Entreprises

Colloque international de l’AGEF: Les DRH en rangs serrés pour transformer l’Afrique

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5266 Le 07/05/2018 | Partager
1 million de jeunes arrivent chaque mois sur le marché du travail
La formation, le point noir du développement
Agriculture, énergie, numérique, tourisme… les opportunités
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Le président de l’AGEF, Zakaria Rbii, en ouverture du 22e colloque international dédié aux dynamiques RH pour la transformation de l’Afrique, qui s’est tenu ce week-end à Marrakech (Ph. Mokhtari)

Un peu de douceur avant le lancement des hostilités. Le 22e colloque international de l’Association nationale des gestionnaires et formateurs des ressources humaines (AGEF) s’est ouvert en musique et en danse. Un mélange de tonalités africaines du nord et du sud, avant le mélange d’idées et d’expériences.

Très vite le ministre marocain du travail pose le décor. «Le secteur public fonctionne avec 25% de ses capacités», affirme Mohamed Yatim. Ajoutant que «les ressources humaines sont le plus grand capital où il faut investir. Les problèmes d’employabilité et de développement ne relèvent pas du manque de moyens humains et matériels, mais de la formation des jeunes».

Ce colloque tourné vers l’Afrique a été l’occasion de débattre des disparités entre chaque pays. D’où l’importance de pleinement interconnecter ce continent pluriel. Car «chaque mois, alerte Jamal Belahrach, PDG de People & Company, c’est un million de jeunes qui arrivent sur le marché du travail», insistant sur le fait que «le numérique, qui induit de nouvelles façons de faire et de travailler, n’est absolument pas acquis aujourd’hui».

Le digital a été l’un des grands moteurs de croissance évoqués comme l’agriculture, l’énergie ou les infrastructures. Sauf que pour certains pays, comment surfer sur ces créneaux quand le taux d’électrification ne dépasse pas 20%? La diaspora s’est imposée dans les débats comme une ressource à choyer. Expertise, réseau, moyens, elle a des atouts. Mais encore faut-il disposer de mesures incitatives.

Quant aux talents locaux, mêmes difficultés à les développer mais aussi à les retenir. Faire du business en Afrique n’est donc pas un long fleuve tranquille. Et là, les DRH ont leur carte à jouer. Youssef Lahlou, professeur chercheur à EM Lyon Casablanca, rappelle les piètres résultats de l’index Insead de compétitivité mondiale des talents.

«Sur un classement de 119 pays, dit-il, 21 seulement sont africains et aux deux-tiers dans le dernier quartier. Le Maroc est 96e. C’est dire les lacunes. Les pays les plus performants affichent une bonne adaptation emploi-formation, de la mobilité, l’esprit d’entreprise et une forte concertation entre gouvernements et entreprises».

Alors pour appréhender au plus près les besoins de l’emploi, les différents acteurs du système éducatif doivent s’appuyer sur des réalités. Aujourd’hui, le BTP, la banque et l’assurance, les IT, mais aussi les industries de consommation ou l’économie verte sont les secteurs en demande de ressources humaines. Pourvu qu’elles cumulent diplômes, soft skills et, plus subtil, de la motivation et de l’inspiration pour l’opportunité qui se présente.

 

 

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