Société

Salon du livre: Lire, discuter, s’instruire

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5212 Le 19/02/2018 | Partager
Des conférences, débats, animations littéraires
Nadia Salah invitée du CNDH
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Invitée par le CNDH à commenter librement un article de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dans le cadre de sa programmation Du SIEL, Nadia Salah à décrypté, avec son mordant habituel, les insuffisances de la loi nationale sur le droit d’accès à l’information (Ph. Fadwa Alnasser)

Loin du tohu-bohu du week-end où le Salon international de l’édition et du livre, qui s’est clôturé dimanche, prend des airs de foire, en semaine les allées du SIEL ressemblent plus à une agora où se débattent les questions politiques, sociales et culturelles.

Une jeune poétesse déclame des vers dans le stand de l’Université Hassan II de Casablanca, sur le stand du Conseil de la communauté marocaine à l’étrange, des jeunes Marocains du monde discutent de l’apport de la diaspora au développement du pays, à quelques encablures, sur l’espace du Conseil national des droits de l’homme, on débat des questions de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Les droits de l’homme à l’information étaient l’axe développé par Nadia Salah, directrice des rédactions du groupe Eco-Medias, invitée par le CNDH ce jeudi 15 février. Le brief étant de commenter librement un article de la Déclaration ou d’explorer de nouveaux droits, non prévus par celle-ci, mais qui s’imposent aujourd’hui à la communauté internationale. 

Bien qu’il n’y ait pas d’article spécifique au droit à l’information dans la Déclaration universelle de 1948, Nadia Salah trouve dans l’article 19, qui garantit à tous «le droit de chercher, de recevoir et de répandre les informations et les idées par quelque moyen que ce soit», une base sur laquelle construire ce droit. Une formule qui englobe autant l’information, la connaissance, le savoir et les idées accessibles publiquement.

Ce qui en fait un des nouveaux territoires des droits de l’homme, que plusieurs conventions et accords régionaux et internationaux ont abordés, avec plus ou moins de bonheur, en tentant d’inscrire le principe de redevabilité, en particulier concernant les affaires publiques. Ceci au moment où la loi sur l’accès à l’information, adoptée par les deux chambres, au Maroc, suscite de vives protestations de la part des professionnels en raison de la multitude de restrictions et d’exceptions prévues. 

«C’est un peu maigre par rapport à ce que nous avons aujourd’hui comme développement de l’information», rappelle-t-elle en précisant: «La liberté de presse n’est pas la liberté d’expression, mais un outil pour garantir la liberté d’expression des autres».

De ce fait, cette loi devrait garantir le droit des citoyens d’accéder aux informations, par le biais des médias, et non pas d’en limiter sa portée. Le citoyen doit donc bénéficier d’une information fiable, mise à jour en permanence, facilement accessible et utilisable pour tous les usages que la liberté de circulation des informations permet.

La liberté d’expression étant donc intimement liée au droit d’accès à l’information, elle concerne autant les journalistes que les élus et les parlementaires ou tout autres acteurs gouvernementaux ou de la société civile. Il faut, pour cela, que les administrations publiques aient une obligation légale de mettre toutes les informations dont elles disposent en libre accès, ce qui est loin d’être le cas dans la dernière loi nationale. Une loi imparfaite certes, mais une loi qui vient consacrer un droit constitutionnel, pour lequel beaucoup de militants ont bataillé, précise Driss Yazami, le président du CNDH.

«Un droit s’use si on ne l’utilise pas», rappelle Yazami qui appelle à se saisir des droits qui sont inscrits dans cette loi, même s’ils sont limités, pour la faire évoluer. Rejoignant les propos de Nadia Salah, le président du CNDH rappelle également le rôle des journalistes et leur mission pour créer des espaces de débats publics, et attirer l’attention sur l’importance stratégique de cette loi.

Evènement autant culturel que commercial, le SIEL a enregistré cette année la présence de plus de 700 maisons d’éditions en provenance de 45 pays. Quant à l’offre éditoriale, elle a dépassé les 124.000 titres contre quelque 120.000 en 2017.  
Une dizaine de jours bien remplis, entre rencontres littéraires et artistiques, débats, conférences, tables rondes thématiques, rétrospectives, projections de films et ateliers pour enfants.

 

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