Entreprises

SIE: Crise dans le paysage énergétique

Par Nadia DREF | Edition N°:5299 Le 22/06/2018 | Partager
Le DG Ahmed Baroudi claque la porte
Poursuite des tiraillements sur le sort non encore scellé de la SIE
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Ahmed Baroudi qui a été débauché, il y a 8 ans de chez Thalès Alenia Space, pour piloter les investissements énergétiques via la SIE, quitte son poste fin juin (Ph. Bziouat)

L’avenir de la Société d’investissements énergétiques (SIE) est compromis. Ce dossier donne du fil à retordre au ministère de tutelle qui n’arrive pas à trancher. Contacté par L’Economiste, Aziz Rabbah n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Quant à Ahmed Baroudi, il devra quitter son poste de directeur général le 30 de ce mois de juin. C’est un départ à l’amiable initié par Ahmed Baroudi après le divorce consommé avec Masen. De sources sûres, d’autres cadres de la SIE seraient sur le départ.

Il y a quelques mois, Aziz Rabbah avait annoncé qu’il trouverait une nouvelle vocation à la SIE, mais a-t-il toutes les cartes entre les mains?  Surtout qu’il y a beaucoup de tiraillements entre le ministère, Masen, Amee, Onee… Qui l’emportera à la fin?
Pour l’heure, la SIE a été vidée de sa substance.

Le conseil d’administration, réuni le 9 janvier, a acté la mort lente d’un outil financier de l’Etat dédié à l’énergie. L’entreprise ne peut ni investir, ni financer, ni co-développer des projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique dans le cadre de la réalisation du mix énergétique à l’horizon 2020. Suite à cette décision, toutes les mesures ont été prises pour concrétiser la sortie de la SIE du tour de table de Masen (25% récupéré par l’ONEE).

Le capital de la SIE a été réduit à 300 millions de DH contre 1 milliard de DH auparavant. Le reste a été versé à Masen. L’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE) récupère également tous les projets lancés par la SIE dont celui des mosquées vertes. 

Pour ce qui est du sort de la SIE, serait-il d’une moindre importance? Un comité ad hoc a été créé à cet effet mais qui tarde à trancher. Plusieurs scénarios de reconversion ont été proposés dont celui d’incubateur de startups, de filiale de Masen ou encore d’objet de fusion-acquisition par l’omniprésente Masen.

Pour le moment, rien ne filtre encore. La solution la plus plausible est celle d’en faire une «super» société de service énergétique. Une transformation radicale pour la SIE. A ce titre, il faudrait changer les statuts et la nomination suite à un changement d’activité.

Un retournement de situation dans le paysage énergétique qui ne sert pas les intérêts de tout le monde. «La suppression de la SIE est une perte sèche pour le Maroc. Ce catalyseur de développement contribuait à soutenir et à promouvoir les entreprises surtout les PME installées au Maroc dans des projets énergétiques accessibles qui créaient de la valeur ajoutée et des emplois», confie une source proche du dossier.

Rappelons que la SIE développait de petits projets d’énergies renouvelables dont la capacité oscillait entre 20 et 30 MW (éolien, hydraulique…). Son portefeuille se situe, à ce jour, à 115 MW. S’y ajoutent les programmes de mosquées vertes, de valorisation de déchets, de l’efficacité énergétique dans l’industrie et le bâtiment. La SIE œuvrait également pour le co-développement en Afrique de projets énergétiques. Il y avait même une initiative de création d’un réseau de la SIE en Afrique, un projet qui n’a pu aboutir suite au gel de l’activité. 

 

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