Economie

Investissement, échanges, créations d’emplois: Les ingrédients qui stimulent la croissance

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5284 Le 31/05/2018 | Partager
Elle avoisinera les 4%
Ces restrictions commerciales qui dérangent
L’analyse de l’OCDE
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Après une longue période de croissance atone, l’activité économique mondiale croît enfin au rythme d’environ 4%. Dans les perspectives économiques (1) (publiées en marge des travaux du Forum 2018 organisé les 29 et 30 mai à Paris), l’OCDE explique ce rebond par le dynamisme dans l’investissement, les échanges mondiaux et des créations d’emplois.

Le tout sur fond de politiques monétaires très accommodantes et d’assouplissement budgétaire. L’Organisation de coopération et de développement économiques appelle à une accélération des réformes. Il faut notamment investir dans l’éducation, les compétences et les infrastructures numériques.

■ La croissance de l’investissement s’est accélérée: Dans les économies avancées, l’investissement des entreprises devrait croître en moyenne à un rythme compris entre 3,5 et 3,75% par an sur la période 2018-2019. Il devrait être particulièrement robuste aux Etats-Unis, avec une progression annuelle moyenne de 5,5% sur la période. Elle est soutenue par l’effet des réformes fiscales et des conditions financières favorables. Le rythme de croissance dynamique de l’investissement devrait également se maintenir dans de nombreuses économies d’Europe centrale et orientale. Dans plusieurs économies de marché émergentes, notamment l’Inde, l’Indonésie et la Turquie, l’investissement devrait être dynamique. Mais l’intensité globale de l’investissement mondial (Chine incluse) ne devrait dépasser que très légèrement les moyennes à long terme.

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■ Politiques commerciales/Orientations restrictives: L’étude de l’OCDE est publiée à l’approche de la possible application par les Etats-Unis de taxes punitives sur l’acier et l’aluminium.  La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a jugé «improbable que les Etats-Unis accordent à l’UE d’ici au 1er juin une exemption permanente de leurs taxes sur l’acier et l’aluminium et s’attend au mieux à des quotas de la part des Américains». Si l’UE se voit finalement appliquer les droits de douane annoncés, elle a préparé des contre-mesures sur une liste de produits américains emblématiques, comme le beurre de cacahuète, les jeans ou le bourbon, qui pourraient être mises en place à compter du 20 juin. Mais si Washington choisit de lui imposer des quotas, cette réponse deviendrait caduque. Le président américain a annoncé le 23 mai qu’il envisageait de nouvelles taxes sur les importations de véhicules aux Etats-Unis. Il a ouvert une enquête sur les importations de véhicules et leur impact sur la sécurité nationale américaine.
■ Impact négatif sur la confiance: La menace de restrictions commerciales a commencé à exercer un impact négatif sur la confiance. Si de telles mesures venaient à être mises en œuvre, elles auraient des conséquences néfastes sur l’investissement et l’emploi. La mise en œuvre des mesures annoncées antérieurement par les Etats-Unis et la Chine pourrait augmenter le total des coûts des échanges pour ces pays d’environ 0,7% et 0,5% respectivement. Ces restrictions produiraient ainsi des effets sectoriels et locaux importants qui s’ajouteraient à ceux des nouvelles restrictions appliquées par les Etats-Unis aux importations d’acier et d’aluminium, sans toutefois entraîner d’incidences macroéconomiques majeures.

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mondiauxNote: Les échanges mondiaux correspondent aux volumes d'échanges de biens et de services mesurés en USD aux taux de change du marché. Le trafic portuaire mondial est mesuré chaque mois par l'indice RWI/ISL du transbordement de conteneurs, corrigé des variations saisonnières et des jours travaillés. 

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*Prévisions pour 2018 et 2019.  - Sources: OCDE et RWI/ISL.

■ Libéraliser les échanges: Cela étant, la hausse probable des coûts des échanges devrait exercer un effet défavorable sur le niveau de vie des consommateurs et accroître les coûts de production des entreprises. Toute mesure consistant à relever les droits de douane ou à renforcer les obstacles non tarifaires conduirait également à une hausse des prix des produits échangés ou à une baisse des quantités échangées, voire aux deux effets simultanés. Les mesures prises pour libéraliser davantage les échanges internationaux dans un contexte de renforcement de l’intégration commerciale associé à un important développement des chaînes de valeur mondiales, pourraient se révéler bénéfiques pour de nombreux pays. Y compris pour ceux dont les obstacles douaniers sont déjà relativement peu élevés.

■ Lever les obstacles: En complément des droits de douane, d’autres instruments présentent un potentiel plus élevé encore pour dynamiser les échanges et les revenus. En particulier les actions visant à réduire les coûts des échanges liés aux mesures non tarifaires et à lever les obstacles aux échanges de services. De telles réformes contribueraient à renforcer la concurrence et permettraient des gains de productivité et de revenu dans les économies considérées. Aussi bien dans les secteurs ainsi libéralisés que dans les activités intervenant en aval dans les chaînes de valeur locales et mondiales. Plus généralement, les pays devraient redoubler d’efforts pour développer les échanges internationaux et accroître leur participation dans les chaînes de valeur mondiales.

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(1) Les perspectives économiques de l’OCDE ont été présentées le 30 mai à Paris par Ángel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, et Álvaro S. Pereira, Chef économiste de l’OCDE par intérim

 

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