Politique

L’opposition a repris du mordant

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5300 Le 25/06/2018 | Partager
Elle a renforcé ses rangs depuis le changement de cap de l’Istiqlal
Le gouvernement El Othmani traverse une véritable zone de turbulence
Une motion de censure en gestation
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Après des mois de laisser-aller, les groupes parlementaires de l’opposition ont repris les hostilités avec le gouvernement. L’équipe d’El Othmani est régulièrement attaquée au sein de l’hémicycle à l’occasion des séances hebdomadaires des questions orales (Ph. Bziouat)

Après plusieurs mois de léthargie, l’opposition a repris du poil de la bête. Ses composantes ont surfé sur la vague du boycott de certains produits pour mener la dragée haute au gouvernement El Othmani. Ce dernier traverse depuis quelques semaines une véritable zone de turbulence.

Au début de la campagne du boycott, le chef du gouvernement et certains de ses ministres ont été sévèrement attaqués au sein du Parlement. Les images de Abdellatif Ouahbi, ex-chef du groupe parlementaire du PAM, se lançant dans une violente diatribe contre la cherté de certains produits et contre la gestion gouvernementale de la campagne de boycott, sont devenues virales.

A quelques jours d’intervalle, El Othmani a été également malmené lors de son passage devant les deux Chambres du Parlement, dans le cadre des séances mensuelles des questions de politiques publiques. Il s’est montré impuissant face aux attaques des groupes parlementaires de l’opposition relatives à l’échec du dialogue social.

Les derniers rebondissements de la vie politique confirment que l’opposition a repris du mordant, particulièrement depuis le changement de cap effectué par l’Istiqlal. Le parti de Nizar Baraka a basculé dans l’opposition après une première période où il avait opté pour le soutien critique du gouvernement.

Actuellement, les deux grandes formations de l’opposition totalisent 148 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Ce nombre devient plus important si l’on prend en considération les députés de la Fédération de gauche et d’autres petites formations, dont les élus ont été rattachés aux groupes du PAM ou de l’Istiqlal.

Ces reconfigurations ont favorisé une montée en puissance de l’opposition, dont les composantes se positionnent en force de proposition. L’Istiqlal s’est rapidement mis au travail. Un mémorandum a été adressé au chef du gouvernement mettant l’accent sur l’urgence d’introduire une loi de finances rectificative.

Depuis quelques semaines, le PI s’est lancé dans une campagne de promotion et de sensibilisation autour des apports de ce texte. Dans cette dynamique, l’Istiqlal a opté pour une approche pédagogique. Outre les meetings, le parti a diffusé des capsules vidéo, avec une orientation didactique, expliquant «ce que cela changera dans la vie quotidienne des citoyens».

De son côté, le PAM fait monter les enchères en se mobilisant pour déposer une motion de censure contre le gouvernement El Othmani. La machine est lancée pour obtenir le quotient nécessaire pour introduire cette motion et organiser une séance plénière pour son vote, comme cela est prévu par la Constitution.

Son article 105 stipule que «la Chambre des représentants peut mettre en cause la responsabilité du gouvernement par le vote d’une motion de censure. Celle-ci n’est recevable que si elle est signée par le cinquième au moins des membres. La motion de censure n’est approuvée que par un vote pris à la majorité absolue des membres».

 

 

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