes malgré l’élimination précoce.

A tel point que Nordyn Amrabat, un des joueurs les plus en vue de l’équipe nationale, si ce n’est le plus en vue, a failli inscrire le plus beau but de la Coupe du monde avec une frappe des 30 m qui s’est écrasée sur la barre des cages gardées par David De Gea.

Dans cette euphorie, interviennent les choix des coachs. Contrairement à la rencontre contre l’Iran, les changements d’Hervé Renard se sont avérés probants. L’entrée de Fayçal Fajr et de Youssef En-Nesyri a été bénéfique pour le onze national puisqu’ils seront les deux principaux protagonistes du second but marocain. Un but qui a l’effet d’une douche froide sur les joueurs espagnols qui se sont rués à l’attaque pour éviter une défaite qui aurait pu signifier l’élimination pour eux.

Mais personne n’aurait voulu voir l’Espagne sortir dès le premier tour, encore moins la Fifa. Il n’y a qu’à voir dans quelles conditions le but d’égalisation de la Roja, par Iago Aspas, a été accordé. Ce but controversé qui a nécessité le recours à l’arbitrage vidéo (VAR) n’aurait pas dû être validé. Et pour cause, l’arbitre siffle le corner à gauche que l’Espagne joue rapidement à droite, sans qu’il ne réagisse.

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L’équipe du Maroc a tenu la dragée haute à l’Espagne. Le onze national a montré qu’il avait de la qualité, du courage et de l’abnégation en dépit de son élimination précoce (Ph. Jarfi à Kaliningrad)  

S’ensuit une passe vers l’attaquant en position d’hors jeu qui marque. Ce but initialement invalidé a été accordé après avoir visionné le VAR. Justement, le VAR, parlons-en. Ce système qui était censé solutionner les problèmes liés aux erreurs d’arbitrage s’avère aujourd’hui poser de nombreuses interrogations.

La Fifa a beau vouloir tenter d’apporter des explications, mais comment expliquer que le Maroc n’en a pas bénéficié à aux moins 3 reprises face au Portugal (faute de Pépé sur le but des Portugais, la main du même joueur sur la surface et faute sur Boutaïb) et dans le cas de la main de Gerard Piqué aux abords de la surface dans le match contre l’Espagne.

Cela laisse un sentiment de partialité. «Nous avons été victimes d’une énorme injustice», regrette Hervé Renard. Sans cela, l’équipe nationale aurait même pu jouer la qualification face à l’Espagne.  

Aujourd’hui, le sélectionneur qui semble encore plus déterminé à rester à la tête de l’équipe nationale devrait sans nul doute se baser sur l’abnégation, le courage et la détermination qu’a montrés l’équipe face à l’Espagne pour envisager les nouvelles échéances. Avec comme  ligne de mire la prochaine Coupe d’Afrique des Nations.

Une chose est sûre, l’équipe pourra compter sur le soutien inconditionnel du public marocain qui, en dépit de l’élimination, s’est déplacé en nombre à Kaliningrad. Selon l’organisation, ils représentaient plus de 70% des 34.000 spectateurs présents au stade. Ils ont encore une fois enflammé les tribunes du Kaliningrad Stadium.

L’hymne marocain s’est encore fait entendre haut et fort sur les travers du stade. Il est important de rendre hommage à ce public qui a fait partie avec les Sud-Américains du contingent des supporters les plus importants de ce Mondial russe (près de 45.000 selon l’ambassade contre à peine 27.000 pour les Français). Ils ont pleinement joué leur rôle de 12e homme. Ils ont incontestablement été l’une des surprises de cette première phase de la Coupe du monde.

De notre envoyé spécial à Kaliningrad, Moulay Ahmed BELGHITI

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