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    Culture

    Exposition: Entre mémoires et souvenirs

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5287 Le 05/06/2018 | Partager
    Les 3es Rencontres photographiques de Rabat
    Plusieurs manifestations célébrant le 8e art
    21 artistes du Maroc et d’ailleurs
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    Abderahman Doukane évoque dans ses clichés une nostalgie ancienne, celle de ses ballades enfantines dans la ferme coloniale où sa famille habitait. Dans cette série, il propose une projection de ces images des personnages qui habillaient les lieux  (Ph. ABO)

    21 photographes, issus de différentes régions du Royaume et de l’étranger, confirmés et émergents, jeunes et moins jeunes, interrogent la mémoire dans tous ses états et en explorent les ramifications, entre témoignage photographique, approche documentaire et démarche plasticienne.

    Il s’agit des «Rencontres photographiques de Rabat» dans sa 3e édition qui s’articule autour du thème: «Photos de mémoires, mémoires de photos». L’évènement organisé par l’Association marocaine d’art photographique (AMAP) en partenariat avec le ministère de la Culture est soutenu par la Fondation CDG qui accueille, aux côtés des galeries Bab Rouah et Mohamed El Fassi, toute une programmation dédiée à la photographie.

    Projections, débats, tables rondes et lectures de poésie se greffent à une exposition majeure qui se prolongera jusqu’au 30 juin.  Une exposition qui, à travers la thématique de la mémoire, ouvre un nouvel horizon sur la signification de l’archivage, de la documentation, de l’histoire, et cela va sans dire sur la notion de l’oubli.

    Des approches qui traitent de problématiques préoccupantes sur les frontières entre une mémoire supposée relever du passé, et les temps présents et futurs. C’est ainsi que les artistes Abderahman Doukane, Amine Oulmakki et Véronique Chanteau ont décidé de travailler sur la thématique de l’album de famille. Une manière de sauvegarder et de préserver l’oubli les histoires identitaires personnelles.

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    Amine Oulmakki s’imprègne d’images de membres de sa famille plus ou moins lointaine. Des images dénichées dans des fonds de tiroirs qui grâce aux histoires fabriquées subtilement par l’artiste retrouvent une seconde vie (Ph. ABO)

    Fatima Mazmouz, elle, propose un retour aux archives iconographiques marocaines et coloniales. Par des remises en question et des critiques non dénuées de provocation, l’artiste tente d’écrire ou de réécrire notre histoire contemporaine dans un but de réconciliation.

    Dans la même logique, Abdelghani Bibt et Ibn El Farouk revisitent leur propre répertoire photographique pour l’actualiser et lui donner une nouvelle dimension. Lieux publics, clos intimes,  aires  privées ou publiques, habitées ou désertées… la notion de l’espace célébrant la mémoire collective ou individuelle est également traitée notamment par les artistes François Beaurain, Yasmine Hatimi, Saâd Tazi, Mostapha Romli, Daoud Oulad Sayed  ou encore Zakaria Wakrim.

    Et comme le précise Jaafar Akil, fondateur de l’AMAP et directeur artistique des Rencontres photographiques de Rabat: «Les souvenirs traduits par les travaux de ces photographes ne se limitent pas à la recherche d’une corrélation immédiate pour renouveler le lien avec les lieux et les espaces, ils constituent plutôt une tentative susceptible de dépoussiérer notre vision, de raviver notre mémoire et de ressusciter en nous ces lieux et ces espaces».

    Akil donne pour exemple les photographies de Leila Ghandi, de Patrice Loubon, de Ziad Naitaddi, de Saïd Rais, de Fouad Maazouz et de M’Hamed Kilito qui «évoquent d’une manière très subtile l’éventail des mémoires en tant que situations, que nous vivons et nous subissons quotidiennement, soit comme sentiments engendrés par la lumière de nos petits bonheurs ou par l’ombre portée de nos malheurs, soit comme instants fugitifs qui nous transportent irrémédiablement dans les couloirs du temps».

                                                                                      

    Invité d’honneur: Raùl Cañibano

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    Né en 1961, photographe cubain, vit et travaille à La Havane à Cuba. Dans la rue et dans les campagnes cubaines, il capte des situations parfois oniriques où l’être humain devient une icône souvent mystérieuse qui ne dit pas tout sur ce qu’il est.

    Regards indéchiffrables, voiles, masques, contre jours... «Les photographies de Cañibano offrent ce que  peu d’images parviennent à délivrer aujourd’hui et cela grâce à une étonnante économie de moyens. Ici pas de  post-traitement et pas de manipulation numérique.

    Les élucubrations vaseuses et bon nombre de faiseurs d’images contemporains, qui bénéficient de l’assistance digitale et d’autres substituts à la créativité, font pâle figure face à ce maître du mystère et de l’orthodoxie argentique», souligne  Patrice Loubon, directeur de la Galerie NegPos en France. 

    Primé et célébré par de nombreuses instances nationales, il est l’un des plus prometteurs photographes de sa génération. Remarqué par Alejandro Castellote, commissaire d’expositions, auteur et enseignant, il figure dans son anthologie de la photographie latino-américaine «Mapas Abiertos» ouvrage de référence, publié en 2003, il fait partie des rares photographes latino-américains à figurer dans la collection de livres «Foto Bolsillo» éditée en Espagne.

                                                           

    Série Ciudad - S/T, La Havane, Cuba, 2005.

     

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