International

Automobile: Renault mise sur la croissance

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5212 Le 19/02/2018 | Partager
Le groupe compte s'appuyer sur les marchés émergents
Près de 3,7 millions de véhicules vendus en 2017
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Le groupe Renault réalise, au terme de 2017, un chiffre d’affaires de 58,7 milliards d’euros. Les résultats net et d’exploitation se sont hissés respectivement à 5,2 milliards d’euros (pour 47,1% de croissance) et 3,8 milliards d’euros (pour 15,9% de croissance)

En 2018, le groupe Renault table sur une croissance de 2,5% du marché mondial de l’automobile par rapport à 2017. Le marché européen devrait enregistrer une hausse de 1%. Celui de la Russie croîtrait de près de 10%. Les marchés brésilien et chinois devraient croître pour leur part de 5% et l’Inde de 6%.

Pour répondre aux grands défis technologiques du futur et poursuivre sa stratégie de croissance rentable, le groupe s’appuie sur son développement à l’international. Il mise sur la complémentarité de ses cinq marques (Renault, Dacia, Renault Samsung Motors, Alpine et Lada), le véhicule électrique ainsi que son alliance avec Nissan et Mitsubishi.

Pour atteindre ses objectifs, l’équipementier a adopté en octobre 2017 un plan stratégique baptisé: Drive The Future. «Avec ce plan, nous ambitionnons de tirer parti des investissements dans des régions et produits-clés, en capitalisant sur les ressources et technologies de l'Alliance», annonçait Carlos Ghosn, président-directeur général de Renault lors de la présentation du plan.

Pour rentabiliser cette croissance mondiale, le groupe compte développer 21 nouveaux véhicules dont 3 additionnels, renforcer sa présence en Russie, via une implantation Renault et des investissements dans Avtovaz (Lada). L’équipementier va accélérer ses activités en Chine, en y développant de nouvelles joint-ventures stratégiques sur les segments des véhicules électriques (VE) et utilitaires légers (VU). Il en fera de même au Brésil, en Inde, en Iran. Sur le marché marocain, l’équipementier continuera sur sa lancée. Le Maroc représente environ 10% de la production de Renault. Plus de 375.000 véhicules sont sortis de ses chaînes en 2017.

A l’horizon 2022, la stratégie Drive The Future permettra au groupe d'atteindre «un chiffre d'affaires annuel de plus de 70 milliards d'euros, une marge opérationnelle de plus de 7% avec un plancher à 5%, et un flux de trésorerie positif chaque année», fait valoir le management du groupe.

Dans le cadre de ce plan, l’équipementier prévoit une hausse des ventes de plus de 40% pour atteindre plus de 5 millions de véhicules vendus. En comparaison, Renault a vendu plus de 3,47 millions de véhicules en 2016. En 2017, l’équipementier a écoulé près de 3,7 millions de véhicules, dans 127 pays à travers le monde. Soit une croissance d’environ 7% des ventes.

Au terme de 2017, le groupe Renault affiche des ventes et un bénéfice net en hausse. Le bénéfice net a bondi de 50% à un niveau record de 5,1 milliards d'euros (6,4 milliards de dollars). Le chiffre d’affaires du groupe est en hausse de 14,7% à 58,7 milliards d’euros. En dehors de l’impact de la consolidation du constructeur automobile russe Avtovaz, le chiffre d’affaires du groupe progresse de 9,4%. Les immatriculations ont grimpé de 8,5% à 3,76 millions d’unités.

Quatre années supplémentaires pour Ghosn

Carlos Ghosn reste aux manettes du groupe Renault pour quatre années supplémentaires, sur demande du conseil d'administration du groupe automobile. Le conseil lui a renouvelé sa pleine confiance en tant que PDG de Renault et de l’Alliance. «Il devra engager les étapes décisives permettant de rendre l'Alliance pérenne», fait valoir le bureau. Sa reconduction vise à renforcer l'intégration de l'alliance formée avec Nissan, le partenaire japonais. Carlos Ghosn est tout de même le grand architecte de cette alliance forgée il y a 19 ans. Mais sa reconduction s’est faite sous conditions. Il a dû accepter de diminuer son salaire de 30%. «L'Etat a voté la rémunération de Carlos Ghosn puisqu’il a accepté une diminution de son salaire de 30%», a déclaré Bruno Le Maire, ministre français de l'Economie et des Finances. En 2016, le patron a touché une rémunération de 7 millions d'euros.

                                                                        

Grand architecte de l’Alliance Renault-Nissan

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Carlos Ghosn, PDG de Renault

Figure incontournable du paysage industriel, Carlos Ghosn serait, selon plusieurs magazines, l’un des dirigeants les plus influents de la planète. Il a rejoint le groupe Renault en 1996, au poste de directeur général  adjoint, en charge de l’activité, de la recherche, de l’ingénierie, de la production et des achats. Trois ans plus tard, il gère la prise de participation de Renault dans Nissan.

En 1999, Ghosn présente son NRP (Nissan Revival Plan - plan de renaissance de Nissan). A cette date, Nissan Motor est une branche malade de l'économie japonaise. Saturée de dettes, l'entreprise ne sait plus comment se redresser. En 2003, la dette du constructeur japonais est entièrement remboursée, son bénéfice net progresse de 33%, tandis que son chiffre d'affaires progresse de plus de 10%.

Actuellement, Renault détient 44,4% de son capital. En avril 2005, Carlos Ghosn succède à Louis Schweitzer au poste de PDG de Renault, assurant la présidence exécutive du groupe. Le 6 mai 2009, il lui succédera également comme président du conseil d’administration. Carlos Ghosn est âgé actuellement de 63 ans.

 

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