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Fès: Coup d’accélérateur pour l’assainissement liquide

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5217 Le 26/02/2018 | Partager
Nouvelles canalisations et agrandissement de la Step au menu
400 millions de DH de marchés à prendre…entre 2018 et 2021
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4 ans après l’inauguration de la Step, la Radeef en partenariat avec la Ville et les départements de l’Intérieur et du développement durable, lance un nouveau programme d’assainissement liquide de la ville de Fès pour un investissement de 400 millions de DH (Ph. YSA)

«Une ville saine pour un environnement propre», tel est le slogan levé par la mairie de Fès  et la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Fès (Radeef). Les deux entités se sont associées avec le ministère de l’Intérieur pour le financement du programme d’assainissement liquide. La convention relative à ce projet a été votée par les conseillers communaux à l’unanimité lors de la session de février.

D’un investissement de 400 millions de DH, ce programme porte sur la restauration des canaux d’évacuation des eaux usées sur 6.370m, l’extension des canalisations sur 8.535m, et l’agrandissement de la station de traitement des eaux usées et des boues. D’une durée de réalisation de 3 ans (2018-2021), ces chantiers seront financés par la Radeef (300 millions de DH), le ministère de l’Intérieur (40 millions de DH), et le Secrétariat d’Etat chargé du Développement durable (60 millions de DH).

Techniquement, la Régie assurera la maîtrise d’ouvrage, la préparation des marchés à lancer, le suivi des travaux (sous la supervision du wali), la réception des marchés et l’exploitation des ouvrages. Pour rappel, le plan directeur d’assainissement liquide de la ville de Fès a été élaboré, sous la conduite de la Radeef et avec la supervision d’un comité provincial multidisciplinaire.

Ce dernier regroupe l’ensemble des intervenants concernés par la problématique de l’environnement en général et celle de l’assainissement liquide. Il s’agit en particulier des autorités locales, collectivités locales, Agence du bassin hydraulique, service de l’urbanisme et de l’habitat, service de la santé, Agence de dédensification de la Médina (ADER Fès), inspection des monuments historiques, Agence urbaine et de sauvegarde, Direction de l’agriculture, Délégation de l’Industrie, etc.

La première tranche des travaux réalisés s’élève à près de 1,5 milliard de DH. Ainsi, le plan directeur d’assainissement liquide a préconisé de rendre propres les oueds la traversant par la pose de canalisations pour l’acheminement des eaux usées jusqu’à la station d’épuration (Step) et la fermeture des accès directs à ces oueds qui servaient de points de décharge d’ordures et autres déchets solides.

Un grand collecteur, réalisé entre la ville nouvelle et la médina, a justement pour rôle de rendre propre l’oued Boukhrareb en évitant la circulation à ciel ouvert des eaux usées des quartiers de Bensouda, de la ville nouvelle (et de ses extensions), de Fès-Jdid et des quartiers nord. En outre, dans le cadre du projet de réaménagement de Oued Al Jawahir, initié en 2009, un programme d’éradication des rejets directs et des activités polluantes a été mené.

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fes-assainissemnt-2-017.jpg, by hlafriqi

Selon les orientations du plan directeur d’assainissement et dans le cadre du projet de dépollution du bassin du Sebou, une station d’épuration des eaux usées (Step) a été réalisée par la Radeef pour un investissement de plus d’un milliard de DH. Celle-ci a réduit considérablement la pollution du Oued Sebou. Signalons que les eaux usées de la ville de Fès généraient une pollution représentant près de 40% de celle de ce bassin dont les dégâts sont évalués à 670 millions de DH annuellement.

Lutter contre la pollution du Sebou

Pour mémoire, Fès baignait dans une mare de pollution excessive au début des années 1990. Ses oueds s’étaient transformés en véritables égouts à ciel ouvert charriant toutes sortes d’ordures et de déchets. En fait, plus de 70 tonnes de pollution organique (DBO5) se déversaient quotidiennement dans l’oued Sebou causant ainsi une destruction massive de sa faune et de sa flore et ce à une centaine de kilomètres en aval.

Compte tenu de cette situation, la Radeef a pris en 1996, le contrôle de l’assainissement liquide de la ville pour collecter et traiter l’ensemble des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel. C’est ainsi que de grands projets ont été créés. Il s’agit notamment de la liaison ouest-intercepteur et le collecteur Massira-Dokkarat qui a permis l’assainissement de l’oued Fès et de décloisonner le grand pôle d’agglomération de Bensouda pour en faire une zone d’urbanisation nouvelle.

De l’autre côté de la ville, le prolongement du collecteur de Sidi Brahim et la réalisation de l’intercepteur aval ont permis pour leur part d’intercepter l’ensemble des eaux usées de la ville nouvelle afin de pouvoir les acheminer vers la station de prétraitement de Zenjfour via les deux ovoïdes de la Médina, (qui n’ont jamais été opérationnels depuis leur construction en 1973).

Signalons enfin que cette réalisation d’infrastructure de base a permis de mettre fin à une situation très délicate marquée par des odeurs nauséabondes, des débordements des eaux usées et la prolifération des insectes et rongeurs.

Réhabilitation du réseau

En 1999, l’opération de la réhabilitation du réseau d’assainissement et le curage des «oueds égouts» dans l’ancienne Médina fut entamée. Reprise en 2003, elle a eu un impact notable sur l’amélioration de la qualité de vie des habitants de l’enceinte ancestrale et contribué au renforcement et à la consolidation des infrastructures du bâti qui menaçait ruine. Enfin, si la station de prétraitement de Zenjfour, opérationnelle en 2004, a contribué à la réalisation des objectifs de l’époque, la Step, inaugurée en  novembre 2014, a permis l’épuration des eaux usées de Fès. Le nouveau programme d’assainissement liquide constituera un grand tournant dans le développement économique, social et environnemental de la ville de Fès et de la région.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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