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    Economie

    Le PIB non agricole retrouve du poil de la bête

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5297 Le 20/06/2018 | Partager
    Une croissance de 3,2% en 2018 et de 3,5% en 2019
    Le Conseil de Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur à 2,25%
    L’élargissement de la bande de fluctuation n’a pas déstabilisé les opérateurs
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    Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib   (Ph. Bziouat)

    Le Conseil de Bank Al-Maghrib tenu hier mardi 19 juin intervient dans un contexte un peu particulier. Si les prévisions de croissance restent inchangées, nul ne sait en revanche ce que sera l’impact du boycott sur l’activité économique. Selon les projections des autorités monétaires, le PIB agricole s’accroîtrait de 5,7% en 2018 à la faveur d’un rebond de la production céréalière: 98,2 millions de quintaux attendus.

    Mais dès l’année prochaine, la valeur ajoutée agricole connaîtrait à nouveau un recul de 1,7% sous l’hypothèse d’une campagne agricole «normale», relève Bank Al-Maghrib. La bonne nouvelle est le dynamisme du PIB non agricole à moyen terme. Il devrait enregistrer une croissance de 3,2% en 2018 et de 3,5% en 2019.

    Par rapport à 2017, la croissance du PIB non agricole aura gagné 0,8 point. C’est peut-être là, le début de la fameuse autonomisation de la croissance de l’activité agricole. Mais on n’y est pas encore.

    Au final, en 2018, la croissance s’établirait à 3,6% avant de ralentir à 3,1% en 2019, soit 0,5 point de perdu. Cela pourrait faire peser un risque sur les recettes fiscales et in fine sur le déficit du budget, même si le lien entre la croissance et les rentrées d’impôt n’est pas aussi net dans le contexte marocain.

    La consommation des ménages et l’investissement maintiendraient un rythme soutenu à moyen terme, tandis que la contribution des exportations nettes à la croissance redeviendrait négative.

    La nouvelle bande de cotation du dirham entrée en vigueur en janvier dernier, n’a pas eu l'effet déstabilisateur que redoutaient tant certains opérateurs. Le dirham s’est apprécié de 2,5% face au dollar et s’est déprécié de 1,8% vis-à-vis de l’euro au premier trimestre. 

    Cette évolution est essentiellement liée à la fluctuation de la parité euro/dollar et moins aux fondamentaux macro-économiques du pays. En considérant le différentiel d’inflation avec les pays partenaires et concurrents, l’évolution des cours de leurs devises, le taux de change effectif du dirham s’est déprécié de 0,9% en termes nominaux et de 0,8% en termes réels.

    Sur le front du crédit, les autorités monétaires relèvent la détente des taux débiteurs en retrait de 15 points de base, notamment sur les prêts immobiliers et les facilités de trésorerie aux entreprises. Le coup de mou du marché immobilier pousse en effet les banques à plus de compétition, un facteur qui s’ajoute à des décotes concédées par les promoteurs sur leurs «prix catalogue».

    Dans ce contexte, le crédit au secteur non financier a progressé de 4,1% à fin avril, avec une hausse notable des prêts à l’équipement (ce que confirme le boom des importations à fin mai, voir L’Economiste n°5296 du 19 juin 2018), alors que les facilités de trésorerie décrochent.

    Les banques sont très regardantes sur ces avances à court terme à cause de la dégradation continue des délais de paiement interentreprises. Les dépassements de découvert sont devenus aujourd’hui une exception.

    Tenant compte de ces évolutions, des perspectives de la croissance non agricole et des anticipations du système bancaire, la prévision de la croissance du crédit a été revue à la baisse pour 2018 à 4%. Elle est en revanche maintenue inchangée à 4,5% pour  l’année prochaine.

    Le Conseil a noté que l’inflation a marqué une nette accélération sur les quatre premiers mois de l’année. Cette évolution reflète l’impact de la révision par le HCP en mars dernier de la structure du panier de référence de l’indice des prix à la consommation, ainsi que des hausses notables des prix des produits alimentaires à prix volatils et des tarifs des produits réglementés.

    Portée par ces chocs temporaires, l’inflation devrait atteindre 2,4% en 2018, avant de revenir à 1,4% en 2019. Sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, continuerait à évoluer à des niveaux modérés, avoisinant 1,1% en 2018 et 1,6% en 2019. Au regard de ce tableau, le Conseil de la Banque centrale estime que «le niveau actuel du taux directeur de 2,25% reste approprié et a décidé de le maintenir inchangé».

    Au niveau des finances publiques, rien d’alarmant pour l’instant malgré un creusement du déficit budgétaire de 1,4 milliard à 14,2 milliards de DH (données arrêtées à fin avril), résultat d’un recul du solde positif des comptes spéciaux du Trésor. A moyen terme, l’ajustement budgétaire se poursuivrait à un rythme, toutefois, plus lent que prévu en mars, le déficit devant avoisiner 3,4% du PIB en 2018 et 3,3% en 2019.

    Réserves de changes: 5 mois et 25 jours

    La dynamique des exportations est portée par une hausse des ventes de la construction automobile et des recettes du tourisme. En parallèle, le rythme des importations de biens est resté soutenu, notamment pour les biens d’équipement et les produits énergétiques. Bank Al-Maghrib prévoit la poursuite de cette dynamique: «les exportations de biens progresseraient de 5,8% en 2018 et de 6,9% en 2019. De même, le tourisme garderait sa forme actuelle avec une hausse de recettes de 8% en 2018 et de 4% en 2019. Les transferts des MRE marqueraient un accroissement de 6% cette année et ralentiraient à 4,1% en 2019.
    Le déficit du compte courant avoisinerait 4,1% du PIB au terme de 2018 et s’allégerait à 3,6% en 2019. Dans ces conditions, et sous l’hypothèse d’afflux d’IDE équivalents à 4,4% du PIB et 3,5% respectivement, les réserves de changes termineraient l’année à 255,4 milliards de DH et s’établiraient à 245,9 milliards au terme de 2019, assurant ainsi la couverture de 5 mois et 25 jours puis 5 mois et 18 jours d’importations de biens et services.o

     

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