Entreprises

Delphi victime d’une fake news

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5294 Le 14/06/2018 | Partager
Un simple changement de dénomination sociale tourne au cauchemar
Le travail a repris mais les séquelles sont là
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Les chaînes de travail de Delphi ont pu reprendre après le tsunami social des derniers jours  (Ph. Adam)

4 unités industrielles dont deux à Tanger, plus de 15.000 employés, l’équipementier Delphi ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin et promettait dès 2022 ouvrir sept nouveaux sites et dépasser les 22.000 employés. Un rêve qui a failli être brisé par une simple fake news qui a causé la plus grave crise sociale qu’ait connue l’opérateur depuis son installation à Tanger en 1997.

Tout démarre en 2017 quand le management du groupe Delphi au niveau mondial décide de le scinder en deux. D’un côté les activités liées au segment «Powertrain» dont les amortisseurs et autres, et de l’autre les solutions intelligentes pour automobiles dont le câblage. Si pour les premières le nom retenu est Delphi Technologies, pour le câblage, le choix est porté sur Aptiv.

Le changement commence de manière effective dès mars 2018 avec le changement du logo de la société et les premières opérations de restructuration. Entre autres, la société décide de mener une opération de départs anticipés à la retraite. Une dizaine de départs sont négociés avec des primes de départ.

Début juin, la direction demande aux employés de signer un avenant à leurs contrats portant sur le changement de dénomination tout en précisant que les avantages sociaux et l’ancienneté seront maintenus. Peine perdue, une information circule entre les opérateurs, mal encadrés et sans bureau syndical, comme quoi la direction aurait en projet le changement de leur statut en passant à la trappe leurs avantages et ancienneté.

Des groupes sur les réseaux sociaux échangent des messages incendiaires avec des preuves «accablantes», des bulletins de paie avec l’entête d’Aptiv Services Maroc. Malgré plusieurs tentatives, la crise s’amplifie et touche les deux sites de Tanger et celui de Kénitra.

L’intervention des autorités à Tanger ne débloque pas la situation, et ce n’est qu’en début de cette semaine qu’un accord est signé entre la direction de la société et les représentants des employés avec un retour graduel à la normalité dès le mercredi.

Mais selon plusieurs sources, la facture à payer sera salée. Etant fournisseurs de rang 1 (c’est-à-dire fournisseur direct d’une usine de montage automobile), les usines du groupe pourraient être soumises à des indemnités pour arrêt de chaîne, avec des montants facturés à la minute.

 

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