Economie

Santé/Offre de soins: Les premiers schémas régionaux arrivent

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5283 Le 30/05/2018 | Partager
Celui de Rabat, très avancé, nécessitera plus de 4,5 milliards de DH
1.219 lits de plus pour renforcer le réseau hospitalier, sans compter le CHU
RH, gestion des équipes, maintenance, la gouvernance doit être totalement revue
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Source: DRS de RSK  
La réalisation des projets prévus dans le cadre du schéma régional de l’offre de soins de la région RSK va certainement contribuer à l’équité territoriale en matière d’offre de soins au profit  de l’ensemble de la population de la région

Le ministre de la Santé publique harmonise son approche d’offre de soins avec le système de la régionalisation en adoptant un nouvel outil de planification pour accompagner la réalisation des objectifs de la stratégie du ministère 2017-2021.

Il s’agit du schéma régional de l’offre de soins (SROS) dont la préparation et la mise en œuvre relèvent de chaque direction régionale de la santé. Pour l’heure, trois directions régionales sont avancées dans la préparation de ce document. Parmi elles, figure celle de Rabat-Salé-Kénitra (RSK). «Notre projet de schéma a été validé en mars dernier par la commission régionale de l’offre de soins», indique Abdelkarim Meziane Belfqih, directeur régional de la santé – RSK.

Cette validation ne s’est effectuée qu’après une large concertation avec les différents acteurs locaux. Le projet prend en considération aussi bien les doléances des autorités, des collectivités locales, de la société civile ainsi que les engagements de notre ministère à travers les conventions de partenariat, explique Belfqih.

Prochaine étape, la validation du document en mai prochain par la commission nationale de l’offre de soins. Puis enfin sa publication dans le Bulletin officiel dans un arrêté signé par le ministre de la Santé.

Dès lors, la direction régionale pourra passer à la réalisation de l’ensemble des projets programmés dans le cadre de son SROS. Comme pour un plan d’aménagement urbain, il s’agit là d’un outil de planification et une banque des futurs projets réalisables sur une durée de 5 ans (2017-2021) répartis sur les quatre réseaux de la carte sanitaire. Sa mise en œuvre va nécessiter un budget estimé à 4,7 milliards de DH.

«La majeure partie sera financée par la tutelle et le reste sera mobilisé dans le cadre de partenariats», précise Belfqih. Pour le réseau des établissements de soins primaires, il est prévu notamment la construction de 44 centres de santé pour les 7 provinces de la région avec la mise à niveau de 26 structures.

«En ce qui concerne le réseau hospitalier, notre SROS prévoit une augmentation de la capacité litière de 1.219 lits supplémentaires, ce qui va permettre d’atteindre une capacité totale de 2.563 lits en 2021 contre 1.344 lits en 2017 non compris le CHU», signale le directeur régional.

Ce renforcement de capacité sera réalisé à travers l’ouverture de 11 hôpitaux entre 2018 et 2021. Parmi ces derniers, on cite la construction d’un hôpital régional à Rabat dont les travaux sont en cours et 5 hôpitaux provinciaux (Temara, Salé, Kénitra, Khemisset et Sidi Slimane) sans oublier un autre de psychiatrie à Kénitra de 120 lits. De son côté, le réseau de soins d’urgences médicales sera renforcé par 13 unités médicales de proximité, 30 ambulances et 15 unités mobiles.

Ces actions devraient aussi être accompagnées par un mode de gestion rationnelle, afin d’améliorer l’offre de soins à l’heure où le flux des patients augmente depuis le lancement du Ramed. Pour rappel, la facturation Ramed des hôpitaux de la région est passée d’environ 320 millions de DH en 2015 à plus de 520 millions de DH en 2017 dont le grand lot, soit plus de 80%, revient au CHU.

«La révision du mode de gouvernance de nos hôpitaux va donc certainement figurer parmi  les principaux chantiers du nouveau ministre de la Santé publique, Anass Doukkali, indique le représentant régional de la santé. Cette gouvernance doit repenser notamment le système d’organisation et le management des RH ainsi que la gestion et la maintenance des équipements.

Le lourd fardeau des ressources humaines 

A l’instar des autres régions du pays, celle de RSK souffre d’un déficit critique en personnel, particulièrement les infirmiers et les médecins spécialistes. Le bon fonctionnement des nouveaux hôpitaux va nécessiter de procéder à des recrutements touchant les différents profils: médecins, paramédical et techniciens. Selon une simulation pour le  fonctionnement du nouvel hôpital de Témara à 50% de ses capacités, on devrait recruter une centaine d’infirmiers et une dizaine de médecins spécialites, indique une source proche du dossier. Le même constat est valable pour le nouvel hôpital de Salé. A noter que l’effectif global des RH du secteur public au niveau de la région s’élève à 10.077 personnes dont  5.661 fonctionnaires relevant du CHU. Le personnel médical dépasse les 3.200 contre près de 5.000 pour le paramédical.

 

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